Le journal de voyage d’Amélie :
Programme
Programme non disponible.
Brouillon
Cartes
Clic droit sur l’image / Ouvrir l’image dans un nouvel onglet
Japon – régions et préfectures

Tokyo

Journal
Arrivée à Tokyo
11 nov. 2025 08:00
La métropole de Tokyo, capitale du Japon, se confond avec la préfecture métropolitaine de Tokyo (n°13). Tokyo a plus de 14 millions d’habitants. Le Grand Tokyo, constitué des préfectures bordant la baie de Tokyo, est l’aire urbaine la plus peuplée au monde avec 40 800 000 habitants.
Le vol s’est très bien passé, même si Aurélien a failli oublier son passeport. Les vacances commençaient sur fond de fausse détente et de vraie excitation.

Heureusement, Dame D. (c’est notre lune de Pacs, après tout) a fait le point rue Lecourbe, en attendant le taxi.
Nos valises ne sont pas très lourdes. Nous avons même mis un sac cabine dans l’une d’elles pour ramener plus de souvenirs.
L’équipe de France de badminton des sourds et malentendants nous attendait à l’aéroport. Certains communiquaient en parlant normalement, d’autres en utilisant le langage des signes.
Une fois les bagages enregistrés nous sommes partis en quête de nourriture. Dans les aéroports français, la restauration est très en dessous de ce que proposent les aéroports d’Asie ; à chaque fois, c’est une déception, pas même un ramen1 bas de gamme pour se réveiller les papilles. Chips et gâteaux feront l’affaire (28 euros quand même, on aime son pays).
Compte tenu de la taille d’Aurélien, l’équipage de l’avion nous accueille comme si nous faisions partie de l’équipe de France, avec pancartes et sourires crispés.
Une fois installée, je jette un œil à la filmographie proposée par Air France. Je suis déjà bien au fait des nouveautés ; je suis donc plutôt déçue.
Le repas est médiocre, comme d’hab. Les hôtesses sont des madame-tout-le-monde. Elle semblent tout excitées de partir pour le Japon.
J’ai dormi deux fois quatre heures. C’est plutôt correct. Aucune perturbation et une seule pause pipi. Cependant, je ne comprends toujours pas pourquoi je dois patienter aussi longtemps : vingt minutes par personne. La diminution de la force gravitationnelle empêcherait-elle le caca de descendre normalement (vingt minutes c’est forcément un caca) ? Ou bien, les gens attendent dix minutes avant de sortir, le temps que le fumet produit par leurs glandes anales se dissipe, afin de ne laisser aucune trace de leur passage et d’éviter les remarques du genre : « tu vois la grande blonde avec des lunettes en forme de papillon, à trois rangées sur la gauche ; eh bien j’ai failli m’évanouir, lorsque je suis entrée dans les toilettes, derrière elle. »
Douze heures de vol plus tard (nous avons dû contourner la Russie), nous voilà arrivés sans encombre à Tokyo. L’équipage est crevé. Ils ont à peine la force de murmurer : « Merci pour le voyage, au revoir, à bientôt. »
Le comité d’accueil japonais des Deaflympics2 est très discret. On sent que nous sommes arrivés au Japon. L’aéroport ne brille pas comme celui de Séoul.
Contrôle des passeports, attente interminable des bagages. Trois minuscules japonaises se chargent de récupérer ceux des athlètes français. Malgré le poids considérable des valises, leurs visages bien poudrés gardent le sourire. Pas question de filer un coup de main si l’on ne veut pas que le pays du soleil levant perde la face. L’on peut voir d’autres hôtesses japonaises errer dans l’aéroport comme des fantômes en traînant des pieds. Elles sont très maigres, le visage souvent sans expression, voire sans vie. Les femmes ont la vie dure, au Japon. Ils refusent les immigrés, alors ils se rabattent sur les femmes, même pour les travaux pénibles.
On prend le bus-navette avec du retard, à cause de l’équipe de France dont les bagages ont été sortis en priorité.
Arrivés à la station Shinjuku, nous devons recharger nos cartes de transport Suica. Seul le cash est accepté… Je file dans un FamilyMart3 pour trouver un ATM4 et tirer de l’argent. Je suis très à l’aise et pleine d’initiatives (#femmeforte). On découvre que la carte revolut d’Aurélien ne fonctionne pas parce qu’elle est en métal (version upgradée), contrairement à la mienne (#femmeoperationnelle).
Le restaurant que je voulais tester, près de l’appartement, ferme à 23h. Nous arrivons à 22h30, le restau nous refuse… Nous allons donc dans un Seven-Eleven5. Après le bureau, de nombreux japonais cherchent un repas du soir à réchauffer. Nous prenons des plats à base de riz et de poulet frit, des soupes miso6 aux champignons, et un onigiri7. L’appartement est proche d’un petit fleuve, au calme, mais il est minuscule comparé aux photos (ils sont forts ces japonais). Nous avons juste la place de circuler. Pas de chaises, pas de table, mais l’aération de la salle de bain est excellente.
Nous mangeons sur le pouce, assis sur le lit, nous nous lavons, puis nous nous couchons. Je me réveille à 6h. J’en profite pour vous écrire, puis je me rendors jusqu’à 8h30.




Tokyo – parc Yogogi
Et aussi Harajuku – Shibuya – Shinjuku
12 nov. 2025
Réveil à 5h30 à cause du décalage horaire. Glande au lit jusqu’à 7h30. Au bout d’un moment, rester au lit les yeux écarquillés alors qu’il fait très beau dehors n’est plus possible. Le niveau d’excitation est beaucoup trop élevé. L’appart est finalement confortable malgré son exiguité, le lit est parfait et le chauffage fonctionne très bien. On mange nos gâteaux français et on fonce à la découverte de trois quartiers assez touristiques mais proposant une première vision incontournable du Japon.
Nous sortons et découvrons, près de l’eau, notre petit pâté de maison très agréable. De nombreux vélos de mamans tout sourire, avec leur petit à l’arrière, défilent sous nos yeux. Nous sommes près d’une crèche ou d’une école.
Nous attendons le métro. C’est toujours galère pour comprendre quel est le métro qu’on doit prendre – certains s’arrêtent mais ne vont pas là où l’on veut, d’autres passent à grande vitesse sans s’arrêter. Le quai est rempli de jeunes allant au lycée, d’employés qui s’endorment déjà sous leur masque, et de mecs à mèche stylés qui n’ont pas l’air d’avoir besoin de travailler. Le métro est assez rempli à 8h30, même si l’heure de pointe est passée. Dans le wagon, personne ne parle ni chuchote, il faut respecter le sommeil d’autrui. La seule trace de vie perceptible est la douce odeur d’ail du petit déjeuner, comme en Corée.
Après 30 minutes, nous arrivons au parc Yogogi, petit havre de paix en plein Tokyo, avec son temple caché. Des écoliers en uniforme sont également en visite. Bizarrement, les petites jupes courtes à carreaux sont toujours à la mode chez les lycéennes. Le temple n’a pas changé. Attention interdiction de manger des burgers, des sodas ou des onigiri dans le temple. Les jeux porte-bonheur n’ont pas changé, il faut toujours donner 1 euro. Mais nous avons acheté un petit livre où nous pouvons recevoir une petite calligraphie fait main par un personnel du temple. Je présenterai mon petit livre à chaque temple. En sortant du parc la métamorphose est saisissante : à partir de 10h les touristes arrivent en masse.
Nous filons vers Takeshita Street où pullulent sous des couleurs d’arc-en-ciel, les boutiques touristiques vintages ou gadgets, les crêperies assaillies par des lycéennes en uniforme, et les animaleries (il y en avait une avec des cochons, qui dégageait une odeur insupportable mais où des familles se précipitaient…). Nous restons dans le quartier Harajuku mais cette fois direction le petit café où j’étais allée avec Alicia et Anaïs, où des petits personnages en mousse kawai8 sont sculptés sur ton café (c’est amusant, dans kawaï il y a kawa). Même si Aurélien n’est pas du tout dans ce délire, l’absence d’hésitation avec laquelle il choisit Pikachu9 témoigne d’une sincérité enfantine déconcertante. Pour ma part, j’opte pour Totoro10.
Après cette pause pipi-café, nous nous baladons dans cette partie hipster du quartier, en passant par des petites boutiques de créateurs. Le quartier ressemble beaucoup à celui de Hongdea où je vivais à Séoul : des câbles, des blocs carrés d’immeubles gris, etc. Aurélien avait repéré à l’avance deux marques japonaises réputées pour la qualité et la résistance de leurs tissus. Une débauche de shopping va commencer. Vous découvrirez mes trouvailles à Noël.
Après notre petite balade, nous filons manger des okonomiyakis11 et de la viande sautée au gingembre chez Yaiyai. Nous sommes au bar, face à deux cuisiniers préparant mécaniquement les commandes des clients. Ils disparaissent parfois derrière un nuage de fumée qui me rappelle la scène de métamorphose en cochons des parents de Chihiro12. Il n’y a pas à dire, la bouffe japonaise est extra, même si nos fringues doivent empester.
Le ventre bien rempli, direction un autre petit café car, même s’il n’est que 14h, nous commençons à fatiguer. Quoi de mieux qu’un petit café hipster avec des bobos étrangers nomades à leur compte (pro Palestine, semble-t-il), des Japonais classieux qui n’ont pas besoin de travailler, et des petites meufs essayant de se transformer en Japonaises avec leur maquillage et leur tenue, et qui bloquent les toilettes pendant quinze minutes (sûrement constipées à force de se goinfrer de gyozas13).
Direction Shibuya et son centre Nintendo, paradis des gamers de tous âges. La queue qu’il faut faire à la caisse, pour acheter une peluche de monstre, est hallucinante. Aurélien n’achète rien mais est ému de voir tant de fans rassemblés. Nous allons au Starbucks pour qu’Aurélien reprenne un café et pour voir gratuitement Shibuya crossing du 2e étage (technique d’Anaïs, à l’époque, pour pour voir les trois passages piétons sans payer l’entrée d’un gratte-ciel).
La nuit commence à tomber à 17h. Nous nous dirigeons vers Shinjuku pour découvrir un Bookoff, sorte de Gilbert jeune sur 4 étages, proposant livres et jeux vidéos vintages. Je me repose dans un coin pendant qu’Aurélien parcourt les allées pour comparer les prix. Puis c’est mon tour, direction Uniqlo où je rafle pas mal de fringues à prix cassés. Aurélien craque pour un t-shirt Pikachu (encore lui).
Nous nous baladons les bras chargés de sacs de shoppings dans l’allée historique Omoide Yokocho pour saisir l’ambiance des petites tavernes japonaises où se mélangent locaux et touristes sur fond d’odeur de barbecue oppressante. Puis nous nous dirigeons vers une adresse de ramen au curry que nous a indiqué un collègue japonais d’Aurélien. Le concept : un bar de 20 places seulement, où nous pouvons commander un type de bol parmi trois, sur un écran tactile à l’entrée. Puis on nous propose de nous assoir dès qu’une place se libère. Les nouilles blanches cuites al dente, froides, doivent être trempées dans un petit bol magique de sauce chaude garnie de viande, d’œuf et de bambou au curry. Nous mangeons en silence en essayant de ne pas en mettre partout. Les commandes hurlées par les serveurs et les slurp des mangeurs sont suffisamment assourdissants. Au bout de dix minutes, il faut dégager car d’autres clients arrivent. C’est sûr, il y avait de la cébette et des oignons dans cette sauce, mais bon, c’était trop bon. A 20h, nous rentrons chez nous fatigués. Pas la force de ressortir, même pour manger des sashimis14 réputés, juste à côté. Nous piquons du nez sur le canapé pour une micro-sieste d’une demi-heure. Douche et dodo à 22h. J’ai dormi 9h30. C’était le récit que j’ai écrit dans mon lit jusqu’à 8h, hihi.
















Tokyo – Ueno
Et aussi Yameyayoko – temple Senso-ji – rue Iakamise-dori – Akihabara gaming
13 nov. 2025
Réveillée à 7h30. J’ai gagné une heure supplémentaire, yeah ! J’attends patiemment au lit en racontant la journée du 13. Aurélien a l’air de se recaler mieux que moi. Après un petit déjeuner à base de melon pan15 et de mochis16, on part à 8h30 pour le quartier Ueno, au nord-est de Tokyo. Il est trop tard pour croiser les mamans qui déposent leurs enfants à la crèche, tant pis.
Ueno est un quartier calme, situé en hauteur. Les boutiques ouvrent à 10h, nous regardons le quartier se réveiller lentement. Nous passons par un très beau cimetière, très bien entretenu. C’est un quartier plutôt résidentiel avec des petits immeubles et de nombreuses maisons traditionnelles japonaises.
Nous visitons plusieurs temples dont un spécialisé dans la guérison des pieds et des jambes. J’ai fait ma petite prière pour maman et sonné la cloche. Puis, direction un petit café spécialisé dans les sandwichs aux omelettes. Le café était tellement bon qu’Aurélien a acheté des grains. Il a même eu au téléphone la « big boss » du café pour que le grain soit moulu à sa convenance.
Le ventre bien rempli nous partons pour Ueno Toshogu Shrine, un temple au cœur de l’immense parc Ueno, comprenant des universités d’art et un zoo. Beaucoup d’écoliers, d’étudiants et de familles y viennent à des fins culturelles, mais également pour émettre des vœux de réussite à leurs examens, dans ce temple symbolisant le dépassement de soi. Nous ne comprenons pas les horaires des collégiens et lycéens. Nous avons vu toute la journée des collégiens non accompagnés se baladant en uniforme, prenant des cafés ou achetant des crêpes. Très bizarre.
Nous sommes ensuite allés à Yameyayoko, une allée shopping sous le train aérien, pour renifler l’ambiance à la fois touristique et locale du marché de babioles et de nourriture. L’occasion pour moi d’acheter des chaussettes Miyazaki, histoire de remplacer mes vieilles tsumasaki sokkusu17 trouées, et l’occasion pour Aurélien de commencer à acheter ses cadeaux de Noël.
Il est 13h et nous avons très faim. Nous allons manger des gyozas dans un restaurant un peu caché (c’est le principe de la farce) dont c’est la spécialisé, avec de la soupe miso au céleri, du riz et du vermicelle de riz. Tout ça pour la somme de 8 euros par personne. C’est cadeau ! Je ne vous cache pas qu’en sortant, tous nos vêtements et notre épiderme sentaient le gyoza (l’odeur est toujours présente au moment où je vous écris). En bref, le principe du gyoza est de dissimuler une farce aux saveurs merveilleuses dans une enveloppe grossière à base de farine de blé. Les Japonais sont des cachotiers. Le fin du fin n’est pas de soigner les apparences mais ce qui n’apparaît pas (un kimono insignifiant doublé d’une soie rare)18. On peut aussi penser au Bouddha sous la colline à Hokkaido, ou au mont Fuji sous son kimono de brume, ou les sensations exquises sous le zentai19.
Allez ! en route pour le quartier des cuisiniers. Nous traversons une zone résidentielle sans trop d’intérêt – zéro magasin, zéro restau, zéro vie – pour atteindre la fameuse rue où les professionnels de la restauration se fournissent en matériel. Beaucoup de bols et ustensiles vendus en gros. Mais aussi des boutiques spécialisées en couteaux japonais, et ça c’est le pied. En parfait geek, Aurélien avait sélectionné trois boutiques réputées et nous avons fait l’acquisition d’un magnifique couteau à légumes. L’achat de bols sera pour plus tard car nous n’avons pas été emballés par la marchandise (on emballe la marchandise que si la marchandise nous emballe).
Pas de temps pour faire une pause, direction le temple Senso-ji – déjà fait de mon côté mais incontournable. Un immense complexe rouge. Je file au guichet des tampons et Aurélien prend des photos. Nous passons par la rue Iakamise-dori, bordée de boutiques à souvenirs pas si cheap que ça, et faisons une pause fluffy pancake20 au mochi matcha21 dans un café conseillé par Céline. La fatigue se fait sentir mais nous tenons bon pour un dernier temple en nocturne, le temple du manga, mais bizarrement je n’ai vu aucune référence à des mangas. On va mettre ça sur le compte de l’obscurité et de la fatigue. En arrivant nous tombons sur le tournage d’un film, juste devant le temple. La scène est pourrie mais c’était rigolo à regarder. Il fallait vraiment faire aucune ombre, nous étions sur les côtés.
Allez, c’est fini pour les visites, place à la soirée Akihabara gaming22. Enfin pas tout de suite parce qu’il faut trouver des consoles rétro pour Aurélien. Juste avant, petit stop au sexshop le plus grand du Japon. Je l’avais déjà visité avec Alicia mais les bites qui bougent ont disparu, trop déçue. Après cet interlude, nous nous remettons en marche et traversons plusieurs cavernes d’Ali Baba de jeux vidéos rétro d’occasion. Nous avons bien fait cinq établissements avant de tomber sur une petite boutique pas très connue qui vend des pépites plutôt neuves.
Les arcades23 sont ma récompense mais j’ai clairement perdu ma dextérité depuis la Corée. Après 40 minutes de jeux, Aurélien ne supporte plus le bruit assourdissant des machines et nous commençons à avoir très faim.
Nous rentrons à l’appartement pour aller dîner dans un restaurant de sashimis local bien caché. La carte est en japonais manuscrit mais nous arrivons à la traduire avec notre appli googletrad. Il y avait là un mec eurasien et sa meuf japonaise. Le mec avait proposé, en anglais, l’aide de sa copine pour traduire la carte mais elle avait dit « surtout pas » (Aurélien pense que c’est parce que son anglais ne ressemble à rien).
Soudain, explosion de saveurs, le poisson est super frais. Le ventre bien rempli nous rentrons et, après la douche, je m’endors comme une merde en attendant qu’Aurélien se lave. Petit filet de bave mais je me suis bien recalée finalement : aujourd’hui, il est 8h et j’ai la flemme de me lever.






















Tokyo – Azabu-juban
Et aussi le parc Shiba – le parc Hamarikyu – Tsukiji market – Ginza – Roppongi Hills – Azabudai Hills
14 nov. 2025
Une journée qui commence tôt car la matinée est consacrée à quatre heures de marche dans différents quartiers.
Nous commençons à Azabu-juban pour aller voir de plus près la « Tour Eiffel » depuis le parc Shiba. Le quartier semble international car les voitures garées ne sont pas japonaises. Dans le parc, nous découvrons beaucoup de jeunes profs amenant les bébés des crèches se dégourdir les jambes. Chaque bébé a un chapeau avec sa voilette arrière qui lui protège la nuque. Tout est fait pour procurer de la joie et de l’insouciance aux bébés-rois (c’est fou, ils ne savent pas encore qu’une vie bien triste et fatigante les attend d’ici quelques années). En tout cas ils sont tous trop trop mignons. Même Aurélien craque. Les bébés asiatiques sont les meilleurs. Après dix minutes de gagaïtude, nous passons par le temple à côté du parc, où vient d’avoir lieu une sorte de mini fête religieuse car trois enfants portaient un costume traditionnel et les adultes étaient tous habillés très classe, en bleu marine ou noir.
Après ce super moment familial (illusion de la famille parfaite photographiée, je ne sais pas), nous traversons le quartier d’affaire international avec ses hauts buildings tout neufs. Peu de salarymen à l’extérieur (à 11h, ils doivent sûrement être en train de cravacher sévère), quelques restaurants encore fermés en attendant l’heure de pointe. Les rues sont larges et propres, certaines places ont des faux airs de Paris ou de Rome. Le mélange ne rend pas super bien, il n’y a clairement pas d’âme japonaise dans ces rues.
Nous visitons vite fait le parc Hamarikyu pour admirer l’art japonais des petits arbustes. C’est un havre de paix minuscule en plein quartier d’affaire. L’entrée est payante. Ce lieu pourrait être parfait pour un adultère car presque aucun japonais ne se balade ici. En fait, les japonais n’ont ni le temps ni l’énergie pour tromper leur épouse.
Allez, c’est l’heure de goûter une spécialité, il est déjà 12h30 et on a la dalle. Nous marchons encore sous les énormes ponts aériens et nous arrivons enfin au Tsukiji market. Ce n’est pas un vrai marché aux poissons (le sol est immaculé), des petites échoppes vendent des spécialités de la mer. Les sushis à toutes les variantes de thon sont juste extraordinaires, on aurait pu en recommander une douzaine direct mais notre sagesse nous en a dissuadés. Nous goûtons également du jus de citron au matcha et des sushi au wagyu24 fumé. Nous suivons les petites mamies japonaises pour savoir ce que les locaux achètent et c’est toujours la même chose : différentes variétés de haricots pour l’apéro. Elles sont vraiment toutes dans un état d’excitation chelou pour des haricots alors que nous sommes dans un marché spécialisé dans les produits de la mer (le seul endroit au Japon où l’on peut voir de la chair dénudée) !
Nous filons ensuite au quartier de Ginza, paradis du shopping des marques de luxe internationales et japonaises. Le quartier est beaucoup plus vivant, avec beaucoup de clientes. Les prix sont exorbitants mais c’est sympathique de voir qu’il y a de la vie (les deux quartiers précédents étaient quand même assez déserts). Nous mangeons dans un restau de ramens au yuzu, intégré dans une station de métro. Il n’y avait pratiquement que des locaux. Cette fois nous décidons de ne pas trop nous presser histoire de digérer un minimum. Le yuzu cassait le côté gras de la soupe, c’était juste trop trop bon. La proximité avec les voisins n’est pas gênante, le slurp classique chatouille les oreilles, il faut juste prier pour que les éclaboussures n’atteignent pas votre bol. Une pause café s’impose pour faire pipi et se réveiller. Sept euros la boisson, c’est luxe, dis donc, heureusement que les toilettes sont ultra propres et que la vue sur plusieurs étages est classouille.
Nous traversons les jardins du palais impérial, qui sont des espaces gratuits. Nous croisons notre premier clochard, des amoureux, et des touristes faisant la sieste, complètement vidés par leurs vingt-deux mille pas quotidiens. Les visites du palais impérial sont complètes, tant pis ça sera pour dans dix ans. Nous allons à Roppongi Hills avant le dîner de dégustation Wagyu. Je m’attendais à un parc et nous nous retrouvons dans un immense centre commercial comprenant des boutiques de luxe assez vides mais où les vendeurs sont les vraies stars (habillés, coiffés, maquillés de manière ultra stylée). Bon, on zone un peu, on regarde les clients riches, mais nous avons hâte de rejoindre notre dégustation de wagyu de 17h à 19h, dans un restaurant recommandé situé dans un autre centre commercial, Azabudai Hills. La colline (hill, en anglais) semble symboliser l’abondance (des centres commerciaux). Mais pourquoi utiliser le mot anglais ? Peut-être pour l’exotisme (lieux d’évasion), ou pour éviter la référence religieuse à la colline du Bouddha d’Hokkaido ?
Et là, meilleur repas de ma vie ! Chaque groupe de client est au garde à vous à 17h dans un petit box équipé d’une plaque chauffante. Les photos parlent d’elles-mêmes. Nous avons goûté beaucoup de parties différentes de ce bœuf wagyu à la chair tendre exceptionnellement juteuse25. Une serveuse s’occupait de nous pendant ces deux heures. Elle cuisinait sur le grill chaque partie. Elle était vraiment super mignonne. De petite bouchée en petite bouché nous avons fini par être repus. Superbe expérience à faire au moins une fois dans sa vie.
Nous terminons la soirée par un petit bar à cocktail avec vue sur la Tokyo Tower. Le serveur est français et nous raconte qu’il vient de se marier avec une japonaise sur laquelle il avait eu un crush dix ans auparavant, mais rien ne s’était passé à l’époque. Ils étaient juste restés en contact de manière cordiale à raison d’un message tous les deux mois. Et pendant son tour d’Asie, ils se sont retrouvés, sont sortis ensemble et se sont mariés en deux mois pour qu’il puisse rester au Japon. Histoire assez surprenante mais il est très heureux.
Nous avons encore beaucoup marché mais demain on se calme : excursion au Mont Fuji.
















La Japonaise ressemble à une araignée : elle est sans doute passée sous « Maman » (Louise Bourgeois) au pied de la Roppongi Hills Mori Tower.











Le mont Fuji
15 nov. 2025
Le mont Fuji appartient à la préfecture de Shizuoka (n°22). Il se trouve à 136 km au sud-ouest de Tokyo, soit à moins de deux heures de route. Il est le point culminant du Japon (3776 mètres). Situé dans une région où se rejoignent les plaques tectoniques pacifique, eurasienne et philippine, la montagne est un stratovolcan toujours considéré comme actif bien que le risque éruptif soit actuellement considéré comme faible (dernière éruption certaine fin 1707).
Je ne vais pas m’étendre sur notre excursion au Mont Fuji : on a passé six heures dans le bus pour finir par voir le Mont Fuji de loin, en matinée, depuis le bus. Arrivés aux différents spots, c’est l’enfer, des queues interminables (pas de coupe-fil) avec la guide qui nous presse. On ne peut rester que 15 minutes par spot. De toutes façons, le Mont Fuji ne s’est pas dévoilé. Archi déçue.
En plus, la bouffe n’était pas bonne. On s’est levé tôt pour cinq minutes de contemplation réelle, depuis le bus. Un mauvais documentaire !
Le soir, on a mangé des ramens un peu trop gras, un établissement conseillé par un collègue d’Aurélien. Pour le coup, zéro touriste, mais gastronomiquement à des années-lumière de ma tasse de thé.
Ci-dessous, les photos du désastre.











Tokyo – Nakano Broadway
Et aussi le Palais National de Tokyo – retour à Shinjuku
16 nov. 2025
Ce matin, grasse matinée jusqu’à 9h. Le linge a bien séché sur le petit balcon. On a quand même réussi à se faire piquer par deux moustiques en plein mois de novembre, ces bâtards ! Nous filons à Nakano Broadway, paradis des figurines rétro à prix kawai, pour trouver les figurines d’animés et de jeux vidéo recherchées par Estelle et Patrick, mon alternante, le frère d’Aurélien, et nous-mêmes, bien sûr.
Surprise, les trois étages sont fermés car ça ouvre à 11h30 pour certaines boutiques et 12h pour la plupart. La culture geek n’est pas du matin. Nous allons prendre le petit-déjeuner à proximité dans un café kawai. Je choisis une salade de légumes au thon et Aurélien un fruit bowl. Moi qui n’aime pas le thon, j’ai adoré le repas. Je sens déjà que je suis en manque de légumes frais crus et j’ai eu là un bon shot de vitamine, hihi.
Nous retournons ensuite au paradis des objets vintages. Vieux DVD, jeux vidéos, porte-clés, babioles, Pokémons, mangas de cul, figurines… La chasse au trésor commence !!! En fait j’adore l’exercice qui consiste à trouver le meilleur truc au prix le plus bas (je dois sûrement avoir hérité ce super pouvoir de maman). Nous achetons six figurines d’occasion pour moins de 100 euros. J’en profite pour acheter, dans une boutique, plein de mochis qui m’ont l’air assez frais, histoire d’avoir une petite réserve.
Il faut qu’on mange rapidos avant d’aller au Palais National de Tokyo, à l’autre bout de la ville. Sur le chemin du métro nous nous arrêtons au McDo pour goûter les burgers sauce teryaki26 ou sauce soja afin de comparer les burgers coréens, chinois et japonais. Dans le menu, il n’y a pas de Fanta orange mais un Fanta raisin muscat franchement moins bon, au goût beaucoup trop artificiel. Les burgers sont bons mais le classement reste le même : n°1 Corée, n°2 Chine, n°3 Japon. Ici, ça reste un burger avec une sauce différente. Pas hyper novateur en goût mais tout de même meilleur qu’en France.
Nous filons au Musée. Objectif, faire toutes les salles en deux heures et demi. Nous mettons nos affaires dans un locker et c’est parti pour découvrir l’évolution de l’art japonais avec des bonus bouddhismatiques : poteries, statues, porcelaines, armures, sabres, kimonos, peintures sur papier… Le Japon s’est quand même construit sur le tard grâce à la Chine qui était déjà bien avancée et qui leur a fait découvrir progressivement l’acier, les tuiles, la peinture, etc. Le musée est, je trouve, super bien construit avec un parcours unique (comme à IKEA) qui permet d’avancer sans louper quoi que ce soit, sans se perdre dans le labyrinthe habituel des musées.
Le musée ferme bien à 17h. Nous traversons le parc pour retourner à Shinjuku. Des jeunes filles se filment dans la lumière d’un réverbère. Elles imitent des vidéos TikTok en se jetant des feuilles d’arbre. D’autres groupes font une mini danse avec leurs mains. Nous avons déjà faim (les japonais mangent tôt, le soir, les restaurants ouvrent tous à 17h) et allons passer la soirée dans un izakaya27 (taverne japonaise) où nous pourrons manger des brochettes de viande.
Aurélien essaie tant bien que mal de plier ses jambes pour entrer dans notre boîte en bois et commande nerveusement des petits plats et des makis28. Moi je rigole et commande un plat aux anguilles fumées et un dessert.
L’esprit bien rempli, nous allons dans deux bars à cocktails. Les serveurs sont toujours habillés de la même façon : chemise, cravate et veston foncés. Ils sont également légèrement maquillés. Dans le premier bar, à cause de mes allergies, mon cocktail est assez basique ; dans le deuxième bar, l’un des serveurs cuisine des oignons devant nous… Il y a des axes de progression.
Nous allons dans une arcade pour faire des photos japonaises bizarres, et jouer à Mario Kart. Puis, retour à la maison, préparation des bagages et dodo. Demain, direction les alpes japonaises29 et les onsen30 !





























Les onsen de Kusatsu
17 nov. 2025
Kusatsu est un bourg de la préfecture de Gunma (n°10). Kusatsu est célèbre pour ses onsen (sources thermales).
Départ pour les alpes japonaises. Les valises sont prêtes et le bagage supplémentaire déjà rempli. Nous filons à la gare de Tokyo. Nous avons déjà nos billets mais il y a quand même un petit peu de stress quand les billets refusent de passer, quand il faut choisir notre direction parmi des milliers et trouver une lunchbox sur le quai pour les trois heures que va durer le voyage. Opération réussie. Les japonais sont quand même géniaux, leurs lunchbox sont toutes trop mignonnes et hyper équilibrées. Nous déglingons nos lunchbox dans le train dès 10h30 puis petit dodo les jambes bien allongées (il y a beaucoup d’espace devant chaque rangée de sièges).
Nous avons 30 minutes d’attente entre le train et le bus, le temps d’aller boire un café en face de la station de bus. Bois sombre, musique classique Mozart & co, petites tasses à l’occidentale. Limite glauque. Le café n’est pas bon, selon Aurélien. Un petit pipi et c’est reparti pour affronter le froid montagnard en attendant le bus. Une heure quinze de bus à travers montagne et forêt. Le paysage est très joli, même si beaucoup d’arbres ont déjà perdu leurs feuilles. Nous nous concentrons pour ne pas vomir et essayons de dormir.
Ouf, l’hôtel est juste en face de la station de bus. C’est un petit village tout mignon qui sent un peu le souffre à cause des onsen. En arrivant nous devons enlever nos chaussures car les sols sont recouverts de moquette. A chaque fois , on nous propose des chaussons en bois ou en tissu. La chambre fait la même taille que notre studio, mais sans cuisine et sans douche. La salle de bain est spacieuse mais comprend seulement des toilettes japonaises chauffantes modernes et un lavabo. Franchement c’est luxe. Il y a même une entrée avec une armoire et un purificateur d’air. Et même une table avec deux fauteuils (ce qu’on avait pas à Tokyo). Nous nous nous débarrassons des diffuseurs de parfum aux cinq senteurs disposés un peu partout pour masquer l’odeur du souffre. Il ne reste plus alors dans la chambre, que l’odeur du souffre en provenance de l’extérieur.
Nous partons visiter le village et croisons dans l’hôtel une taïwanaise de 63 ans (ressenti 45) qui vit à Singapour. Une vraie bavarde. Elle nous a suit jusqu’à la cérémonie des bains. Femme au foyer. Elle a arrêté de travailler après avoir eu sa fille. Elle est en vacances au Japon, seule, elle fait quatre voyages par an. Elle sent le fric à un mètre : petit béret rouge, grosses boucles d’oreille en diamant, très bien maquillée, vêtements couteux. Elle aime bien Paris mais préfère Nice et la Provence. Très très démonstrative et tactile, difficile de savoir si son rire est sincère. Elle nous quitte après la cérémonie. J’espère ne pas la croiser à poil dans un des onsen, pendant ces deux jours.
Nous avons grand faim, nous testons donc un peu toutes les spécialités de cette ville spécialisée dans la street food : petit pain pané fourré au curry, crackers au riz soufflé et sauce soja, petits grains de wasabi, gâteau moelleux à l’œuf…
Le soir nous allons dans un premier bain. Incroyable. Dans une grande salle en bois bien éclairée avec plein de petits casiers, des asiatiques se baladent toutes nues avec un petit buisson bien fourni pour certaines mais une peau d’asiatique bien lisse. Aucun problème de nudité finalement quand tu vois une maman avec ses quatre filles à poil en train de hurler pour se dépêcher d’aller dans les douches. Je rentre dans une première salle de bain avec un grand bassin et quatre séries de douches en pierre avec à chaque fois un grand miroir, un tabouret rose en plastique, une bassine rose en plastique, et un pommeau de douche. Chacun nettoie son tabouret en plastique puis s’assoie pour se nettoyer entièrement le corps et les cheveux avec soit les produits mis à disposition (leur shampoing était incroyable), soit ses propres produits (certaines personnes venaient carrément avec un petit panier en plastique contenant au moins une dizaine de tubes personnels). Je regarde mes camarades pour bien tout respecter (je préfère me laver les cheveux à la fin du bain pour ne pas prendre froid).
Et plouf, dans le bain de cette salle où barbotent déjà six nanas. Il y a également trois mini fontaines pour se masser le dos en se plaçant en dessous. Les filles discutent entre elles, d’autres, seules, ferment les yeux. Je sors après quinze minutes, pour tester un onsen extérieur. L’eau y est plus chaude mais l’ambiance est cool. Il n’y a pas de vent dans la nuit et des lumières éclairent les feuillages. Après dix minutes, il faut marcher rapidement, à poil dans la nuit, jusqu’à la salle du fond où se trouvent quatre bains en cascade, dans un décor en bois. Le plus bas est le moins chaud. Je n’ai pu faire que les deux premiers bains. Les autres était trop chauds. Impossible d’y tremper le pied.
Je retourne dans le bassin intérieur du début puis, après quarante-cinq minutes de bain, je me lave de nouveau, entièrement cette foi, et je file à mon casier me sécher. Il ne fait pas froid, la température est idéale. Il y a un coin avec sèche-cheveux, miroirs, crèmes, cotons tige, peignes et lavabos. J’utilise tout, sauf les crèmes. C’est clairement du temps pour soi. Très agréable.
Je retrouve Aurélien au coin boisson, sur un tatami. Il est là depuis seulement dix minutes. Côté homme, il a non pas un mais deux bains extérieurs. Mais il avait loupé la salle avec les quatre bains progressifs. Il n’avait pas vu qu’il fallait passer par l’extérieur pour atteindre cette salle. Sinon, les zizis asiatiques sont vraiment super petits. Quand nous sortons il pleut, nous décidons d’aller au restaurant de notre hôtel manger des soba31 dans une soupe aux champignons, plat typique de la région Gunma. Le ventre plein et le corps détendu nous nous endormons tôt, heureux.









Yumomi est une cérémonie traditionnelle qui se tient à Netsu no yu, sur la place du Yubatake à Kusatsu, dans la préfecture de Gunma, au nord-ouest de la région du Kanto. Ce petit spectacle rythmé par une chanson japonaise ancienne consiste à refroidir l’eau thermale afin de pouvoir s’y baigner.
Cette pratique remonterait à l’époque d’Edo (1603-1868). L’eau, dont la température peut s’élever de 51 à 94 degrés à Kusatsu, est remuée à l’aide de larges spatules de bois longues d’1,80 mètres. Ce processus a été mis au point pour préserver les propriétés de l’eau de source qui se perdraient en cas de simple mélange avec de l’eau froide.











Les onsen de Kusatsu (suite)
18 nov. 2025
Le petit déjeuner de l’hôtel est un peu bizarre mais marrant. Nous glandons au lit un moment puis, dès potron-minet, direction un nouveau bain en plein air dans un parc de l’ouest. Sur la route nous continuons à goûter de nouvelles choses : une sorte de mochi à la patate et au miel, des boules de riz gluant. Il y a du vent et il neige. Nous nous réfugions dans un estaminet pour prendre un café et un matcha. Aurélien prend, en appoint, une énorme tranche de brioche avec un petit Fuji d’haricots rouges posé dessus.
Le vent s’est calmé, il tombe de gros flocons. Nous sortons en vitesse pour atteindre l’onsen. Un onsen beaucoup plus rudimentaire que les précédents. L’espace pour se changer est exiguë, les casiers ne ferment pas à clé, et il n’y a pas de douche mais un grand bain en plein air. Je mets ma charlotte et, sous les petits flocons de neige, je file au bain chaud. La nature est trop belle. Souvent, les filles se regroupent pour discuter, soit immergées jusqu’au cou soit les seins à l’air. Les japonaises sont plutôt belles. Par contre certaines sont hyper maigres… Nous avons tenu trente minutes. Aurélien était très content.
Le vent est tombé et la neige s’est arrêtée de tomber. Nous prenons des photos sur le chemin du retour. Nous passons par les boutiques et mangeons des soba blanches, du riz et du tonkatsu32.
Retour à l’hôtel à 15h pour une sieste glandiloquente méritée, après avoir fait les oies à Tokyo.
A 17h, on repart pour un troisième onsen. Un onsen d’intérieur réputé pour être chaud, dans une belle architecture en bois. Il y a trois douches et deux bassins. Je ne reste que vingt minutes car l’eau est très chaude. Par contre, l’âme de cet ancien onsen est beaucoup plus présente. Tout est en bois. A l’étage, les tatamis sont dans une salle dédiée au repos où les gens peuvent dormir après un onsen. Aurélien m’y rejoint par l’escalier des hommes. Les mains sur le zizi, un homme qui s’est trompé de porte déboule à poil, à la recherche des casiers.
J’emmène Aurélien au premier onsen, celui avec les shampoings de luxe, pour qu’il puisse voir la fameuse salle aux quatre bains, côté homme, et que je puisse de nouveau en profiter. Nous y restons une heure. J’ai trop kiffé !
En sortant tempête de neige. Nous trouvons tant bien que mal un izakaya spécialisé dans les brochettes de viande. Nous goûtons à toute la carte. En vérité, on a dû manger toutes les parties du corps. Certaines étaient bonnes, d’autres écœurantes. Nous rentrons sous la neige et je fais mon premier caca depuis quatre jours. On s’endort l’esprit et la trippe tranquilles. Demain, nous irons aux onsen de Chihiro.





































L’onsen de Chihiro
19 nov. 2025
Attention, nous sommes à 45 minutes en train de Nagano, capitale de la préfecture de Nagano (n° 20). Il semble que plusieurs onsen du Japon revendiquent la filiation Chihiro, notamment le Dogo Onsen Honkan à Matsuyama, capitale de la préfecture d’Ehime (n°38), sur l’île de Shikoku.
Petit réveil encore sous la neige. L’izakaya d’hier soir ne m’a vraiment pas réussi, je ne peux pas avaler grand chose. Je me nourris de gingembre. Nous prenons un petit-déjeuner rapide. Nous avons une heure de bus plus une heure de train jusqu’à Nagano. Sur qui nous tombons à l’arrêt de bus ? Sur la taïwanaise qui va aussi à Nagano. Vraie ou fausse excitation dans sa voix, nous ne saurons jamais. En tout cas, elle était toujours aussi bavarde, même si elle était assise une rangée derrière nous. Nous courons prendre le train avec elle. Nous achetons nos billets dans un truc automatique et elle file à un vrai guichet. Deux méthodes mais la sienne est finalement la plus rapide. Nous fonçons sur le quai pour savoir quel wagon nous pouvons prendre (non-seated) et nous pouvons enfin nous détendre.
Aujourd’hui c’est son anniversaire, son mari l’a appelée et lui a demandé de faire du shopping. Elle va d’abord passer une nuit dans un ryokan onsen, comme nous, puis retourner à Nagano puis Kyoto, sa ville préférée. Dans le train elle ne peut s’empêcher de montrer devant nous sa petite tête coiffée d’un béret pour nous dire des choses. Elle nous conseille deux restaurants à Tokyo et commence à parler de ce qu’elle allait faire avant de rejoindre sa famille à Taïwan. J’en profite pour lui demander ce qu’elle pense du contexte politique actuel car, en France, Taïwan n’est pas, en ce moment, considéré comme sûre pour les touristes. Selon elle, Taïwan s’en fout et veut juste éviter une guerre. Elle se considère elle-même comme chinoise en fait. Taïwan devrait être rattachée à la Chine même si le gouvernement taïwanais se bat par « ego » pour rester indépendant. Elle trouve ça complètement débile et s’en fout un peu. Mais elle trouve qu’on ne devrait pas avoir peur de visiter Taïwan qui, selon elle, est très sûre. Elle était un peu gênée d’en parler mais bon, c’était ma seule occasion d’avoir un avis taïwanais.
Nous nous quittons à la gare. Aurélien et moi allons à notre hôtel pour déposer nos bagages dans des free lockers et partir pour notre onsen avec seulement nos sacs à dos. De retour à la gare, nous réservons notre petit train de 45 min et cherchons un restaurant (des pâtes blanches au sarrasin, froides). J’en profite pour aller faire caca et là, je découvre qu’en plus de mon indigestion j’ai aussi mes règles ! Pile le jour où il ne fallait pas. Toute grognon, je rejoints Aurélien qui me rassure comme il peut, vraiment adorable le mec. Nous prenons le train et nous regardons passer la banlieue et la campagne japonaise, sur fond de neige et de frondaisons automnales, c’est très joli. Parfois nous apercevons des pommerais et des champs de légumes. En descendant du train nous attendons notre petit taxi et sur qui tombons-nous ? La Taïwanaise ! Elle avait pourtant dit qu’elle prendrait le bus… Bon bah, coucou, au revoir, et profitez du onsen. Notre taxi nous récupère et nous voici arrivés à l’onsen qui a inspiré Le voyage de Chihiro. Bâtisse sombre, intérieur sombre et mystérieux, glacial. Nous avons une grande chambre à tatamis surchauffée. La bouffe d’hier soir, les règles et le trajet en bus m’ont mis le ventre en compote. Je me mets en kimono, mais pas de onsen pour moi. Aurélien me prépare du gingembre bien frais du supermarché. Il est beaucoup plus fort que celui qui est dans ma valise. Sûrement plus frais.
Il y a une dizaine de onsen dans le bâtiment, je suis dégoûtée. On visite. Aurélien fait un onsen. Moi, je me douche à l’ancienne avec le bol en bois. Puis nous filons au dîner traditionnel. Beaucoup de plats à base de tofu, des soupes, un sashimi, du riz. On termine de manger à 21h. On s’endort direct dans nos futons.
Nuit agitée pour moi, le gingembre semble faire effet. Trois grosses chiasses à raison d’une toutes les quatre heures, jusqu’au lendemain matin. Le plus romantique des onsen se transforme en toilettes chauffantes de luxe pour mes intestins. Le réveil se passe plutôt bien, les futons ne m’ont pas fait mal au dos et les couettes étaient ultra propres. C’est beaucoup plus quali qu’il y a six ans. Petit déjeuner japonais, on a du mal, beaucoup de trucs sûrement bons pour la santé mais visqueux. Je mange du riz et bois de la soupe. On visite tous les onsen pour ne pas avoir trop de regrets puis on repart à la gare, pour retourner à Nagano. L’ambiance Chihiro était bien présente dans ce labyrinthe mais nous devrons revenir un jour pour profiter des bains.




En 2015, Mobile Factory lance Eki-Memo (Station Memories), un jeu fonctionnant avec le GPS, qui invite les joueurs à collectionner les stations de train à travers le Japon. Il suffit de traverser une station pour l’ajouter à sa collection (9100 stations répertoriées en 2023, y compris des stations désaffectées). Le jeu permet de voyager en compagnie d’une jolie fille conçue en 2D, au choix parmi 160 (snob, timide, pudique, maternelle, écervelée, jalouse, tyrannique, coquine…). Plus vous accumulez les points de connexion, plus votre intimité avec votre « partenaire particulière » s’intensifie. Le 21 novembre 2019, après une relation de quatre ans, un joueur épouse Yakumo Reno, un personnage du jeu vidéo Eki-Memo.








Nagano
20 nov. 2025
Nagano est la capitale de la préfecture de Nagano (n° 20).
A cause de mon réveil houleux et de mon indigestion, nous visitons rapidement les onsen avant le check out puis nous repartons en taxi jusqu’à la gare de Nagano. Changement de programme, nous ne ferons pas le monkey park. Nous attendons dans une supérette Lawson35. Je tente d’ouvrir des magazines mais ils sont scellés avec du scotch. Malins ces japonais. Aurélien achète un café et nous prenons des photos de la montagne. Il fait frais.
De retour à la gare, Aurélien, expert en fruits à pépins, achète un chausson aux pommes dans une boutique spécialisée36. La maniaquerie des Japonais est phénoménale. Les plateaux sont disposés dans le sens inverse pour que les denrées soient à l’abri de la poussière. Chaque pince utilisée pour prendre un aliment doit être immédiatement donnée à une vendeuse pour qu’elle puisse la désinfecter avant de la reposer. Et à la caisse, il y a une pile de petits plateaux en bois pour y déposer son argent. La vendeuse n’a plus qu’à prendre le plateau et verser l’argent dans la machine sans le toucher.
Le chausson aux pommes a un goût prononcé de beurre frais. Aurélien pense que c’est du faux beurre aromatisé au beurre frais car un chausson cuit n’est pas supposé sentir le beure frais. CQFD. C’était quand même bon mais étrange.
Nous allons dans un Bookoff & hardoff37, paradis des reventes d’occasion (nous y étions déjà allés, à Tokyo, lorsqu’on cherchait des gameboys rétro). Nous achetons une figurine une poignée de pépins de pomme puis, nous nous dirigeons vers le complexe de temples, seule vraie attraction de Nagano.
On s’arrête pour manger rapidement dans un thaï. Je ne prends que du riz. Puis nous repartons. La ville n’est pas super belle, mais l’air y est pur. C’est un bon point de départ ou de transition vers d’autres villes ou randonnées (quand on a pas ses règles).
Le complexe de temples est très beau, tout est en bois. Une fête se prépare (des feux d’artifices vont avoir lieu dans deux jours). C’est l’heure de la prière pour des locaux. Ambiance très spirituelle. Je souhaitais acheter une image à l’accueil d’un des temples mais le mec de me dit que je dois d’abord acheter le billet de visite de tous les temples, à l’entrée du site… Ok, il ne veut pas de mon pognon, c’est pas possible, ça ! J’avais même enlevé mes chaussures.
Nous repartons flâner dans les jardins puis nous prenons le bus pour le check-in de l’hôtel. Nous récupérons nos valises dans nos free-lockers, puis notre chambre rikiki mais propre et très pratique. Un peu rincés, un peu flemmards, nous ne quittons pas la chambre. Je regarde L’amour est dans le pré, puis un film sur Netflix, tandis qu’Aurélien joue à la Gameboy puis va manger une pizza au deuxième étage (étonnamment bonne).
Aurélien revient avec un jus de pomme trop mignon et délicieux. Dodo à 22h. Pas de séjour aux toilettes pour moi, je pense que tout est parti, là.






































Matsumoto
21 nov. 2025
Matsumoto est une ville située dans la préfecture de Nagano (n° 20).
Petit réveil sympathique vers 9h, à Nagano. Le petit déjeuner de l’hôtel est très correct. Nous avons des stickers très mignons qui nous permettent d’accéder à l’espace restauration. C’est essentiellement du salé : riz, omelette, soupes en tout genre, un peu de verdure, trucs au curry, etc. Les gens mangent en silence.
Nous partons pour la station de bus pour aller explorer un sanctuaire perdu dans la forêt. Et bah c’est complet… Première fois que ça nous arrive. Nous avions pas le temps d’attendre une heure le car suivant à cause de notre train de 16h. Nous courons à la station de train en face, pour attraper un train pour Matsumoto (mon plan B) qui part dans 6 minutes. Pfiou ! C’est parti pour 1h30 de train local à travers la campagne japonaise. Les couleurs d’automne sont très belles, pas de risque de graminées à travers les vitres du train et pas de risque de ballottements comme dans le bus (je supporte mal les bus ; à Paris, c’est pareil, je préfère prendre le métro).
Nous arrivons à Matsumoto, ville connue pour son château d’époque, ses sculptures de grenouilles, ses cultures de wasabi, et son artiste d’art contemporain. Presque tous les touristes sont japonais. Les rues sont plutôt calmes. Les immeubles ne sont pas beaux. Comme d’habitude, ce sont des blocs, souvent cubiques, avec de temps en temps une petite maison traditionnelle entre deux mâchoires de béton ou un temple qui se fait tout petit. Le château par contre est magnifique. De loin, on dirait un château Playmobil. Nous devons retirer nos chaussures pour visiter les six étages. Les marches sont vraiment très hautes, on peut parler d’escalade à ce stade, aucune idée comment les guerriers faisaient pour gravir ces marches avec tout leur attirail. Ce château est construit en bois sombre avec des persiennes. Je ne pense pas que le seigneur résident vivait là avec sa famille (le vent s’engouffre comme pas permis et on a froid aux pieds). A chaque étage, une description explique comment il était utilisé par les soldats et les samouraïs. Le troisième étage, qui possède très peu d’ouvertures et n’est pas visible de l’extérieur, est un étage secret. Franchement, super visite d’un château authentique non reconstruit.
Ensuite direction le musée d’art contemporain mettant à l’honneur Yayoi Kusama. Souffrant très tôt d’hallucinations et de dépression, elle a utilisé l’art comme moyen d’expression, dès son plus jeune âge. Elle partira exposer à New-York pendant de nombreuses années et reviendra à Matsumoto, sa ville natale, pour sa retraite. Nous n’avons eu le droit de prendre en photo que son iconique citrouille. Le reste de ses œuvres sont souvent des effets de lumière avec miroirs, des formes tordues hyper colorées et joyeuses, malgré ses pulsions suicidaires.
Nous sautons dans le train express de 16h. Une heure de trajet seulement cette fois-ci. Retour à l’hôtel où nous récupérons nos bagages stockés dans des free lockers. Retour à la gare avec les valises et achat des billets pour Kanazawa. Beaucoup de transport aujourd’hui mais dans des trains efficaces, en vrai. Céline m’avait dit que Kanazawa était une petite ville de samouraïs, je m’attendais à la même taille qu’à Kusatsu Onsen. Tu parles ! En arrivant, c’est une grosse gare de style olympique et des grands buildings, haha.
Il fait déjà nuit, nous marchons vers notre Airbnb à huit minutes à pieds de la gare. Check-in automatique avec plein de codes différents par porte, envoyés via des liens différents. Oh lo lo c’est compliqué ! Mais nous avons pu atteindre notre grand appartement de luxe où nous allons dormir deux nuits.
On lance une machine à laver qui fait aussi sèche linge (4h) et nous partons manger. Nous avions dû nous contenter de grignoter toute la journée à cause de notre emploi du temps très tendu. Aurélien était sur le point de bouffer un être humain, à ce stade.
Nous allons dans un petit restaurant familial que j’avais déjà repéré, Kitchen Hana, à quinze minutes de chez nous. Les rues sont désertes. Nous venons d’un quartier résidentiel et le trajet évite le trafic des rues principales. Du coup, un calme presque angoissant. Nous arrivons au restaurant. Aurélien prie pour qu’on ai des places assises avec chaises et pas une table basse sur des tatamis (manger en tailleur, c’est dur pour un européen ). Miracle, nous avons une place au bar, face à la cuisine ouverte, où une petite mamie qui ouvre à peine les yeux fait la cuisine et donne des instructions à une ou deux personnes pour le dressage, avec une voix de petite fille ultra douce (bizarrement ça me fait penser à la BD Les tigresses blanches). Nous mangeons du poulet tonkatsu dans un menu avec riz, soupe miso, et petits légumes. Comme à mon habitude, je pose des questions par rapport à mes allergies car, si la soupe miso des restaurants français est toujours faite à base de légumes et d’algues (donc sans vraiment de goût), au Japon, en fonction des restaurants, la soupe miso contient toujours du poisson (ça ok) mais aussi souvent des crevettes
, du crabe
, etc. Donc toujours demander, quand on est allergique, haha. Là ce soir c’était poisson et légumes. À côté de nous au bar, une petite japonaise trop chou regarde l’animé One Piece sur son smartphone, d’abord en attendant son plat, puis en mangeant. Plus loin, un mec regarde aussi un truc sur son téléphone en mangeant super vite. Sur les tatamis, un couple de touristes en souffrance a sûrement des fourmis dans les pieds.
Nous rentrons à 19h30 (les japonais mangent tôt et nous sommes calés sur eux). Douche, je revois au lit une partie du film Intouchables et dodo à 21h.






























Attention, si vous traversez le pont suivant sans retenir votre respiration, vous serez définitivement changé en grenouille.


Poussi-poussa.





























Kanazawa
22 nov. 2025
Littéralement « marécage de l’or » en référence à une légende qui veut qu’un paysan du nom de Imohori Togoro ait trouvé de l’or en creusant le sol pour y planter des pommes de terre et des céréales, Kanazawa est la capitale de la préfecture d’Ishikawa (n°17), sur la côte de la mer du Japon, à laquelle appartient la péninsule de Noto (qui forme la baie de Toyama) où de nombreuses jeunes femmes viennent prier le dieu de l’amour et du mariage (péninsule vient du latin paene « presque » et insula « île », rien à avoir avec l’indo-européen pes- de « pénis ») dans le Grand Temple de Keta (Hakui), premier temple shinto de Noto.
Petit réveil tardif (10h) et petit déj’ à la maison, ça fait plaisir (les petits déj’ des hôtels sont beaucoup trop tôt, entre sept et neuf heures). Aurélien peut se faire du bon café. Et le linge est complètement sec dans la machine.
Il fait beau et chaud (il a plu cette nuit) et on est samedi. Nous allons au marché aux poissons de la ville. Nous n’avions pas vraiment pu nous en rendre compte de nuit mais la ville est pleine de cours d’eau et de petits ponts, c’est très mignon. C’est un vrai marché, où l’on vent des crabes, des huîtres, des poissons, des légumes. Contrairement au marché de Tokyo où il n’y avait que des restaurants. Kanazawa est juste à côté de la mer, il est donc normal qu’il y ait autant de produits halieutiques. Nous salivons devant les sushis et les makis minute préparés dans des barquettes mais nous nous retenons pour aller dans un restaurant de sushis réputé, ouvert de 11h30 à 13h30.
Nous arrivons à 11h45 et c’est déjà complet, nous nous inscrivons sur une liste d’attente. Ça va, nous n’attendons que quinze minutes. Nous commandons des sushis, une clear soup pour moi (que des légumes) et une soupe miso pour Aurélien (avec des crevettes). Et bah ! Ils étaient très bons ces sushis, dis donc ! Mais le sushi au thon n’était pas aussi bon que celui que nous avions mangé à Tokyo. Gustativement, le wasabi apporte vraiment quelque chose, en plus de la sauce. Au début du voyage je trouvais ça trop fort mais finalement, en en prenant un tout petit peu c’est vraiment super bon. Il y a très peu de gingembre proposé finalement dans les menus et les plats, mais il y a toujours du wasabi. Après, ce n’est pas grave, nous avons notre réserve de gingembre dans la valise pour se faire des tisanes tous les soirs (la bouffe japonaise peut parfois être très grasse et, pour mon estomac, le gingembre est magique, merci maman). En sortant du restaurant – la serveuse avait un anglais impeccable (c’est sûr elle a fait ses études ailleurs) – nous découvrons une enoooorme file d’attente. Pas sûre que tout le monde pourra manger avant 13h30.
Nous allons au château de Kanazawa, juste à côté. Le château est tout petit et les quartiers n’ont qu’un étage, c’est beaucoup moins beau que le complexe de Matsumoto. Par contre, le parc est superbe. Petite balade, petites bouffées d’air frais… Puis nous nous dirigeons vers le quartier des samouraïs.
Dans une aussi grosse ville, pas super belle, nous pouvons néanmoins tomber sur de très beaux quartiers historiques. Les maisons des samouraïs sont traditionnelles et peuvent se visiter entièrement (je dirais 200 m2 hors jardin). Le sol est tout entier recouvert de tatamis, le jardin japonais est splendide et l’escalier en pierre. Vraiment, superbe maison (pas de rangement par contre, je ne sais pas où ils foutaient tout leur bordel). Nous flânons dans les rues bordées de cours d’eau, puis nous visitons un petit musée du samouraï et une pharmacie japonaise, ainsi que sa maison annexe. Sympathique mais presque tout est écrit en japonais.
Il est 15h40, nous commençons à fatiguer mais il reste le quartier des geishas, au nord de la ville, à visiter la nuit tombée. Nous prenons le bus, direction un café de fluffy pancakes situé dans ce fameux quartier de maisons traditionnelles en bois très mystérieuses. Le café est complet, nous nous rabattons sur un café plus classique, avec pâtisseries japonaises et matcha. Nous n’avons jamais vu deux serveuses aussi stressées mais nous restons là une bonne heure pour profiter de la chaleur en attendant la tombée de la nuit. A 17h, il fait nuit noire et les lumières des maisons donnent un charme fou au quartier. Nous ne croiserons malheureusement pas de geishas mais l’ambiance est pleine de mystère.
Après cette balade, nous cherchons un restaurant, idéalement de poisson, sur le chemin du retour. Nous tombons sur un truc où beaucoup de japonais s’engouffrent. Nous vérifions que c’est non-fumeur et nous nous attablons au bar qui borde la cuisine ouverte. L’un des cuisiniers a les bras complètement brûlés. Je détourne les yeux en permanence car c’est horrible à voir. Aurélien prend un plateau de poisson pantagruélique – voire gargantuesque – avec une partie de la tête d’un thon grillé, plusieurs sashimis (l’un cru et l’autre légèrement saisi), une soupe de poisson, du riz, et des condiments de légumes (aucune idée de ce que c’était précisément). Moi je reste prudente avec du riz, une soupe aux légumes et un tout petit peu de poisson pour être complètement prête pour le marathon gustatif de Kyoto.
Retour à l’appartement après dix-sept mille pas (c’est moins qu’à Tokyo mais c’est quand même pas mal pour une petite ville). Tisane au gingembre, douche et dodo à 22h. Demain matin, on part pour Kyoto, ça va être la plus sportive des visites.
















































Kyoto – musée des samouraïs
23 nov. 2025
Kyoto (« ville capitale ») est une ville de la région du Kansai, au centre de l’île principale de Honshū, dans la préfecture de Kyoto (n°26) dont elle est évidement la capitale. Elle fut de 794 à 1868 la capitale impériale du Japon, sous le nom de Heian-kyō (« capitale de la paix et de la tranquillité »). Elle est aujourd’hui, avec ses palais impériaux et ses milliers de sanctuaires shinto et de temples bouddhistes, le cœur culturel et religieux du Japon. un million et demi d’habitants environ.
Départ matinal de Kanazawa pour Kyoto. Nous quittons tristement notre superbe appartement, certes pour de nouvelles aventures. Le train ne longera pas la mer mais un lac. Arrivés à l’immense gare de Kyoto nous trouvons tant bien que mal la sortie et nous nous dirigeons vers un lavomatique qui garde nos bagages en attendant que les appartements soient prêts.
Nous filons rapidement à notre restaurant réservé (car oui, la plupart des restaurants de Kyoto imposent la réservation à cause de la croissance exponentielle du tourisme dans cette ville). J’avais réservé un restaurant de soba pas cher, recommandé par le guide Michelin, alliant Japon et Italie. Et bah, ça marche du feu de dieu ! Soba, œuf, parmesan 36 mois d’affinage et sauce spéciale. C’est vraiment extra et raffiné. En dessert, petit financier plus français que japonais. On a mangé notre plateau en silence, comme les dix autres invités, en quinze minutes. Efficacité maximale.
Nous partons pour le palais impérial de Kyoto, à dix minutes à pieds. Le palais est fermé au public mais il dispose d’un immense parc, très joli en automne. On y croise des touristes épuisés qui ont besoin de faire une sieste, des petites mamies allant au club de tennis à vélo ou des mamies moins riches qui se baladent avec leurs maris, des touristes asiatiques qui photographient tout ce qui bouge, des familles franco-japonaises fêtant un anniversaire, et nous avançant plus ou moins droit en pleine digestion. J’ai même réussi à me faire piquer par un moustique entre les deux sourcils (glabelle).
Nous quittons le parc pour des rues commerçantes locales, style antiquaires, céramique de luxe, bols à matcha à 60 euros. Un p’tit café pour Aurélien et hop on arrive au musée des samouraïs et des ninjas, pile pour 16h, une heure avant la fermeture. Et bah, ce parcours expliqué d’une heure était génial. Les récits du mec déguisé en ninja étaient archi drôles et précis. Franchement trop trop cool. Nous avions peur que ce soit trop touristique mais en fait pas du tout. Les histoires d’empereur vs Shogun vs Samouraïs étaient sanglantes.
Nous quittons le musée, reposés et joyeux, pour flâner au marché Nishiki (rues couvertes avec plein de boutiques). Nous tentons d’autres Book off à la recherche de la même GameBoy rétro d’Aurélien. Sans succès. Nous terminons notre errance dans le quartier des Geishas, le quartier Gion. Il y a quand même foule de touristes, c’est très oppressant, je trouve. A Kanazawa il y avait aussi des touristes mais beaucoup moins. Là nous voyons des foules de personnes aux feux, dans les rues et sur les sites touristiques cultes. Je n’avais pourtant pas eu cette impression, il y a six ans.
Nous dînons dans le quartier Gion dans une maison traditionnelle spécialisée dans l’anguille (sur réservation bien entendu). La tradition veut que nous devons diviser notre bol de riz en quatre, avec l’anguille par-dessu, afin de déguster de quatre façons différentes : la première simplement (riz + anguille), la deuxième avec en plus des condiments (sorte de poivre, wasabi, herbes), la troisième dans un bouillon (dans un bol à part), et la quatrième de la manière que l’on souhaite. Le goût est assez fort pour moi mais Aurélien adore. Les arêtes de l’anguille se mangent car elles sont vraiment toutes petites.
Fatigués, nous trouvons un bus direct pour regagner notre appartement. C’est petit mais pratique et confort. Gros dodo car demain, réveil à 7h30.


Les montagnes occupent 71% du territoire japonais, les piémonts 4%, les plaines hautes 12% et les plaines basses 13%. Seulement un peu plus de 20% du territoire est habitable.








































Kyoto – château Nijo-jo
24 nov. 2025
Ce matin, réveil difficile mais nécessaire à 7h30 pour éviter les foules. Nous profitons de nos toilettes chauffantes lors du pipi matinal et, vers 8h, nous filons directement à un café ouvert depuis 7h, proposant pour pas cher des breakfasts un peu européens (en vrai ça fait du bien deux brioches japonaises toastées avec salade, bacon et œuf). Nous ressortons vers 8h45. Il y avait déjà une queue de dix personnes à l’accueil… Les gens sont fous.
Nous marchons quinze minutes vers un premier sanctuaire et arrivons pour 9h. Je suis écœurée par la foule, un véritable enfer. En fait il faut venir sans prendre de petit-déjeuner, à l’ouverture de 7h, si l’on veut être tranquille… Et encore c’est pas sûr. Je me rappelle l’avoir fait, il y a six ans, l’après-midi et bah il y avait aussi foule, c’est dingue. Nous n’y passons qu’un quart d’heure, le temps de photographier les couleurs de l’automne qui sont tout de même magnifiques. Il y a beaucoup plus de touristes non asiatiques et chinois que dans les alpes japonaises (les onsen) et franchement aucun respect : ça parle fort, ça se bouscule, c’est dommage.
Nous filons vers le deuxième sanctuaires de Tori. Pour le coup je l’avais fait avec Clémentine mais pas jusqu’au bout et je me rappelle qu’il n’y avait pas grand monde, le matin. Mais bon, avec la foule du premier sanctuaire, je n’y croyais pas pour ce deuxième sanctuaire à quinze minutes à pieds. Et bah il n’y avait personne sur le chemin reliant les deux points touristiques, trop bizarre. Soit les gens y allaient en métro, soit en car, soit en taxi privé, c’est pas possible. Ces quinze minutes étaient en fait les meilleures, dans ce quartier résidentiel de riches (on doit se le dire) avec ses belles maisons traditionnelles et ses rues ultra propres.
À peine arrivés au deuxième point touristique, nous tombons sur un magma humain qui se dirige vers le chemin des Toris… Il est 9h30. Nous gravirons toutes les marches de ce parcours de deux heures et demi (hors pauses). La foule disparait progressivement au fur et à mesure que nous montons. C’était assez sportif, surtout pour moi… Aurélien m’a annoncé qu’il ne s’agissait que d’un dénivelé de 200 mètres et que j’avais vraiment aucun cardio. Il est vrai que j’ai dû me reposer plusieurs fois mais, lentement mais sûrement, j’ai atteint le sommet et j’en suis fière. Malgré la fatigue, c’était très agréable, vers la fin, d’être quasiment seuls sur le chemin, au milieu de la nature. En redescendant, nous rejoignons le magma qui commençait à monter pour 12h. Aurélien pensait que maybe à l’heure du déj’, il y aurait moins de monde. Que nenni, c’est de pire en pire.
Direction la bouffe pour un déjeuner traditionnel de plus d’une heure, réservé of course. On s’est pété le bide. C’était vraiment super bon. Une vieille dame en tenue traditionnelle nous ressert et nous demande de manger, avant même d’avoir tout mangé. Au bout d’un moment j’ai dit stop. Il y avait beaucoup de plats qui se suivaient. Aurélien a dû manger certains de mes trucs que je n’aimais pas. Mais dans l’ensemble, superbe expérience.
Après 1h30, Aurélien prend un café à emporter (café en provenance du Yunnan de Chine, grande découverte), et nous sillonnons un quartier de petites boutiques traditionnelles, restaus cachés, boutique gaming, et habitations. Au bout d’un moment, nous sortons du carré central et tombons sur de très grandes voies délimitant bien le quartier central « intéressant » des autres quartiers plus populaires. Après avoir découvert cet autre aspect, nous prenons le bus pour remonter ce carré sur une autre voie et vite aller au château Nijo-jo, lieu emblématique du Shogun (genre bras droit de l’empereur et maître des armées), une heure avant sa fermeture.
En descendant du bus, les guichets et guides/surveillants nous pressent comme pas permis pour payer notre visite et se dépêcher d’aller visiter la résidence. Aurélien et moi sommes un peu abasourdis car tout le monde nous crie dessus (sur nous et les autres touristes) pour qu’on courre vers la résidence qui va fermer. Aurélien est exaspéré (« on se calme !!!! »). Nous comprenons ensuite que la résidence ferme ses portes à 16h04 et il est 16h02. Ok ok, on enlève nos chaussures et on entre dans la résidence avant que les portes se ferment au public. Pfiou. Maintenant, nous avons tout le temps que l’on veut jusqu’à 17h. Nous parcourons ces lieux magnifiques aux décors dorés somptueux sous un fond de couinement très très chelou, comme si la maison était possédée par des esprits couineurs. Je ne me rappelais pas de tels bruits lorsque j’étais venue, il y a six ans. Une explication écrite nous fait réaliser qu’il s’agit du bois sur lequel nous marchons (planchers rossignols), utilisés notamment pour repérer les ninjas ou intrus ! Franchement, je ne pourrais pas dormir ici, c’est trop bizarre ce bruit permanent. Aurélien est comme un gosse et s’amuse à déceler ses propres couinements sous ses pieds pendant toute la visite. Je finis par le faire aussi, vraiment, deux ans d’âge mental. Nous visitons les jardins sous coucher de soleil. L’ambiance est calme et les derniers touristes sont respectueux mais, à 16h55, les gardes viennent nous chercher et nous indiquent le chemin car à 17h ça ferme. Et là, pas la peine d’essayer de prendre un petit pont et de gruger, le garde te rattrape. À 17h, nous étions dehors et Aurélien ne voulait plus marcher. Il faisait presque nuit et la réservation du restaurant était pour 18h30.
Nous nous dirigeons donc tout naturellement vers un salon de thé bien rigolo qui est sur ma liste, à quinze minutes à pieds. Ce salon de thé niché dans une vieille bâtisse est connue pour ses friandises molles enveloppant des vraies fleurs comestibles. Nous y passons quarante minutes, au chaud, un peu morts. Une activité rigolote et locale sans réservation.
Il est 18h05, il est temps d’aller au restaurant de tonkatsu réservé pour 18h30. Nous n’avons pas faim mais bon, c’était réservé. Nous marchons vingt minutes dans une rue qui, j’ai l’impression, est réservée aux expats car il y a beaucoup de marques de luxe, françaises et internationales. Très sympathique. Il y a aussi beaucoup d’hôtels confidentiels chics. Nous traversons le market et atteignons la rive, à la limite de Gion. Réservation, bim, nous pouvons doubler tout le monde (au moins dix noms en liste d’attente) et sommes placés face à la rive derrière une fenêtre quadrillée. Tonkatsu à cuire sur la pierre, devant nous. Moi je n’ai pas très faim, après tout ce qu’on a avalé aujourd’hui. Pareil pour Aurélien mais il veut faire honneur à la cuisine japonaise donc il finira son assiette. C’est quand même très gras cette histoire, l’odeur même du restaurant enfumée deviendra écœurante. Je ne peux plus traverser un restaurant qui fait de la friture sans avoir envie de vomir. Pareil pour Aurélien. Ce sentiment n’était pas non plus présent il y a six ans. Maintenant, il y a beaucoup d’odeurs de fritures dans les rues et nous sommes obligés de nous laver les cheveux tous les soirs.
Nous rentrons après avoir bien bien marché. Demain 7h30 again.






































Kyoto – le temple d’argent
25 nov. 2025
Réveil difficile à 7h30. Petit-déj’ rapide à la maison pour visiter autour de notre magasin de kimono rental. Il pleut, on n’est pas très serein car la pluie devrait durer jusqu’à 13h. Nous prenons des parapluies transparents en libre-service mis à disposition par l’immeuble et go bus pendant 15 minutes. L’heure matinale et la pluie ne semblent pas freiner les touristes…Et encore je sais qu’il y en a moins que d’habitude mêle si les rues sont bouchées de chez bouché. La preuve nous n’avons pas le temps de visiter le complexe de temples comme prévu, mais uniquement les rues commerçantes, autour, ainsi qu’un temple un peu reculé, avec un immense bouddha qui pleure à cause de la pluie. La dame de la caisse nous a donné deux bâtons d’encens à déposer aux pieds du Bouddha.
Après notre petite balade matinale, nous entrons dans la fameuse boutique de kimono rental. Nous sommes considérés comme des clients de grande taille, le choix du kimono est un petit peu plus restreint mais ça reste la caverne d’Ali Baba. J’opte pour une robe rose à motifs traditionnelle et Aurélien pour un bleu foncé. Le choix de la ceinture est difficile mais je choisi bleue marine pour faire un rappel avec Aurélien et faire ressortir la robe.
Et hop, direction l’étage pour se changer en se faisant habiller par madame. Elle nous donne des leggings et des sortes de robes blanches en tissu à mettre par-dessus nos t-shirts. Puis elle habille Aurélien pendant que je me fais coiffer par la photographe. L’habilleuse trouve Aurélien trop maigre au niveau du ventre et le rembourre avec une serviette pliée sous son kimono pour créer un peu d’épaisseur (dans le temps, il était bien vu d’avoir un petit bidon).
Après avoir terminé mon magnifique chignon tressé, l’habilleuse me recouvre de plein de mini couches : des mini serviette au niveau de la ceinture, et des élastiques serrant assez fort (c’est pour ça qu’ils demandaient si la cliente était enceinte). Une fois le kimono passé, elle met la ceinture, par-dessus, puis fait un nœud dans mon dos en ajoutant le mini fil rouge qui maintient le tout (que j’ai pu choisir aussi).
Le choix du sac est important (elle avait vraiment trop de sacs : traditionnels, modernes, flashys, discrets), puis vient le choix de la décoration de la coiffure, sur le côté (un peigne et une fausse fleur rose foncée). Elle nous prête des chaussettes neuves et des tongs d’époque et c’est parti pour le shooting photo (comme il pleuvait légèrement nous avons pu bénéficier des ombrelles d’époque).
Nous informons la photographe que, pour ces 30 minutes de shooting, nous ne voulons surtout pas aller au temple bondé , nous préférons privilégier des endroits à l’écart, pas trop loin du magasin, et selon les envies de la photographe. Le shooting se passe super bien, elle est vraiment super forte pour trouver des spots d’automne sympa. Elle donne des indications bien claires et semble super contente et attendrie vers la fin du shooting. À un moment il y a des rayons de soleil et moins de pluie, c’est super sympa et efficace.
Nous recevront toutes les photos dans six semaines mais elle nous envoie quelques photos non retouchées en preview. Aurélien était à fond et a adoré contre tout attente. Nous pouvons garder les costumes jusqu’à 17h mais la petite oie touriste me rappelle à l’ordre et nous la suivons donc jusqu’au magasin pour tout restituer.
Il est 11h30, nous filons au complexe Kiyomizudera que je connais déjà (c’est mon temple préféré), temple de l’amour et de la fertilité. Il y a beaucoup de monde mais on s’y attendait. La pluie a presque cessé. Les couleurs sont toujours aussi magnifiques et la balade dans les jardins très sympa. Aurélien commence à être affamé. Il est 13h. Nous craquons pour le bistrot du Hyatt Hotel de la rue commerçante car il propose des burgers. J’avoue que ça fait saliver. Les burgers sont vraiment excellent avec leurs frites maison.
Allez, il est temps de repartir, on est déjà en retard sur le programme ! Nous prenons un chemin peu touristique et remontons vers le nord, destination le temple d’argent (mais avec plein de petites étapes). Nous passons d’abord par le parc Maruyama (bel étang mais trop d’odeur de friture en provenance des stands d’à côté). Nous continuons avec les temples Chion-in et Shoren-in, pas du tout touristiques, avec une très belle lumière. A partir de maintenant il ne pleuvra plus de la journée. Ces temples sont très en hauteur, en pleine digestion, ça fait pas mal de marches à gravir pour y arriver.
Ensuite, nous speedons en direction d’un énorme complexe de temples, cette fois touristiques, mais que je n’avais jamais vus. Nous croisons un chien en kimono. La nature est très présente au fur et à mesure qu’on s’approche du fond de cette mini cité de temples, c’est très beau. En particulier ce pont suspendu recouvert de mousse. Nous restons sous le charme, jusqu’au temple le plus reculé, caché à l’entrée de la forêt.
Aurélien demande que je lui fasse grâce de la suite mais ce n’est pas possible. Il est 15h40 et le prochain spot est un superbe jardin où l’on ne peut plus entrer après 16h. Il veut me buter mais il tient la cadence jusqu’au temple Eikando, connu pour son jardin aux 1000 passerelles (super bien fait). Aurélien reconnaît que c’est beau mais je sens que sa fin est proche. Du coup, je change de tactique (il reste le chemin de la philosophie et le temple d’argent qui ferme à 17h) : je suis douce, compréhensive, nous prenons notre temps dans ce complexe, au chaud, pour récupérer. Nous nous asseyons même, preuve de mon amour infini.
Il est 16h20, je lui propose d’emprunter le chemin de la philosophie en disant que c’est le dernier truc et qu’il n’y a plus de pression, ni quoique ce soit. Douce balade, il y a peu de monde sur le chemin car on c’est la fin de la journée touristique (les attractions ferment en général à 17h). Il est 16h40 et il y a encore une chance d’atteindre le temple d’argent en 5 minutes, avant sa fermeture. Aurélien ne comprend pas et croit que c’est un restau de pancakes, ou quelque chose comme ça, qui nous attend. Non non c’est bien une dernière attraction !
Il découvre avec horreur qu’il s’agit encore d’un temple mais accepte la visite car je ne l’ai pas pressé pendant le trajet. Et bah finalement, c’est son jardin préféré. On ne voit pas l’argent sur les toits du palais qui sont presque tout noirs (peut-être un vol de grues cendrées s’est-il un jour posé sur ce toit) mais le décor est magnifique. Il y a quelques jardins zen et surtout des plantes taillées exactement comme elles doivent l’être, dressées sur un tapis de mousse impeccable.
Aurélien est persuadé qu’il s’agit d’un jardin artificiel en particulier à cause de cette mousse parfaite. De plus, le contraste est trop grand, entre la forêt et les arbres qui bordent le jardin, en particulier au niveau du sol et des racines. Mais c’est quand même super beau, le parcours nous fait prendre de la hauteur. On sent que le travail d’entretien de tout ce jardin est colossal. Petit bonus, il n’y a presque personne à 17h (la dernière entrée est comme indiqué à 17h et le jardin ferme à 17h20) ; en journée, c’est noir de monde avec un gros embouteillage en prime dans les escaliers (donc bon bail mais si la lumière baisse très très vite).
Il fait nuit quand nous quittons le palais d’argent, cette fameuse dernière étape (22 500 pas). Il ne reste plus qu’à manger une crêpe japonaise pour fêter notre victoire, avant de rentrer (cette étape bouffe est en réalité ma dernière étape du programme). Et bien, quelle déception ! J’ai pris la crêpe d’automne. C’est à n’y rien comprendre. La pâte à crêpe est fade, la crème brûlée au-dessus est cool mais la glace en-dessous est en bloc. En continuant de manger, quelle n’est pas ma surprise quand je tombe sur un cracker type chips salée !!! Puis de nouveau, lorsque je tombe sur une patate douce !!! Que je recrache. Là c’est trop. Je checke la suite avec une cuillère et retombe sur un cracker. Cette fois-ci c’est mort, je jette discrètement la crêpe à la poubelle. En plus, sur la table, ils proposent une boisson gratuite si l’on met un avis positif sur Google ! Bon, c’est un échec mais on aura testé.
Nous rentrons en bus et métro, complètement vidés. On passe au Lawson faire des courses pour réchauffer un plat vite fait à la maison car Aurélien ne veut plus bouger de la soirée à partir de 18h30. Nous nous détendons en mangeant nos nouilles, heureux de n’avoir plus rien faire. Jusqu’à demain pour le dernier marathon ! Après, à Osaka, ça sera plus chill, c’est promis !












































Kyoto – Kinkaku-ji
26 nov. 2025
Réveil difficile et décalage de réveil. C’est la dernière grosse journée à Kyoto. Nous prenons rapidement notre petit-déjeuner à base de compote de pommes et de grosses tranches de pain de mie japonais grillées.
Direction Arashiyama au nord ouest de la ville, ma zone préférée. La nature y est beaucoup plus importante avec les grands parcs qui bordent la Katsura River et les maisons traditionnelles.
Nous n’échappons pas aux boutiques touristiques, toutes trop mignonnes, et allons de temple en temple, de parc en parc en suivant le chemin traditionnel du nord.
Les couleurs sont splendides. Plus nous approchons du nord, plus les touristes se font rares. Nous empruntons de nombreux chemins et croisons le regard amusé de plein de petites statuettes, devant les maisons traditionnelles, des « Tanuki », à l’apparence de renards rieurs, avec de gros testicules pendants, symboles de chance et de richesse. J’avais déjà fait ce quartier mais très rapidement, il y a six ans. Je n’avais pas pu prendre le temps d’explorer ni de flâner dans cette zone si belle.
Nous déjeunons dans un restaurant de soba au sarrazin, froids et pimentés pour Aurélien, chauds et végétariens pour moi. C’était super bon. L’attente à l’extérieur aura duré plus longtemps que notre repas (trente minutes vs. quinze). Petit mochi acheté dehors, en guise de dessert, avant de reprendre notre route.
Une fois la zone complètement explorée, nous faisons demi-tour pour prendre un bus (les bus sont toujours ultra bondés) vers le temple le plus connu de Kyoto, le pavillon d’or Kinkaku-ji45. Il n’y a pas à dire, ça reste toujours aussi magnifique, même lors d’une deuxième visite. L’atmosphère qu’il dégage est moins mystérieuse que celle de son petit frère, le temple d’argent, visité hier, et le jardin est moins beau. Mais le pavillon à lui seul est extraordinairement beau et élégant. Une heure avant la fermeture, des nuées de touristes et des classes de lycéens se précipitent encore dans le parc.
Il est bientôt 17h, nous avons la flemme de rentrer à la maison pour nous faire beaux, pour ce soir. Nous filons au restaurant de sushis que j’avais repéré sur internet (quarante minutes de bus tout de même…). Nous n’avions pas encore fait de dégustation de sushis de chef. Le restaurant est dans un hôtel et nous serons quatre pour la dégustation. Le couple à côté de nous, au bar, est un couple américain. La femme asiatique ne parlait pas japonais, elle était super belle et avait un diamant énorme au doigt, un peu trop m’as-tu vue (elle portait aussi de faux ongles).
Le chef est jeune et costaud. Je lui donne ma liste d’allergies ; il prendra bien soin de changer de gants le moment venu. J’aurai droit à mes propres sushis quand les autres auront des sushis aux crevettes ou aux calamars.
Dans chaque sushi il met une pointe de wasabi et une sauce soja particulière, au pinceau, et parfois une petite goutte de citron. Le riz du sushi était vraiment excellent. Le wasabi était fort mais nécessaire pour relever le tout. Et chaque poisson était ouf. On avait aussi une coupelle de gingembre mariné ultra frais pour nous nettoyer le palais. Franchement superbe expérience. À la fin du dessert on nous sert une soupe miso au poisson et une mini glace Häagen-Dazs. Marrant mais ça fait du bien au palais.
Après une heure de repas et quinze sushis par personne (c’était finalement beaucoup mais pile poil la limite de ce que je pouvais avaler), nous terminons la soirée dans un bar à cocktails (sans alcool pour moi). Franchement pas très bons, nous partons rapidement.
Nous allons au bar que j’avais failli tester seule, il y a six ans, parce que les deux filles avec lesquelles je me trouvais à l’époque voulaient rentrer à l’hôtel. J’avais renoncé, par timidité, après avoir hésité à y entrer seule. C’est bizarre mais nous ne pouvons pas y entrer seulement pour prendre un verre, il faut réserver et prendre un menu dégustation de cocktails, avec bouffe incluse, pour super cher. Nous n’avons plus faim et, de toutes façons, c’est complet jusqu’à début décembre. Grosse déception.
Nous rentrons à 21h, après 27 000 pas. Ça y est, è finito Kyoto . Demain on rend les clés et on part pour Osaka, apparemment la ville favorite des étrangers. Les gens y seraient plus sympas et plus ouverts.




































































Osaka
27 nov. 2025
xxx























































Osaka – le château
28 nov. 2025
xxx


































NOTES
- ramen : variété de nouilles que l’on plonge dans un bouillon à base de viande ou de poisson aromatisé à la sauce soja ou miso ; plat ainsi réalisé. Les nouilles ramen sont composées de farine de blé, d’eau et de sel. On utilise aussi souvent de l’eau provenant du lac Kan, connue sous le nom de kansui, ou sa version artificielle, dont la teneur en sel donne aux nouilles leur couleur jaune typique. Une alternative consiste à utiliser des jaunes d’œufs. ↩︎
- Deaflympics : en anglais, deaf signifit sourd. ↩︎
- FamilyMart : entreprise de distribution japonaise franchisée qui a ouvert en 1981. ↩︎
- ATM (Automated Teller Machine) : distributeur automatique de billets. En français, Guichet automatique bancaire (GAB). ↩︎
- Seven-Eleven (sept-onze) : magasin de proximité ouvert de 7 à 23 heures. ↩︎
- miso : le bouillon au miso est à base de miso (pâte de soja fermenté) et de dashi (bouillon de base de la cuisine japonaise), auquel on rajoute d’autres ingrédients (légumes, tofu, algues, viande ou fruits de mer). Il est, avec le riz, l’un des plats de base japonais. ↩︎
- onigiri : boulette de riz, généralement enveloppée d’une algue nori. On trouve l’onigiri principalement sous quatre formes : en triangle, sankakukei (la plus répandue) ; en boule, bōrukei ; en tambour, taikokei (en forme de galette) ; en botte de paille, tawarakei (rectangulaire et allongé). ↩︎
- Kawaii ou kawaï (« mignon ») : trop mignon. Kawaii peut être utilisé envers des animaux, des personnes (personnalité, innocence, traits physiques, comportements infantiles des personnes âgées), des bébés, des objets (choses petites et rondes), des paysages, des situations, et même des idées. ↩︎
- Pikachu : petit Pokémon joufflu qui ressemble à un rongeur, au corps recouvert d’un pelage jaune avec deux bandes horizontales brunes dans le dos. Il a une petite bouche, de longues oreilles pointues aux extrémités noires et des yeux noir et blanc. Il a sur chacune de ses joues un marquage rouge qui est en réalité une poche contenant de l’électricité. Il a cinq petits doigts au bout de chacun de ses membres antérieurs, tandis que ses pattes postérieures ont trois petits orteils. Il a de la fourrure brune à la base de sa queue en forme d’éclair. Bien que catégorisé comme quadrupède, il est capable de se tenir et de se déplacer sur ses pattes postérieures. Toutefois, il n’est pas considéré comme un animal car il ne se compte pas comme un lapin.
Remarque : au Japon les néologismes sont déguisés en Japonais. Par exemple, Pokemon vient de Pocket monster (monstre de poche, en anglais) ; Sabotteru, qui signifie sécher les cours, vient du Français saboter ; etc. ↩︎ - Totoro : Mon voisin Totoro (Japon 1988) est un film d’animation japonais réalisé par Hayao Miyazaki et produit par le Studio Ghibli. ↩︎
- okonomiyaki (okonomi, ce que vous aimez/voulez ; et yaki, grillé) : plat japonais composé d’une pâte qui enrobe un nombre d’ingrédients très variables, découpés en petits morceaux, le tout cuit sur une plaque chauffante. ↩︎
- Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki, produit par le studio Ghibli (2001). Les parents de Chihiro furent transformés en porcs pour symboliser l’importante récession qui a frappé l’archipel dans les années 80, notamment en raison de la cupidité de certains acteurs économiques. Les parents de Chihiro représentent, en vertu de leur âge, cette période difficile de l’histoire nippone. Ils se goinfrent comme des porcs, sans partage. Le processus est voulu irréversible, comme pour insister sur l’aspect définitif des conséquences de l’avidité des hommes. L’évènement va laisser la nouvelle génération (celle de Chihiro) vouée à elle même face au crash économique dont le Japon ne s’est toujours pas totalement remis ! ↩︎
- gyoza : ravioli japonais à base de pâte de blé enveloppant une farce au porc et aux légumes. ↩︎
- sashimi (« corps taillé ») : l’un des mets les plus populaires de la gastronomie japonaise. À l’inverse des sushis et des makis, les sashimis ne contiennent pas de riz, uniquement une tranche de poisson cru extrêmement frais et coupé finement. ↩︎
- melon pan : malgré son nom, cette brioche n’est pas au goût de melon même si de nos jours certains boulangers japonais rajoutent un léger goût de melon dans leur recette. Vous en trouverez : au sucre, au chocolat, au thé vert matcha, à la vanille, à l’ananas, au sirop d’érable, à la patate douce… ↩︎
- mochis : dessert d’origine japonaise qui utilise une pâte d’anko, c’est-à-dire d’haricots rouges, pour former une cœur fondant enrobé dans une pâte de riz gluant. ↩︎
- tsumasaki sokkusu : chaussettes à orteils. ↩︎
- Au Japon ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (2012), Elena Janvier. ↩︎
- zentai : combinaison moulante intégrale portée comme une seconde peau. Décomplexés, les adeptes se promènent désormais dans les rues de Tokyo. ↩︎
- fluffy pancake : les fluffy pancakes japonais sont ultra-moelleux et légers grâce aux blancs d’œufs montés en neige. En anglais, fluffy signifie duveteux. ↩︎
- matcha : poudre très fine de thé vert moulu entre deux meules en pierre. ↩︎
- Akihabara est connu pour être le centre de la culture otaku (« celui qui s’abrite chez lui ») et constitue un important quartier commerçant spécialisé dans les jeux vidéo, les animés, les mangas, l’électronique et les produits informatiques. ↩︎
- arcades (Wikipédia) : un jeu d’arcade est une machine de divertissement, le plus souvent munie d’un monnayeur, qui peut être mise à disposition du public au sein d’établissements tels que salles d’arcade, salles de jeux, bars, restaurants, cinémas, centres commerciaux, parc d’attractions, centres de divertissement. L’origine du nom provient des lieux publics où des jeux étaient souvent installés sous les arcades afin de rentabiliser l’espace. Les principaux jeux d’arcade sont les jeux vidéo d’arcade, les flippers, les machines attrape-peluche et les jeux de rachats. ↩︎
- wagyu (« bœuf japonais ») : fait référence à plusieurs races de bétail japonais, dont celle élevée pour être transformée en viande de bœuf de Kobe. ↩︎
- L’Age de Glace (2002) : Diego. ↩︎
- teriyaki : un mets teriyaki est une viande, un substitut (tofu, seitan, etc.), un poisson ou des crustacés grillés ou rôtis dans une sauce soja sucrée au mirin. Le résultat est une viande ou un poisson laqué. Au Japon, on trouve cette sauce prête à l’emploi dans la plupart des grandes surfaces. On peut la préparer soi-même en mélangeant les trois piliers de la cuisine traditionnelle japonaise : le saké, le mirin et la sauce soja. On peut aussi ajouter de la fécule de maïs ou de pomme de terre pour la rendre plus épaisse. Le mirin (« sapide anti-astringent ») est une sorte de saké sucré, utilisé exclusivement comme assaisonnement en cuisines japonaise et coréenne. ↩︎
- izakaya (rester-alcool-toit) : taverne japonaise. ↩︎
- maki : le makizushi (« sushi en rouleau »), parfois appelé makimono (« chose roulée »), souvent appelé maki en Europe, est une spécialité culinaire japonaise se présentant sous la forme d’un rouleau d’algue nori séchée entourant du riz blanc mélangé à du vinaigre de riz sucré, et farci par divers aliments (poisson cru, plantes…) ↩︎
- Alpes japonaises : massif montagneux qui partage l’île de Honshū, l’île principale du Japon, en deux parties égales. Elles comprennent les monts Hida, Kiso et Akaishi. Le mont Hotaka culmine à 3 190 m et le mont Kita à 3 193 m. ↩︎
- onsen (« source chaude ») (prononcé « on’yomi« ) : bain thermal japonais, généralement commun, intérieur ou extérieur, dont l’eau chaude est issue d’une source volcanique aux vertus parfois thérapeutiques. La nudité est de rigueur. Le terme désigne à la fois la source, les bains et la station thermale. ↩︎
- soba : sarasin. Les soba sont des nouilles traditionnelles de cuisine japonaise, fraîches ou sèches, à base de farine de sarrasin et d’eau, ainsi que le nom donné aux mets japonais qui les utilisent (tempura-soba, etc.). Avec les udons et les rāmen, elles sont les pâtes les plus consommées au Japon. ↩︎
- tonkatsu : plat japonais à base de porc pané et frit (ton signifie porc, et katsu est l’abréviation de l’anglais cutlet, provenant du français côtelette). Il est accompagné de sauce Worcestershire, de chou émincé et de karashi. On le sert souvent avec du riz et de la soupe miso. Le karashi est une moutarde utilisée comme condiment ou assaisonnement, principalement dans les cuisines japonaise et coréenne. ↩︎
- ryokan : auberge japonaise traditionnelle qui est l’illustration de l’omotenashi, l’art de l’hospitalité à la japonaise. Ce type d’hébergement aurait vu le jour au Japon au VIIIe siècle. C’est peut-être le plus ancien type d’hôtel au monde. ↩︎
- tatami : la taille standard d’un tatami est de trois shaku pour le côté court et six shaku pour le côté long. Un shaku équivalant à environ 30 centimètres, la taille de base d’un tatami est d’environ 90 par 180 centimètres, bien que la taille puisse légèrement varier selon les régions. Un tatami vaut donc 1,62 m2. Un appartement de 50 tatamis fait 81 m2. ↩︎
- Lawson : entreprise de distribution basée au Japon, spécialisée dans la distribution via des supérettes (konbini). ↩︎
- pomme : la préfecture de Nagano est le deuxième plus grand producteur de pommes du Japon. L’espérance de vie moyenne des femmes de la préfecture de Nagano est la plus élevée du Japon. Les mercaticiens attribuent cela aux effets bénéfiques des pommes de Nagano. Des pommes de cinq ou six cents grammes sont courantes (150 grammes en France). Curieusement, les femmes de Nagano ne souffrent pas d’obésité. ↩︎
- Bookoff & hardoff : le groupe Book Off comprend une gamme de marques sœurs, notamment : Hard Off, vente de produits électroniques et de matériel informatique ; Off House, vente d’articles ménagers ; Hobby Off, vente de produits liés aux loisirs ; etc. Un peu comme la fnac semble-t-il : on commence par les livres puis l’on se diversifie. ↩︎
- Ça balance pas mal à Paris, ça balance pas mal : France Gall et Michel Berger en 1994. ↩︎
- Jeu de mots avec décoration (déco) et décoffrage. ↩︎
- Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson : Brigitte Bardot et Gainsbourg en 1968. ↩︎
- Le Mépris de Jean-Luc Godard (1963) :
Et mes cuisses?
Aussi.
Tu vois mon derrière dans la glace ?
Oui.
Tu les trouves jolies, mes fesses ?
Oui. Très.
Tu veux que je me mette a genoux ?
Non. Ça va.
Et mes seins, tu les aimes ?
Oui. Enormément.
Doucement, pas si fort.
Pardon.
Qu’est-ce que tu préfères ? Mes seins ou la pointe de mes seins ?
Je sais pas. ↩︎ - Le Château de l’araignée : film de Akira Kurosawa (1957). Il s’agit d’une transposition libre de Macbeth de Shakespeare, dans le Japon médiéval du XVIe siècle. Le titre original japonais, qui signifie littéralement « Le château de la toile d’araignée », fait référence à la forêt dense et brumeuse qui entoure le château, symbole du piège dans lequel les protagonistes se trouvent enfermés. Ici, jeu de mots avec l’araignée de mer (crustacé). ↩︎
- Boules de geisha : boules de 2 à 3,5 cm de diamètre, souvent en jade, utilisées dans des pratiques du tao et du tantrisme pour activer et maîtriser les muscles du périnée. La pratique traditionnelle enseigne l’utilisation d’une seule boule, sans fil. Deux types de boules de geisha existent : soit à des fins thérapeutique de rééducation et musculation périnéale, soit à des fins récréatives (sex-toy). ↩︎
- Lady Snowblood (« princesse neige-carnage ») : guerrière japonaise qui a inspiré Tarantino pour Kill Bill (2003). Manga de Kazuo Koike (scénario) et Kazuo Kamimura (dessins), pré-publié entre 1972 et 1973. ↩︎
- Kinkaku-ji (« temple du Pavillon d’or ») : nom usuel du Rokuon-ji (« temple impérial du jardin des cerfs ») situé à Kyōto au Japon. ↩︎






























