Le chat et la princesse


SOMMAIRE

Le Chat et la Princesse (conte)

Enregistrements à destination des malvoyants

Episode n° 1 :

Episode n° 2 :

Episode n° 3 :

Episode n° 4 :

L’enfance de la Princesse

Je suis enceinte et je crains le pire. J’ai peur que le mal soit en moi.

Le crissement rêche de la plume sur le vélin1, trace un chemin vers cet avenir que je redoute. Je consacre un peu de mon temps à regarder cette fille que j’ai l’impression de rencontrer pour la première fois. Suis-je encore cette fille ? Le fait d’écrire mon histoire la rapproche-t-elle ou l’éloigne-t-elle de moi ? Une curieuse synthèse semble s’opérer au fond de moi. Plus que jamais, j’occulte le présent dont je m’exile pour des limbes sans chaleur qui me préservent cependant de la folie qui me guette comme une eau stagnante. J’écris autant pour savoir qui je suis que pour appréhender un possible avenir. Je suis à l’affut d’une logique, même absurde, afin d’accepter ce qu’il va advenir de moi, en bien ou en mal.

Je ne devais pas avoir six ans. Je ne savais pas encore lire et écrire. Je suivais ma nurse comme un jeune chien. Elle n’avait pas pu s’empêcher d’aller fureter du côté de la salle où la reine arrivait au terme d’un accouchement douloureux. Nous nous étions approchées d’une porte de service restée entrebâillée. Les cris poussés par la reine me terrifiaient suffisamment pour m’empêcher de pleurer.

Nous vîmes parfaitement la sage-femme tirer, d’entre les cuisses de la reine, une sorte de lapin écorché qu’elle avait jeté dans une caisse. Le petit corps avait heurté le fond avec un bruit étouffé, soulevant un nuage de poudre blanche. Puis l’accoucheuse avait emballé la tête de la reine avec une sorte de drap qu’elle avait arrosé avec un liquide. Elle l’avait maintenue en place jusqu’à ce que la reine eût arrêté de crier. La nurse avait posé ses mains sur mes yeux et m’avait entrainée dans le couloir jusqu’à la cuisine où elle s’était servi un verre de gnôle2.

J’avais compris depuis longtemps que la reine attendait un enfant. Les servantes ne parlaient que de ça depuis des mois. Instinctivement, j’avais compris que la scène à laquelle je venais d’assister avait à voir avec cela. J’appris plus tard que la reine était morte et que le Roi allait se remarier. C’est ce qui était arrivé à ma mère. On m’avait expliqué qu’elle était morte pour que je vive. Tout cela n’avait pas beaucoup de sens. Il me semblait qu’on se donnait beaucoup de mal pour faire venir au monde des enfants auxquels on menait ensuite la vie dure.

Je compris plus tard l’angoisse que ma nurse avait dû ressentir, après que nous eûmes été témoins de l’assassinat de la reine. Elle devait craindre que je ne racontasse ce que j’avais vu – ce qui nous aurait valu, à l’une comme à l’autre, un châtiment mortel. Elle m’avait expliqué que la sage-femme avait placé un morceau de tissus entre les dents de la reine pour l’aider à supporter la douleur, et qu’elle avait rafraîchit son visage avec de l’eau. Un discours qu’elle m’avait livré davantage pour sa tranquillité que pour la mienne ; et pour que je puisse répondre, le cas échéant, aux questions qui me seraient posées. J’avais hoché la tête pour montrer que j’avais compris. J’avais surtout compris que je ne devais pas contredire ma nurse qui était la seule personne avec laquelle j’avais des relations humaines. Elle aurait pu m’éliminer mais, heureusement, sa vie dépendait de la mienne. Mon décès aurait entraîné le sien quelqu’en fût la cause, maladie, accident, enlèvement, crime… Son rôle était de sacrifier sa vie pour protéger la mienne en toutes circonstances.

Je ne trouvais pas anormal que ma mère fût morte à ma naissance. Je croyais que toutes les mères mouraient à la naissance de leur enfant. Même lorsque la mère ne mourrait pas, ce n’était jamais elle qui s’occupait de l’enfant. Ce n’était jamais elle non plus qui donnait le sein à l’enfant. Les mères étaient invisibles. Il me semblait que les enfants d’une même fratrie avaient tous le même père et des mères différentes. J’avais aussi appris que certains hommes conservaient leurs épouses mortes, accrochées aux murs d’un cabinet secret dans lequel personne n’avait le droit d’entrer. Je n’avais pas envie d’être une mère plus tard, même si je n’y pensais pas encore vraiment.

Parfois, la mère survivait, mais pas l’enfant. C’est ce qui était arrivé plusieurs fois à cette reine, avant qu’elle ne mourût. Ma mère aussi avait eu avant moi plusieurs enfants mort-nés.

Quoi qu’il en soit, vous n’ignorez pas qu’après son mariage, une reine ne dispose rarement de plus de cinq années pour mettre au monde un garçon. Il arrive alors qu’elle survive, et prenne le pouvoir à la mort de son mari, toujours beaucoup plus âgé qu’elle. Il existe des exemples célèbres, mais pas dans notre royaume.

J’avais 12 ans quand la nouvelle reine mourut en couche. Elle fut aussitôt remplacée par une reine qui avait 2 ans de plus que moi. Les circonstances firent que je pu l’approcher lors de la promenade. Elle était très belle et je voulais m’en faire une amie.

En attendant un prince, le Roi s’était résigné à me donner une éducation au cas où le sort se serait acharné sur le royaume et où aucun successeur de sexe masculin ne serait né. Je m’étais avérée particulièrement avide de connaissances. Aucun sujet ne me rebutait et, très tôt, je devais aider mon père dans la rédaction de ses ordonnances.

Je découvris en outre que, passées les deux premières années de mariage, les épouses de mon père avaient recours aux services de Dame Pendeloche3. De nombreux fils de la noblesse venaient chez elle, perdre leur pucelage. Elle organisait à l’occasion des jeux où les participants se rencontraient sans pouvoir se reconnaître. L’identité des femmes était préservée au moyen de box dans lesquels étaient prises leurs tailles. Le service était gratuit pour les femmes. L’établissement se rémunérait exclusivement sur les généreux donateurs qui le fréquentaient.

J’avais mis au fait la jeune reine, de la stérilité du Roi. Je lui avais permis d’augmenter ses chances de concevoir en ayant recours sans attendre, aux services de Dame Pendeloche. C’est ainsi que, l’année de mes quinze ans, après deux enfançonnes mort-nées, un garçon naquit. Je demeurais un excellent parti que le Roi pourrait utiliser à l’occasion, pour conclure quelque alliance. Mais il n’était pas question pour lui de s’embarrasser d’une deuxième fille : les instructions données aux sage-femmes n’étaient entachées d’aucune ambiguïté.

En définitive, je n’avais connu ni ma mère ni celui qui l’avait engrossée, et mon frère et moi n’étions pas du même lit ; mais j’avais su tirer mon épingle du jeu. Le roi m’appréciait et la reine me chérissait. À 16 ans, je jouissais d’une éducation dont peu de filles pouvaient s’enorgueillir, et d’une liberté que peu de garçons ne connaissaient – ma vie n’avait pas suffisamment de valeur pour qu’on se préoccupât de la préserver.

Les prétendants se bousculaient aux portes du château mais le Roi ne voulait pas cramer son unique mèche, avec le premier hobereau4 venu. Et puis, j’avais su me rendre utile.

Le dernier nobliau en date avait montré patte blanche en la personne d’un laquais impertinent à l’accoutrement bizarre – un nain déguisé en chat – qui se présentait régulièrement avec du gibier, de la part de son maître, un certain MARQUIS DE CARABAS. Le roi n’avait jamais entendu parler du Marquis de Carabas et m’avait chargée d’accueillir le laquais. Celui-ci était équipé de bottes rouges et d’un chapeau orné d’une plume d’émeu qu’il avait dû dérober à quelque déjeuner sur l’herbe. Le chapeau était trop grand pour lui. Il le gardait à la main pour donner plus d’ampleur à ses révérences. Je remarquai cependant un détail étrange : sa queue, mobile comme celle d’un chat, ne pendait pas tristement comme celle d’un déguisement.

Sans doute parce qu’il n’avait pas affaire au roi lui-même et surtout parce que j’étais une fille dans les bonnes grâces de laquelle il s’était mis en tête d’entrer, il assortissait ses révérences de salutations distinguées désobligeantes, censées me divertir : « Que tout l’or du ciel auréole le crépion5 de Sa Majesté, le Roi ! » pour accompagner le don de deux perdrix dorées ; « Que l’ambre et le musc fassent chanter la narine de Sa Majesté, le Roi ! » pour enrubanner l’offrande d’une paire de truites puantes ; « Que le ventre des pucelles s’arrondisse aux banquets de Sa Majesté, le Roi ! » pour introduire le présent d’un misérable lapin de garenne encore tout remuant.

De la part du Marquis de Carabas, je transmettais au roi, le gibier dont il était friand – j’avais jeté les truites –, et des salutations plus conformes aux usages. Le drôle n’avait pas l’air de réaliser qu’il pût être pendu pour moins que ça. Mais je dois convenir que j’avais hâte d’entendre la formule qui accompagnerait le prochain présent qu’il ne manquerait pas d’offrir à Sa Majesté le Roi, de la part du MARQUIS DE CARABAS.

Je n’avais pas trouvé de Marquis de Carabas dans nos livres. Les plus lointaines marges6 ne faisait état d’aucun marquisat7 de Carabas. Il ne me restait plus qu’à consulter les contes et les récits des voyageurs. Carabas m’évoquait la fée Carabosse ; les scarabées qui roulent non pas leur bosse mais la boule de merde qui nourrira leur progéniture ; la soldatesque, ces carabinieri qui parcourent à cheval nos campagnes, pour violer les filles et les compagnes ; les cabas des femmes en cueillette ; la tête vide comme une calebasse, du drôle que j’avais baptisé le Chat Botté. Mais nous n’allions pas tarder à faire la connaissance du Marquis de Carabas.

La Princesse amoureuse

Un événement survint, lors d’une sortie en carrosse dans l’arrière-pays, en compagnie de mon père, le Roi. L’arrivée du Prince avait réveillé en lui des velléités de conquête. Il souhaitait explorer les opportunités d’étendre son domaine.

Un étrange personnage, de cuir et de poil, s’était jeté en travers du chemin, agitant un vaste chapeau, en criant : « on a attaqué mon maître, le MARQUIS DE CARABAS, à l’aide ! À l’aide ! »

Aussitôt, la garde du roi avait pointé ses hallebardes sur le trublion8. J’avais immédiatement reconnu le Chat Botté et averti le Roi que le marquis de Carabas était en difficulté. Le roi fit arrêter le carrosse pour écouter la complainte du Chat Botté.

En résumé, le Marquis avait été attaqué, dépouillé de ses précieux vêtements et jeté à poil dans la rivière. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’aperçus, au lieu du barbon9 auquel je m’attendais, un jeune gringalet sans effets10, caché derrière un bouquet de coudriers11. Rassurée, je lâchai le manche de la dague dont je ne me départissais jamais.

Le roi demanda que l’on apportât un costume complet de sa garde-robe, pour habiller le jeune Marquis. Il nous fallut patienter. Je craignais quelque saillie du Chat Botté, mais il sut tenir sa langue devant le Roi. Son déguisement était décidément parfaitement réalisé. Je m’apprêtai à lui demander l’origine de cette fantaisie quand soudain nous vîmes deux cavaliers venir de notre côté, avec les habits attendus.

Le Marquis était un peu au large dans ce costume de la garde-robe royale, mais un fort ceinturon mettait en valeur sa taille fine, quoique je le trouvasse maigrichon et peu apte à manier l’estramaçon12.

Le roi proposa qu’il se joignît à nous et c’est avec une émotion que je ne connaissais pas, que je lui fis une place à côté de moi dans le carrosse, face à Sa Majesté le Roi.

Quant au Chat Botté, il ne fut plus question de lui durant toute la promenade.

Nous traversâmes, à ce qu’il sembla, les terres du Marquis de Carabas. Des paysans nous saluaient en criant « Vive le MARQUIS DE CARABAS, notre seigneur ! » Nous n’étions pas encore devant les portes de la demeure du Marquis, que mon cœur était déjà sorti de ma poitrine et s’élançait comme un faucon, par-dessus les collines et les halliers13. Que m’arrivait-il donc ?

Nous finîmes par faire halte au pied d’un manoir, que dis-je, un manoir ? Un château magnifique ! Une forteresse imprenable ! Le chemin semblait s’arrêter là. Le carrosse s’engagea sur le pont levis comme s’il avait été invité par Ploutos14 en personne.

Le Chat Botté nous accueillit et nous guida jusqu’à une salle de réception impressionnante de goût et d’opulence. Le roi n’avait cessé de s’émouvoir15 de la qualité et de la quantité des biens du Marquis. Il s’empressa de lui proposer ma main, qu’il accepta et que mon cœur ne lui refusa pas. La cérémonie du mariage eut lieu le jour même dans le château du Marquis où un personnel empressé mettait tout en œuvre pour satisfaire nos sens et réjouir notre esprit. Le Marquis disposait de sa propre troupe de danseurs et d’acrobates, d’un orchestre d’une quinzaine de musiciens et d’une ménagerie d’animaux savants les plus divertissants qui soit. J’imaginai alors que le costume du Chat Botté participait de cet univers festif que semblait affectionner le Marquis.

Au petit jour, le carrosse repartit vers le château de mon père et je restai sur le parvis en compagnie du Chat Botté pour faire mes adieux. Le Marquis était souffrant.

Le château

Il fallut remettre la nuit de noce à plus tard. Le Marquis souffrait d’une indigestion. Il avait mangé comme quatre avec un appétit qui n’expliquait pas sa terrible maigreur. Le Chat Botté me confia que son maître était sujet à la mélancolie mais que cela allait changer maintenant qu’il m’avait rencontrée. Le plus galant des château ne vaut pas grand-chose, dépourvu de Princesse, philosopha-t-il pour deux sous qu’il ne reçut pas. Ma présence devait rebattre les cartes du château.

Ma patience fut récompensée. Le Marquis prit plusieurs livres de viande là où il fallait et son humeur s’améliora notablement. La nuit de noce put enfin avoir lieu. Le Marquis n’eut aucun mal à glisser son pénis dans mon vagin. Attendri par les heures de chevauchées à travers la campagne, passées à échapper aux carabinieri, mon hymen n’offrit pas de résistance. Le sperme du Marquis était peu copieux. Je mis ça sur le compte de sa complexion16 chétive et était certaine qu’un régime approprié pourrait faire des miracles. Pour ma part, j’éjaculai un liquide organique abondant et jouis en frottant mon bouton, comme me l’avait enseigné ma nurse.

Nous avions chacun nos appartement et disposions de nos nuits. Nous copulions comme des lions la journée, en même temps que nous explorions le château en riant à tue-tête. Le Marquis semblait découvrir le château en même temps que moi. Il m’expliqua qu’il en avait pris procession récemment, à la mort de son père.

La découverte du château occupait le plus clair de notre temps. Le Chat Botté se chargeait de l’intendance du domaine avec une efficacité qui faisait merveille. Il était le seul bras droit du Marquis qui me semblait incompétent dans à peu près tous les domaines. Il fallut se rendre à l’évidence : l’intelligence du Chat Botté dépassait considérablement celle du Marquis de Carabas. Le Marquis n’en prenait pas ombrage et s’en remettait à lui en toute circonstance. Le Chat Botté apportait son aide précieuse et faisait en sorte que la vie fût douce. Le Marquis appréciait son ingéniosité, ses indéniables qualités d’organisateur et de négociateur, son art du compromis et son optimisme rassurant.

Au fil de nos explorations, nous avions découvert des oubliettes qu’il fallut débarrasser des ossements qui s’étaient accumulés au fil des ans ; puis une serre de plantes carnivores affamées qui n’avaient pas été nourries depuis le changement de propriétaire – les ossements découverts dans les oubliettes tombaient à point –  ; puis des combles habités par des araignées de la taille d’un chat, qu’il fallut rassurer quant au maintien de leurs prérogatives : en échange du gîte, elles se chargeaient d’éradiquer les rongeurs et les insectes xylophages17, entretenaient les gouttières en détruisant les nids dont elle dévoraient le contenu, et fournissaient une soie plus douce et plus résistante que celle qu’on faisait venir de Chine.

Chaque pièce possédait son secret et je me disais naïvement qu’une vie entière ne suffirait pas à découvrir tous ces secrets, à élucider tous les mystères que renfermaient la bâtisse dont il était difficile de se faire une vue d’ensemble, tant les corps s’emboîtaient dans les logis, les logis dans les dépendances, les dépendances dans les caves, les caves dans les cryptes18, les cryptes dans les catacombes19, les catacombes dans les chapelles souterraines, et ainsi de suite à l’avenant, dans un cahot savamment architecturé. Il nous semblait parcourir les entrailles fécondes d’un être minéral aux volumes capricieux, aux esthétiques versatiles, qui s’amusait à superposer des châteaux au château.

Patapon

Une année passa en fêtes et en festins. L’hiver nous trouva tout étourdis, titubants et blêmes. Nous n’avions pas vu le temps courir et pourtant, il était advenu tellement de choses, qu’il nous semblait avoir vécu plusieurs vies durant ces quelques mois passés dans le château. Le Marquis marqua le coup et fut rattrapé par une mélancolie larvée qui faisait de lui, chaque jour qui nous plongeait davantage dans le cœur de l’hivers, un être évanescent qui aimait à se perdre dans la contemplation des flammes de la cheminée, devant laquelle nous le retrouvions prostré le soir. Le Chat Botté organisait de nouvelles fêtes, inventait de nouveaux spectacles, improvisait de nouveaux jeux, racontait de nouvelles histoires. En vain. La torpeur du Marquis semblait nous gagner tous, et le château courbait sur nous ses voûtes que la douceur des âtres jamais ne semblait atteindre. Nous sentions confusément qu’une vie existait dans ces hauteurs, avec ses principes propres et son destin distinct. Il me semblait que, tout en nous assignant à sa complexe structure, le château détissait notre destin commun pour nous conduire sur des chemins parallèles qui jamais ne se recouperaient.

Ces longues soirées d’ennui étaient propices à la méditation et je commençais à me poser des questions que vous vous êtes sans doute déjà posées. Par exemple, par quel prodige, jamais nous ne nous étions aperçus de la présence de cet immense château, à la frontière du domaine royal ? Parfois, il me semblait que ceci n’était qu’un rêve et que j’allais me réveiller dans un jardin du château de mon père, en compagnie de Kiki, mon petit chat, boxant une balle de son ou courant après un papillon de mai jusqu’à un bosquet dans lequel il serait entré pour y découvrir un terrier dans lequel je l’aurais suivie, tombant sans fin dans un puits vertical, plus légère qu’une feuille, pour me poser sur le sol d’un monde merveilleux où les grenouilles et les homards auraient parlé le langage des hommes, ainsi que d’autres animaux, tous pressés de se rendre à une fête organisée par un chat chaussé de bottes écarlates.

Mais chaque fois, je me réveillais sans réponse à mes questions, assise au fond d’un fauteuil trop grand pour moi, en compagnie du Marquis et du Chat Botté qui entretenait la conversation et se levait de temps à autre pour remettre une bûche dans le feu. Puis, quand le Chat Botté avait épuisé tous les sujets de conversation, chacun regagnait ses appartements pour se réfugier dans son lit à baldaquin, sous un édredon lourd comme la panse d’un ogre.

Depuis plusieurs semaines, le Marquis ne me touchait plus et Patapon, le chat de gouttière que j’avais adopté, était mon seul réconfort. Je l’avais prénommé Patapon eu égard aux généreux ronronnements qui répondaient aux caresses de sa maîtresse. « Et ron et ron, petit patapon » : j’étais nostalgique d’une enfance que je venais à peine de quitter mais qui me semblait à des lieux de moi. J’avais le sentiment de dévaler un fleuve aux rives hostiles et dont jamais je ne pourrais remonter le cours aux tumultes rageurs.

Je retrouvais Patapon chaque soir. Je ne savais pas ce qu’il faisait de ses journées. Il était roulé en boule sur l’édredon, quand j’arrivais. Il passait sans doute une partie de la nuit avec moi. Le matin, quand je regagnais mon lit après avoir fait pipi, il avait disparu. Par où passait-il ? Une chatière, sans doute, au pied des tentures qui sentaient la poussière, l’urine et la moisissure.

Le Marquis

Une nuit, alors que je rêvais du Marquis au temps où il me prenait encore dans ses bras, je sentis quelque chose frôler ma joue. Je crus que c’était Patapon et m’apprêtais à me rendormir, quand je reconnu les mains fines du Marquis sur ma peau moite.

Après avoir pris grand plaisir, je m’émus de la présence opportune du Marquis dans mes appartements (dont heureusement je ne défendais jamais l’accès).

  • J’ai rêvé que vous m’appeliez pendant votre sommeil ; je me suis réveillé brusquement et j’ai accouru prestement, expliqua le Marquis en arrondissant les bras au-dessus de la tête.
  • Vous minaudez, Marquis, voyons si vous ronronnez aussi bien que Patapon.
  • Prenez garde, Princesse, car je rends les caresses…
  • Vous m’inondez, Marquis !

Durant un long moment, nous avions échangé de tendres propos, émaillés de plaisanteries salaces20, avant de refaire l’amour. Je découvris à cette occasion, un Marquis beaucoup plus spirituel et enjoué que celui que je fréquentais en d’autres circonstances.

  • Ne parlez de nos exploits à personnes, conseilla le Marquis. Ne les évoquez à table, non plus qu’à la promenade. Restez discrète, quelque chose qui arrive21. Soyez seulement assurée que je serai nuitamment votre serviteur, sitôt que vos désirs poindront, à votre insu ou non.
  • Marquis, pourquoi tant de mystère ?
  • Durant le jour, contentez-vous de ma pâle version. Cela renforcera la ferveur de nos nocturnes rencontres.
  • Je resterai muette et serai bonne amante, soyez sans crainte. Mais me direz-vous pour quelle raison vous gardez aux pieds ces bottines amarante22 ? Est-ce donc aussi le Chat qui dicte la mode en ce château, jusque dans mes appartements ?
  • Elles me donnent cet aplomb que vous semblez goûter23, Princesse. C’est un conseil du Chat, je le confesse. Mais je ne me risquerais pas à les porter en sa présence. De quoi aurions-nous l’air ?
  • J’ai dégoté, parmi les milliers de chaussures de ma garde-robe, une paire de chopines24 vénitiennes très marantes. J’espère que je serai à la hauteur de Monsieur le Marquis… C’est bien ainsi que je dois vous appeler, quand le songe m’abuse ?
  • Je comprends toutes les langues, Princesse, quand la vôtre s’anime.

Nous vécûmes ainsi nos meilleures heures et dieu sait qu’elles furent nombreuses. Je ne pouvais que me féliciter de la bonne influence que le Chat Botté avait sur le Marquis, même si celui-ci demeurait, durant la journée, le fantôme de lui-même.

Ainsi, toutes les nuits ou presque, le Marquis m’honorait de sa présence. Le plus lésé dans cette histoire était sans doute Patapon qui se trouvait privé de sa place sur l’édredon. Je le retrouvais de loin en loin, les rares nuits où le Marquis ne venait pas me rejoindre sous l’édredon. Parfois, à l’heure où rosit la campagne, quand le Marquis m’avait abandonné à un sommeil de plomb, Patapon revenait se blottir à côté de moi, ronronnant et avide de caresses.

J’avais remarqué que les griffes de ses pattes postérieures étaient beaucoup plus longues que celles de ses pattes antérieures. L’animal souffrait et se déplaçait avec peine. Je décidais de lui tailler les griffes à l’aide de petits ciseaux. Patapon semblait reconnaissant et redoublait d’affection.

Ce fut une période intense. Le Marquis débordait d’inventivité et nos nuits étaient très mouvementées. Avec les beaux jours, il nous arrivait de sortir sur la terrasse de mes appartements et de nous aimer sous la lune en hurlant. Au loin, parfois, un loup nous répondait. J’avais le sentiment d’être connectée à ma nature profonde et, accoudée à la balustrade, je me laissais gagner par de sauvages voluptés.

À cette époque bénie, j’occupais mes journée à fureter dans le château. Ma dague ne me quittait pas.

L’Ogre

Ma femme de chambre m’avait raconté que l’ancien maître était un ogre cruel et que sa disparition avait été un soulagement pour tout le monde. Beaucoup considéraient que le Chat Botté avait succédé à l’Ogre après l’avoir tué en combat singulier.

Cette femme n’avait jamais vu l’ancien maître mais on disait qu’il était monstrueux et que la colère affichait sur son visage des hideurs terrifiantes. Tout le monde faisait en sorte de le croiser le moins possible car ses fureurs imprévisibles pouvaient être fatales à quiconque se trouvait à sa portée. Ceux qui en avaient réchappé donnaient de lui des descriptions variées.

Il fallait en outre veiller constamment sur les enfants car le château n’était pas sûr. Régulièrement, l’un d’eux disparaissait. Il se disait alors que le malheureux avait été dévoré par le maître.

Je n’avais pas prêté foi à ces suspicions ogresques. Je n’imaginais pas en ogre, le père du Marquis – cet être délicat et raffiné, aux langueurs féminines.

Peut-être les enfants disparus s’étaient-ils fait dévorer par les plantes carnivores, ou par les araignées. Je restais cependant attentive, lors de mes explorations, à d’éventuelles traces de ces disparitions.

En revanche, j’étais préoccupée par les différents portraits qu’avaient livrés les personnes ayant approché le père du Marquis. Tantôt il était décrit comme un géant adipeux, à demi nu, hirsute, avec une bouche immense qui dégageait une odeur infecte ; tantôt comme une grande rousse, mince et blafarde, aux yeux rouges, les doigts comme des griffes, dissimulant sa maigreur sous une cape qui lui descendait jusqu’aux pieds ; tantôt comme un loup de taille exceptionnelle, un sourire diabolique retroussant ses babines sur de formidables dents. Il semblait évident pour tous, que l’Ogre pouvait prendre l’apparence de son choix, et chacun se méfiait du premier animal errant venu, sans parler de ces énormes araignées, de la soie desquelles nous faisons commerce.

Quelle que soit l’apparence qu’il prenait, l’être décrit avait une tête à dévorer les petits enfants. Je m’amusais de ces histoires avant que j’eusse découvert, dans la bibliothèque du château, certains ouvrages d’alchimie où il était question de transmutation, en particulier le « Transmutatio corporum » du Bernardin Avicelse Razitero, où il était question d’étendre la transformation des matières à celle des corps, animaux ou humains, morts ou vivants.

Le Marquis m’expliqua qu’il n’avait pas connu son père, marin et explorateur infatigable toujours par monts et par vaux, aventurier mystique et dangereux conspirateur. Qu’il eût été intéressé par l’alchimie ne le surprenait pas. Il avait sans doute été un espie25 recourant au travestissement dans le cadre de missions diverses, mais de là à en faire un métamorphe26 dévoreur d’enfants… Le Marquis n’y croyait pas une seconde.

Le Chat Botté

Le Chat Botté, quant à lui, m’affirma que les ogres n’existaient pas.

  • J’ai mangé le dernier, plaisanta-t-il.
  • C’est en effet le bruit qui court, tentai-je.
  • Vous ne manquez pas d’esprit, Princesse.
  • Vous allez aussi me dire que vous n’êtes pas un chat ?
  • Je ne vois pas le rapport.
  • Votre queue vous trahit et vos bottes empêchent vos griffes de s’user.
  • Mes griffes se portent à merveille.
  • Je sais, c’est moi qui les entretiens, le soir quand vous trouvez refuge sur mon édredon.
  • C’est donc vous, ma bienfaitrice ! Laissez-moi vous remercier. Je n’ai hélas aucune mémoire de ma vie de chat domestique.
  • Sachez que vous vous appelez Patapon.
  • Patapon ! Ce n’est guère glorieux.
  • Cela convient à un chat qui se laisse caresser entre les deux oreilles.
  • Vous me gênez, Princesse.
  • Dites-moi comment vous passez du Chat Botté à Patapon ?
  • La réponse est dans votre question.
  • Vos bottes seraient-elles magiques ?
  • Il semblerait.
  • Et comment Patapon retrouve-t-il ses bottes ?
  • À l’odeur, je suppose.
  • Vous ne craignez pas de vous les faire voler quand vous ne les portez pas ?
  • Seul le Marquis et moi savons qu’elles sont magiques. Et vous, bien sûr, maintenant.
  • Le Marquis pourrait avoir envie de les porter.
  • L’on est plus fort à deux. Par ailleurs, il a ses propres bottes qu’il porte quand il vous rend visite, la nuit. Elles ne sont pas magiques mais elles lui donnent de la prestance et un certain courage.
  • Encore un mot, Chat Botté, comment êtes-vous venu à bout de l’Ogre ?
  • Je l’ai mis au défi de se transformer en souris.
  • Vous avez mangé le père du Marquis ?
  • Le château était la propriété de son père, mais l’Ogre en avait pris possession en son absence.
  • Je vous remercie pour votre franchise, Chat Botté. Ne changez rien à vos habitudes, s’il vous plaît. Patapon m’est une grande consolation.
  • Je suis votre serviteur.

Il n’y avait donc qu’un seul chat et qu’un seul Ogre. Le premier se transformait grâce à des bottes magiques, le second grâce à un obscure pouvoir.

Les enfants

Je finis par découvrir une annexe de la bibliothèque dont les murs étaient entièrement recouverts de tiroirs en cèdre sur lesquels ne figurait aucune inscription. Certains étaient vides, d’autres contenaient des habits d’enfants. Les guenilles avaient été conservées dans leur jus. L’odeur qui s’échappait à l’ouverture de ces tiroirs était pestilentielle.

J’avais envisagé, un temps, organiser des séances d’identification avec le concours des parents dont les enfants avaient disparu. Mais je renonçai bientôt en comprenant que cela ne permettrait que d’affirmer que les enlèvements avaient été organisés par un individu unique à l’âme corrompue, mais pas de savoir ce que les enfants étaient devenus, même si l’on pouvait craindre le pire.

Je devais poursuivre mes investigations à la recherche de preuves plus complètes.

La clé d’or

À peu de temps de là, je découvris, dans le double fond de mon meuble à secret, une petite clé d’or. Je me demandais ce qu’elle pouvait ouvrir. J’avais essayé la clé dans les serrures de toutes les portes, de tous les secrétaires, de tous les coffres, ainsi que dans celles des ceintures de chasteté dont la collection était exposée dans la salle de torture du vieux donjon. En vain.

J’avais fini par m’en ouvrir au Marquis qui s’en était ouvert au Chat Botté.

Le Chat Botté m’avait conseillé de remettre la clé au Marquis. Ce que je fis à contrecœur.

Le Chat, qui avait selon lui exploré le château de fond en comble, se rappela effectivement une porte, dans les sous-sols d’une aile éloignée du château, dont il n’avait jamais trouvé la clé. La seule clé qui manquait au tableau.

Il avait appris à se méfier du château et ne souhaitait pas je prisse des risques inutiles.

  • Votre curiosité sera satisfaite quand nous saurons à quoi nous en tenir.

Le Chat indiqua au Marquis l’emplacement de la porte.

Dès le lendemain, le Marquis nous expliqua que la clé ouvrait bien la porte indiquée par le Chat Botté.

  • La salle est de dimensions modestes. C’est une crypte. Un cercueil bien clos y repose. Il ne comporte aucune inscription.
  • Je suis d’avis de ne toucher à rien, avait dit le Chat Botté. Laissons cette âme en paix. La déranger pourrait nuire à la prospérité de ce château.

Nous nous étions rendus à l’avis du Chat Botté.

J’étais soulagée que la crypte ne contînt pas, accrochés aux murs, les corps dépecés des enfants disparus.

Je m’aperçus que le Marquis portait à son cou la clé d’or en permanence, suspendue à une chaînette – en or également – sauf la nuit, quand il me rendait visite. J’étais allée plusieurs fois jusqu’à la crypte. Toujours, j’avais trouvé la porte close.

À cette époque, le Marquis débordait d’imagination. Chacune de nos nuits ne ressemblait à aucune autre. Même pendant la journée, le Marquis semblait moins sujet à la mélancolie. Une énergie nouvelle semblait l’animer. Il arrivait même, certains jours, à engager une conversation. Je voyais que ça rendait le Chat Botté heureux et je pensais que nous formions un trio formidable.

La trahison du Marquis

Une nuit de pleine lune où Patapon était de sortie et où le Marquis ne m’avait pas rejointe, j’allai rôder du côté des appartements de celui-ci. Des claquements de bottes dans les couloirs m’incitèrent à les suivre.

J’avançais prudemment, guidée par le bruit des pas et, de temps à autre, l’éclair d’un flambeau à la croisée de deux couloirs. Nous nous dirigions vers la crypte.

Quand j’arrivai, la porte de la crypte était ouverte. Je fus bouleversée par le spectacle qui s’offrait à ma vue. En face d’un cercueil clos posé sur deux tréteaux massifs, sur une méridienne baignée d’une lumière étrange, le Marquis entièrement nu s’accouplait à une femme seulement vêtue de bottines rouges, dans la position qu’il m’avait enseignée la veille. Mes doigts se resserrèrent sur la poignée de ma dague. Le Marquis n’avait visiblement pas besoin de ses bottes pour faire preuve d’une belle assurance. Je découvrais là, un autre visage du Marquis, sans pour autant percer son énigmatique nature.

Je regagnai mes appartements sans assister plus longtemps à ce spectacle qui avait soulevé en moi un dégoût et de nombreuses questions. Je ne comprenais pas pourquoi nos nuits, nombreuses et intenses, arrivaient ni à combler le Marquis comme elles me comblaient, ni à le sortir de cette mélancolie qui ne le quittait pas de toute la sainte journée. Qu’est-ce que cette femme avait de plus que moi ? Je m’attendais seulement à ce que, le lendemain matin, le Marquis fût d’humeur plaisante.

Je réalisai soudain avec stupéfaction à quel points mon cœur avait pris le pas sur ma raison. La première question à se poser était évidemment celle de l’origine de cette femme. Qui était-elle ? Vivait-elle dans la crypte ? Sa présence était-elle surnaturelle ? Était-ce une morte-vivante qui sortait, la nuit, de son cercueil ? Quelle emprise avait-elle sur le Marquis ? Pourquoi, elle aussi portait des bottines rouges ?

Ma susceptibilité passa soudain au second plan tant, question après question, le mystère s’épaississait. J’en vins à la conclusion que la femme vivait au château, une servante probablement, et que le Marquis adultère lui donnait rendez-vous dans la crypte dont il avait la clé. Il devait lui demander de chausser ses bottines, cela devait l’exciter. Je pouvais aller me rhabiller avec mes chopines vénitiennes. J’envisageais déjà de demander au Chat Botté de me faire confectionner une paire de bottes rouges afin de faire partie du club.

Le lendemain, le Marquis fut, comme je l’avais prévu, amène avec chacun, d’humeur presque guillerette et, la nuit qui suivit, son enthousiasme était toujours aussi entier. J’étais à demi rassurée mais ne savais que penser, à part que son cœur était à portée de dague (faut-il que l’épée niche dans ce mari niais ?)

Le succube

La belle humeur du Marquis ne fut pas longue à se dissiper dans la ouateur27 sucrée des jours qui suivirent. Je décidai d’attaquer mon époux de front (il fallait bien que mes cornes servissent à quelque chose) alors qu’il s’était isolé sur une terrasse pour goûter un peu de tabac.

  • Depuis que nous nous sommes installés dans ce château, il me semble que votre mélancolie va grandissante. Est-ce que je me trompe, Marquis ?
  • Il est vrai que l’énergie me manque.
  • Un esprit a peut-être pris possession de vous afin de prélever un peu de votre sang, vous êtes pâle, Marquis.
  • Certes, ma pâleur m’inquiète parfois quand je passe devant quelque miroir. Qui est cet homme, je me demande alors ?
  • Vous plaisantez, j’en suis fort aise. Mais savez-vous que ces cas ne sont pas exceptionnels ?
  • La pâleur affecte hélas trop de visages en ces temps de lèpre et de disette.
  • Je voulais dire, des cas de possession, insistai-je, d’une voix qui trahissait mon impatience. Des succubes28 parfois embrument nuitamment de robustes gaillards qui peu à peu perdent toute vigueur, jusqu’à en mourir. Est-ce là ce qui vous échoit ?
  • Un peu de retenue, Princesse, s’emporta brusquement le Marquis, de façon inattendue. Demeurez, je vous prie, dans un juste courroux, sans aller me chercher, dans la tête des poux.

Le soir même, alors que le Marquis avançait entre mes cuisses chaudes, sa main souple et savante, je me retournai vers lui et lui demandai :

  • Vous m’en voulez toujours pour ce que je vous ai dit tout à l’heure ?
  • Mes sautes d’humeur ne sont que sauts de corneille effarouchée, des pas de côté que le vent ramène à l’endroit qu’elles ont quitté.
  • Je vous remercie pour votre indulgence. Si je m’inquiète pour vous, c’est que je tiens à vous.
  • Ce sentiment est réciproque, Princesse.
  • Toutefois, Marquis, que pensez-vous de ces cas de succubes ? Votre pâleur y trouverait une explication.
  • Tranquillisez-vous, Princesse. Je vais prendre des dispositions pour assainir les catacombes de ce château.

Dans les semaines qui suivirent, la mélancolie du Marquis ne fit qu’empirer. À ce point qu’il me sembla évident que le Marquis du jour et le Marquis de la nuit étaient deux personnes distinctes. Je lus dans un ouvrage de médecine de l’âme, trouvé dans la bibliothèque de l’Ogre, que les cas de personnalité multiple avérés étaient toujours adossés à des cas de possession.

J’envisageai un temps que le Marquis chaussait la nuit les bottes du Chat Botté. Mais je me rappelai qu’il avait prêté ses bottines à la femme de la crypte. Jamais il n’aurait pu prendre le risque de confier les bottes magiques à une créature, quelle qu’elle fût.

Chassés-croisés

Un soir où je caressais Patapon, je réalisai que le chat n’était jamais présent quand le Marquis me rendait visite. Qu’est-ce qui dérangeait le chat en la présence du Marquis, puisqu’il n’était alors qu’un simple chat ? Nos ébats ne pouvaient ni le troubler, ni laisser de trace dans sa mémoire de chat domestique. Et surtout, comment Patapon était-il averti que le Marquis ne me rendrait pas visite, les nuits où il venait se faire dorloter ? Car il n’en manquait pas une ! Le Chat Botté devait espionner le Marquis chaque soir afin de savoir si la place était libre. Mais, curieusement, Patapon ne profitait pas du début de la nuit quand le Marquis me rejoignait à une heure avancée.

Décidément, les habitants de ce châteaux gardaient leur part d’ombre, et elle était immense.

Le voyage du Marquis

Plusieurs mois avaient passés quand un matin, le Marquis nous annonça sa volonté d’affréter un navire pour aller tenter sa chance aux Indes afin de revenir, la soute pleine des précieuses marchandises qui permettraient d’apporter un peu d’oxygène aux finances du domaine.

  • Aux Indes ! Mais c’est dangereux, s’était exclamé le Chat !
  • Oui, c’est trop dangereux, avais-je renchéri !
  • Ma décision est prise. Il est temps que je montre ma valeur et que je prenne en main l’avenir du domaine, avait répondu le Marquis avec un aplomb qu’on ne lui connaissait pas.
  • Mais que vais-je devenir, m’étais-je lamenté, en voyant s’éloigner sur la mer démontée, mes nuits de folie  ?
  • C’est l’affaire d’un an, deux tout au plus, s’était voulu rassurant le Marquis. Le Chat veillera au bon fonctionnement du domaine et sera pour vous le meilleur compagnon qui soit.

J’avais senti une larme couler sur ma joue. Le Chat Botté s’en était émut.

Après ce que je pensais être ma dernière nuit d’amour avant longtemps, je m’étais réveillée de fort mauvaise humeur. J’avais ce jour-là refusé de quitter le lit.

  • Je ne vous ai pas vue de toute la journée, avait soudain murmuré le Marquis à mon oreille, lorsqu’au cœur de la nuit, un cauchemar secouait mon corps fiévreux.
  • Vous, Marquis ! Est-ce un rêve !
  • Vous ne rêvez pas, Princesse. Au moment où je m’apprêtais à lever l’ancre, le Chat Botté m’a convaincu de lui céder ma place. Il saura mieux que moi mener à bien cette expédition périlleuse.
  • Oh, mon amour !

Il fallut expliquer à tout le monde que le Chat Botté était parti aux Indes. C’était dorénavant le Marquis qui administrerait le domaine.

Le Marquis gardait maintenant ses bottes aux pieds, nuit et jour. Pour se donner du courage et forcer le respect, disait-il.

Je remarquai que, de jour comme de nuit, il ne portait plus à son cou la petite clé d’or.

  • Vous ne portez plus cette clé d’or, Marquis ?
  • Je l’ai donnée au Chat Botté. Il me l’a demandée juste avant son départ.

Le cercueil de la crypte a disparu

Par curiosité, j’étais allée jusqu’à la crypte. La porte n’était pas fermée à clé. La méridienne était toujours là mais le cercueil avait disparu.

  • Le cercueil de la crypte a disparu, Marquis.
  • Le Chat Botté l’a probablement fait évacuer.
  • Il lui semblait pourtant important qu’on le laissât en place afin de ne pas menacer la prospérité du château.
  • C’est pourtant vrai ! Il l’a peut-être fait inhumer. Je vais me renseigner. Puisque la porte est ouverte et que la crypte est vide, nous allons pouvoir utiliser ce lieu maintenant.

Compte tenu de ce qu’il avait vécu dans la crypte, je pensais que seul le Marquis aurait pu envisager partir avec le cercueil. Quel intérêt le Chat Botté aurait-il eu à vider la crypte, ou pire, à emporter le cercueil sur son navire. Une énigme qui venait s’ajouter à toutes celles que je brassais régulièrement dans ma tête où tournait en rond la roue de pierre d’un pressoir à pommes.

Hélas, le Chat Botté était loin et nous n’étions pas près d’avoir une explication.

Patapon me manquait.

La bête

Hasards du calendrier, quelques mois plus tard, la prospérité du domaine était effectivement en péril. Une bête mystérieuse attaquait les paysans. La bête sévissait en plein jour et s’en prenait de préférence aux bergères isolées. Certains témoins et rescapés parlaient d’un loup gigantesque qui marchait debout comme un homme et ricanait comme un démon. Les membres des victimes étaient tranchés comme avec une lame et on retrouvait des entrailles accrochées aux branches des calvaires29. La peur était immense. On disait que l’Ogre était de retour.

Quelqu’un avait-il libéré un monstre en ouvrant le cercueil de la crypte, me demandais-je ?

Je commençais à prendre peur. La folie semblait gagner tout le monde, y compris le Marquis.

Il s’était mis à manger plus que de raison. Le gibier constituait maintenant l’essentiel de ses rations. Un rien le contrariait ; au moindre faux pas, il entrait dans une colère noire et son visage était transfiguré. L’inventivité qu’il déployait en faisant l’amour semblait l’avoir abandonné, j’avais l’impression de me faire violer par une brute sans âme. Ça ne pouvait pas durer longtemps.

L’on s’organisa afin de ne plus offrir à la bête, la moindre occasion de nuire.

Peine perdue, dans le château, l’on signala la disparition de plusieurs enfants.

Aussi, pour leur sécurité, les enfants furent enfermés, de nuit comme de jour.

Le retour de Patapon

Un soir, comme à son habitude, le Marquis somnolait dans une forme de stupeur au fond de son fauteuil à oreilles. Je lui avais souhaité bonne nuit et avais regagné mes appartements. Une surprise m’attendait. Patapon était roulé en boule sur mon édredon.

Le pauvre chat avait l’air au bout de sa vie. Je le réconfortai de quelques caresses et lui coupais les griffes. Elles avaient poussé comme si l’animal avait été privé de liberté pendant des mois. Je gardai la tête froide et enfermait Patapon dans la grande ratière qui protégeait ma chambre des nuisibles. J’avais besoin de réfléchir. Il fallait que je comprenne et j’avais les cartes en main.

Inutile de préciser que le Marquis ne vint pas me retrouver, ce soir-là.

Il n’apparut pas non plus le lendemain matin, ni les jours qui suivirent.

Les bottes

Je me demandais ce qui avait poussé le Chat Botté à revenir sous la forme de Patapon. Seul le Chat Botté pouvait répondre à cette question. Mais je n’étais pas pressée de le voir reprendre le contrôle de la situation. Je devais d’abord retrouver ses bottes afin de m’assurer de l’identité de Patapon – car c’est bien connu, la nuit, tous les chats sont gris.

Je me disais que les bottes ne devaient pas être loin de ma chambre.

  • Pose-toi la question, Princesse, à quel endroit cacherais-tu une paire de chaussure, sinon parmi les milliers de chaussures qui se trouvent dans ta garde-robe ? Et là je me dis, Princesse, la réponse est dans ta question !

Je me précipitai dans la garde-robe mais la tâche s’avéra plus difficile que je ne l’avais imaginée. Las de chercher, je me dis qu’il devait y avoir une porte dérobée dans la garde-robe, que le Chat Botté devait connaître.

Je finis par la découvrir au fond d’une penderie. Une fois ce point validé, je me remis à chercher les bottes du chat. Des bottes rouges ne pouvaient passer inaperçues.

Je mis plusieurs jours à les découvrir, à l’intérieur d’une paire de bottes de taille supérieure.

Je mis les bottes en lieu sûr dans un réduit creusé dans l’épaisseur de la muraille et conservait la clé dans mon meuble à secret. Puis je relâchai Patapon.

Entre temps, personne n’avait eu de nouvelle du Marquis.

Patapon ne me tenait pas rigueur de la captivité dans laquelle je l’avais maintenu pendant plusieurs jours. Il passait maintenant chaque nuit et une partie de ses journées sur mon édredon.

Aucune apparition de la bête ne fut non plus signalée. Je donnai l’ordre de libérer les enfants.

Je m’étais renseignée au port : aucun navire n’avait mouillé depuis plusieurs semaines.

L’héritage du Chat Botté

Je savais que l’Ogre pouvait prendre des apparences variées. Par ailleurs, le caractère du Marquis avait profondément changé lorsque la bête avait commencé à nuire et les enfants à disparaître.

L’idée que l’Ogre fut réellement le père du Marquis et que celui-ci eût hérité de ses pouvoirs me traversa l’esprit. Mais pourquoi aurait-il disparu avec le retour du Chat Botté ?

Ce pourrait-il alors que le Chat Botté eût hérité des pouvoirs de l’Ogre, après l’avoir mangé ? Après tout, je n’avais plus sous les yeux que Patapon et ses bottes. Tous les autres protagonistes avaient disparu comme par enchantement.

Je me replongeai dans le « Transmutatio corporum » du Bernardin Avicelse Razitero. Le chapitre consacré aux métamorphoses humaines précisait que ces expériences requéraient une énergie considérable et qu’en abuser pouvait développer le goût de la chair humaine, comme si celle-ci devînt à la longue nécessaire à ces transformations.

Serait-ce donc là le secret des ogres ?

Il était aussi écrit que l’abus de chair humaine pouvait conduire à la folie.

L’idée que le Chat Botté n’était pas parti et avait pris l’apparence du Marquis, commença de germer dans mon esprit, avec des conséquences vertigineuses que je m’efforçais à considérer.

Pour réaliser le bonheur du Marquis, le Chat Botté aurait pris la place de l’Ogre. Pour réaliser le mien, il aurait, après avoir hérité du pouvoir de l’Ogre, pris la place du Marquis. Puis, le Chat Botté aurait imaginé un stratagème pour éloigner le Marquis quand j’eus découvert l’existence de la femme de la crypte.

C’est ainsi que le Marquis serait parti en emportant le cercueil sur son navire, en quête de quelque chimère. Dieu seul sait ce qu’il imaginait emporter avec lui. Le Chat Botté aussi devait le savoir. Je n’ai jamais retrouvé la femme de la crypte aux bottines rouges. Il y a fort à parier qu’elle aussi était un avatar30 du Chat Botté. Peut-être bien que ce fût elle que le Marquis s’imaginait emporter aux Indes.

Sans ma vilaine curiosité, le Chat Botté aurait continué de faire notre bonheur séparément, en faisant bénéficier à chacun de la même expérience de l’amour. Le Chat Botté aurait choisi de sacrifier le Marquis – piètre consolation.

Après le départ du Marquis, il m’aurait fait croire que le Chat Botté aurait proposé de partir à sa place. Le Chat Botté devait alors prendre l’apparence du Marquis, de nuit comme de jour. D’où son épuisement et la corruption de son âme, son irritabilité, son appétit pour la chair humaine, la bête, les enfants disparus.

Il devait avoir épuisé ses ressources physiques et mentales. Il n’avait d’autre choix que de quitter ce rôle épuisant qui le poussait vers la folie et redevenir le Chat Botté. Il pensait sans doute que je serais plus encline à pardonner à Patapon, qu’au Chat Botté en personne. Alors il a ôté ses bottes.

Enceinte

Je restai sur cette hypothèse que j’avais du mal à admettre. Mais je n’en avais pas d’autre qui pût aussi parfaitement éclairer les mois en clair-obscur que nous avions passés dans le château, et qui fût aussi évidente : il suffisait de suivre les bottines rouges et se persuader que seul le Chat Botté les portait.

Je fus tentée de chausser les bottes du Chat Botté pour trouver la force de m’atteler à l’administration du domaine. Mais ce ne fut pas nécessaire. La tâche convenait à ma cervelle de guêpe ouvrière. Et puis, j’avais été à bonne école, au royaume de mon père.

Enfin, il fallut aussi constater que j’étais enceinte de plusieurs mois. Une angoisse occupait maintenant une place de choix dans mon esprit et ronronnait de façon assourdissante : quelle apparence aurait l’enfant ? Celle du Marquis dont le Chat Botté avait pris l’apparence ? Celle du Chat Botté lui-même ? Un mélange des deux ? Et surtout, l’enfant hériterait-il du don de métamorphose – lui ou quelques-uns de ses descendants ?

Pour clarifier mes sentiments et mes pensées, j’entrepris d’écrire mon aventure.

Il pourrait sembler paradoxal qu’une femme enceinte ait le sentiment d’avoir le mal en elle, dans la mesure où elle s’apprête à donner la vie. D’autant que mon instruction m’a permis de considérer la mort des reines non plus comme une fatalité mais pour ce qu’elle est en réalité, le plus souvent : un assassinat. Même si je reste l’enfant d’une mère sacrifiée, même si au fond de moi demeure une petite fille à la tête emmaillotée dans un linge humide, qui se réveille parfois la nuit en suffoquant, je ne crains pas pour ma vie. Le mal qui est en moi est, au sens propre, l’enfant que je porte.

La perspective d’accoucher d’un ogre ne m’enchantait pas. Aussi, mis-je tout en œuvre pour que la naissance n’advint pas. Des simples31 bien choisies me firent expulser un fœtus dont la queue était déjà parfaitement formée et dont, par sécurité, je transperçai le cœur de ma dague.

J’avais commis l’acte irréparable qui me damnerait pour les siècles des siècles. Mais je sortais renforcée de cette épreuve.

Qu’est-ce que le mal sinon le vertige de la mort dans la conscience de l’homme aux abois, qui pousse celui-ci à provoquer la mort dans les deux sens du terme : la défier, pour cesser de la craindre, avec les risques que cela comporte ; et la provoquer en ôtant la vie à un semblable ou à soi-même, avec l’illusion pathologique de s’arroger les pouvoirs de la mort elle-même et d’être son égal.

J’étais soulagée mais mon euphorie fut de courte durée. Une tristesse immense s’abattit sur moi. La période qui suivit ne m’offrait aucun attrait. J’étais seule avec Patapon, qui posait sur moi un regard apaisé et reconnaissant. Le domaine était rentable. J’avais éloigné le spectre de la misère en augmentant notre production de soie d’araignée, en échange de plus de concessions.

Puis la tristesse laissa la place à l’ennui. J’hésitais à faire revenir le Chat Botté. Je décidai d’attendre les deux années dont avait parlé le Marquis.

Je fis bien.

Le retour du Marquis

Au bout de deux ans, un navire vint mouiller dans le port. C’était celui du Marquis. Contre toute attente, le projet du gentilhomme de fortune32 avait abouti. Les cales regorgeaient de marchandises précieuses : épices d’Indonésie, porcelaines et soies de Chine, poivres et cotons indiens, artisanat abbasside, bois précieux, or, ivoire, peaux, cornes et autres phanères prodigieux, arrachés à la terre africaine.

Le Marquis avait changé. Il avait vieilli de dix ans. Mais son regard s’était approfondi et une lumière nouvelle éclairait son visage que des rides avaient durci. Le bel homme qu’il était devenu n’eut pas de difficulté à conquérir mon cœur.

Il me raconta son voyage et comment il fut comblé par l’esprit maléfique qu’il avait délivré en ouvrant le cercueil. Il avait compris que le Chat Botté s’était joué de lui car il n’avait pas retrouvé la Princesse indienne qu’il croyait enfermée dans le cercueil.

L’honnêteté du Marquis m’avait touchée. Je lui avais raconté comment j’avais piégé le Chat Botté qui se transformait en ogre mangeur d’enfants, mais je restai silencieuse sur les nuits voluptueuses que j’avais connues en sa compagnie. Je n’avais pas peur de l’avenir car j’en avais suffisamment appris pour combler le Marquis le plus exigent – et Dieux sait combien certains Marquis sont exigeants33.

Je brulai les bottes du Chat Botté, de peur que quelque animal ne s’infiltrât dans la cachette et relançât le cycle infernal des métamorphoses.

Patapon les regarda se consumer dans l’âtre sans cligner, avec un regard de prédateur. Un frisson parcouru son échine puis il ferma les yeux sous les caresses de sa maîtresse.

Les temps étaient venus d’assumer qui nous étions devenus.

Le Marquis et moi vécûmes heureux et eûmes un nombre raisonnable d’enfants.

Secrets de fabrication

Point de vue

J’ai d’abord écrit le conte intitulé Patapon, en exploitant le pouvoir de transformation de l’Ogre (dont le Chat Botté hérite) et en poussant la logique du Chat Botté (le bonheur à tout prix).

Puis j’ai écrit Le Chat et la Princesse du point de vue de la Princesse, en imaginant une suite.

Comme dans le conte Patapon, la Princesse aurait pu rester dans le doute et se satisfaire du bonheur que lui offrait le Chat Botté. Mais je voulais que le chat connaisse les inconvénients d’être un Ogre (pas seulement les avantages). Et que les traumas vécus par la Princesse dans son enfance (exposés au début du conte), trouvent leur expression – sinon leur résolution – à la fin du conte (avortement et meurtre symbolique).

Je voulais aussi que tous les personnages aillent au bout de leur logique, s’assument, et évoluent vers un destin positif : le Chat Beauté retrouve la paix, le Marquis devient un « homme », la Princesse devient une femme autonome.

Structure

Le premier jet laisse l’imagination battre la campagne :

Premier jet de la structure
  1. La Princesse perd sa mère dans des circonstances chelous
  2. La Princesse tombe amoureuse du Marquis
  3. La Princesse explore le château
  4. La Princesse déplore la mélancolie du Marquis
  5. La Princesse adopte Patapon
  6. La Princesse découvre la version nocturne du Marquis (le Marquis-Chat)
  7. La Princesse se félicite de ce qu’elle estime être la bonne influence du Chat sur le Marquis
  8. La Princesse constate que Patapon a les griffes des pattes postérieures trop longues (le Chat ne peut pas retirer ses bottes pour se couper les griffes). La Princesse coupe les griffes de Patapon.
  9. La Princesse découvre des traces des activités de l’Ogre. Le Marquis reste évasif sur ses ancêtres. Le Chat la rassure.
  10. La Princesse obtient de sa suivante naïve, des informations sur l’existence de l’Ogre et ses activités.
  11. En fouillant dans la bibliothèque de l’Ogre,  la Princesse découvre des ouvrages traitant de la transformation du métal en or et de son application au changement d’apparence d’un être vivant.
  12. La Princesse découvre la clé d’or
  13. La Princesse découvre que Patapon est le Chat et comprend que les bottes sont magiques. Elle est rassurée que le Marquis ne porte pas de botte (c’est un être humain) mais elle reste troublée sur le fait que la nuit, le Marquis-Chat garde toujours ses bottes, même pour faire l’amour. Elle en déduit que ce n’est peut-être pas le Marquis. Qui alors ?
  14. La Princesse apprend de sa suivante que le Chat n’a pas toujours la même taille et qu’il peut devenir effrayant quand il se met en colère. Et que c’est le Chat qui a tué l’Ogre d’après ce qu’on dit. Et que l’Ogre pouvait changer d’apparence à volonté.
  15. La Princesse demande au Chat comment il s’est débarrassé de l’Ogre. Le Chat se résigne à dire la vérité à la Princesse : il a mangé l’Ogre qui s’était en souris. Mais alors qui est le Marquis ? Et qui est le Chat ? Il dit la vérité.
  16. La Princesse demande au Chat de lui expliquer pourquoi le Marquis est si différent la nuit. Le Chat s’en sort en lui disant qu’il lui prête ses bottes. Patapon c’est vous ? Sans mes bottes je suis un chat comme les autres.
  17. P découvre que le Marquis porte la clé d’or sur lui en permanence.
  18. La Princesse suit un soir le Marquis jusqu’à la crypte et découvre la femme aux bottines avec le Marquis sans bottines. Elle les surprend dans une position que le Marquis-Chat lui a apprise la nuit dernière. Elle est surprise par la vigueur du Marquis. Elle se remet en question. Et si le Marquis ne l’aimait pas ? Pourtant le Marquis-Chat semble prouver le contraire !
  19. La Princesse interroge le Marquis sur la crypte. Le Marquis reste évasif. La Princesse émet la possibilité qu’un fantôme (un vampire) ait pris possession de lui, ce qui expliquerait sa mélancolie et sa pâleur qui empirent. Le Marquis s’énerve, ce qui ne lui ressemble pas.
  20. Le lendemain, elle revient avec le Marquis-Chat sur ce qu’elle lui a dit la veille. Vous ne m’en voulez plus ? Le Marquis-Chat marche sur des œufs car il n’est pas au courant. La Princesse le complimente sur sa vigueur. Grâce aux bottes sans doute. La Princesse l’interroge sur la possibilité qu’un fantôme (un vampire) ait pris possession du Marquis, ce qui expliquerait sa mélancolie et sa pâleur qui empirent. Le Marquis-Chat comprend que la Princesse a surpris le Marquis dans la crypte avec une créature et qu’il doit mettre un terme aux visites du Marquis à la crypte.
  21. La Princesse réalise que Patapon et le Marquis-Chat avec les bottes ne sont jamais présents en même temps.
  22. Le Marquis est de plus en plus mélancolique.
  23. Le Marquis annonce son départ pour les indes.
  24. La Princesse ne sait plus quoi penser, elle est triste.
  25. Le lendemain, le Marquis-Chat est de retour, prétendant que le Chat est parti à sa place.
  26. On explique au personnel que le Chat est parti.
  27. La Princesse découvre que la crypte est ouverte et que le cercueil a disparu. Si le Chat était parti, le Marquis n’aurait pas pu se séparer du cercueil et revenir sans lui. Elle en déduit que le Marquis est bien parti et que c’est le Chat qu’elle a sous les yeux. Mais elle décide de ne rien dire.
  28. Elle en a la confirmation car dorénavant le Marquis garde ses bottes jour et nuits (pourquoi pas, mais le Chat n’aurait jamais pu partir sans ses bottes) et elle surprend Patapon (qui avait disparu avec le soi-disant départ du Chat) en train de se faire les griffes sur une terrasse.
  29. Elle sait que le Marquis est le Chat mais elle fait comme si de rien était. Le Chat sait qu’elle sait car il garde ses bottes. Ils vivent dans le déni mais le Chat veut conserver l’apparence du Marquis pour continuer à plaire à la Princesse.
  30. Cette transformation perpétuelle épuise le Chat qui commence à avoir des apétits étrange. Il commence à dévorer de jeunes enfants. Il s’absente la nuit pour redevenir le Chat mais un Chat sanguinaire.
  31. La Princesse se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond
  32. Elle finit par faire avouer au Marquis-Chat qu’il a un problème. Le Marquis-Chat avoue sa dérive. Il sent qu’il devient l’Ogre.
  33. La Princesse sait que l’Ogre se transformait. Elle sait que le Chat se transforme. Elle en conclu que ça prend une énergie diabolique. Comme si l’énergie pour changer d’apparence ne pouvait se nourrir que de celle permettant de transmettre son apparence (jeunes enfants). Elle avoue au Marquis-Chat qu’elle sait depuis longtemps qu’il est le Chat. Elle lui propose de reprendre sa forme de Chat. Il prendra celle du Marquis seulement pour les grandes occasions.
  34. On explique au personnel que le Chat est revenu. Le Marquis est très occupé et doit souvent s’absenter.
  35. La Princesse accepte le Chat dans son lit. Patapon est de retour. La Princesse est très excitée de faire l’amour avec le Chat.
  36. Retour de voyage du Marquis. Il raconte ses aventures. Ses illusions, sa rencontre avec les Muni. Le cercueil autour duquel le Chat avait construit une histoire, contenait effectivement un vampire. Le Marquis avait décidé d’emporter le cercueil fermé pour ne l’ouvrir qu’en Inde afin de pouvoir retrouver son amour. Pour le remercier, le vampire lui avait proposer de réaliser un vœux : le Marquis avait demandé la possibilité de reconquérir la Princesse (il ne le dit pas).
  37. La Princesse est très sensible au Marquis qui a changé. Mais elle reste très excitée par le Chat.
  38. Les trois compères se font parfois des parties à trois. Exceptionnellement, le Chat se transforme à cette occasion en une femme ou un homme, à la demande du Marquis ou de la Princesse. c’est toujours une fête.
  39. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, avec ou sans queue.

Mais l’idée est de se recentrer sur les personnages principaux et leur donner un destin cohérent et complet :

Structure finale
  1. L’enfance de la Princesse
  2. La Princesse tombe amoureuse du Marquis
  3. La Princesse explore le château
  4. Patapon console la Princesse de la mélancolie du Marquis
  5. La version nocturne du Marquis
  6. Les griffes de Patapon
  7. L’Ogre
  8. Des métamorphoses
  9. Le père du Marqui
  10. La vérité sur le Chat Botté
  11. La Princesse découvre une clé d’or
  12. La trahison du Marquis
  13. L’hypothèse du succube
  14. La Princesse revient sur la trahison du Marquis
  15. La mélancolie du Marquis empire
  16. Jamais, la nuit, Patapon et le Marquis ne se croisent
  17. Le Marquis annonce son départ pour les indes
  18. Le faux départ du Marquis
  19. Le Marquis garde ses bottes jour et nuits
  20. Le cercueil de la crypte a disparu
  21. La bête
  22. Le retour de Patapon
  23. Les bottes du Chat Botté
  24. L’héritage funeste du Chat Botté
  25. La Princesse est enceinte
  26. Le retour du Marquis.

Références

Avant de consulter les solutions ci-dessous, amusez-vous à repérer dans le conte, les références à des auteurs, œuvres, sujets, que vous connaissez.

Les solutions ci-dessous sont listées dans l’ordre de leur apparition dans le texte et sont présentées sous la forme d’un nouveau jeu.

Soit vous partez de l’extrait et essayez de deviner la référence (auteur, œuvre, sujet) :

Extraits >> Références
Je suis enceinte et je crains le pire. J’ai peur que le mal soit en moi.

Roman Polanski (Rosemary’s baby – film d’après le roman d’Ira Marvin Levin)

regarder cette fille que j’ai l’impression de rencontrer pour la première fois

Annie Ernaux (Mémoire de fille – roman)

une reine ne dispose rarement de plus de cinq années pour mettre au monde un garçon

Catherine Dufour (L’histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça)

L’identité des femmes était préservée au moyen de box dans lesquels étaient prises leurs tailles

Erich von Gotha, Bernard Joubert (Les malheurs de Janice – BD)

un certain MARQUIS DE CARABAS

Charles Perrault (Le Chat Botté – conte)

pour violer les filles et les compagnes

Rouget de Lisle (La Marseillaise – hymne)

Rassurée, je lâchai le manche de la dague dont je ne me départissais jamais.

Kazuo Koike et Kazuo Kamimura (Lady Snowblood – manga)

soudain nous vîmes deux cavaliers venir de notre côté

Charles Perrault (La Barbe Bleue – conte)

manier l’estramaçon

Luc Besson (Le Dernier Combat – film)

mon cœur était déjà sorti de ma poitrine et s’élançait comme un faucon

Arthur Penn (Little Big Man – film)

les collines et les halliers

Victor Hugo (La Légende de la nonne – poème chanté par Georges Brassens

que dis-je, un manoir ? Un château magnifique !

Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac – théâtre)

rattrapé par une mélancolie larvée

Edgar Allan Poe (La chute de la maison Usher – nouvelle)

jamais nous ne nous étions aperçus de la présence de cet immense château

Hayao Miyazaki (Le Château ambulant – film d’après le roman de Diana Wynne Jones)

tombant sans fin dans un puits vertical

Lewis Carroll (Les Aventures d’Alice au pays des merveilles – roman)

J’avais le sentiment de dévaler un fleuve aux rives hostiles

Arthur Rimbaud (Le bateau ivre – poème)

à l’heure où rosit la campagne

Victor Hugo (Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne – poème)

de sauvages voluptés

Charles Baudelaire (La Vie antérieure – poème)

Il fallait en outre veiller constamment sur les enfants car le château n’était pas sûr. Régulièrement, l’un d’eux disparaissait.

Gilles de Rais

le « Transmutatio corporum » du Bernardin Avicelse Razitero

Avicenne, Paracelse, Al-Razi, Téofilo Presbitero

il s’eut pu qu’il fût un espie recourant au travestissement dans le cadre de missions diverses

Charles d’Éon de Beaumont, ou Charlotte d’Éon de Beaumont, dit le chevalier d’Éon ou chevalière d’Éon

Vos bottes seraient-elles magiques ?

Charles Perrault (Le Petit Poucet – conte)

les murs étaient entièrement recouverts de tiroirs en cèdre

Charles Perrault (La Barbe bleue – conte)

une petite clé d’or

Charles Perrault (La Barbe bleue – conte)

C’est une crypte. Un cercueil bien clos y repose. Il ne comporte aucune inscription.

Bram Stoker (Dracula – roman)

nous formions un trio formidable

François Truffaut (Jules et Jim – film d’après le roman d’Henri-Pierre Roché)

dans la position qu’il m’avait enseignée la veille

Le Kamasutra

Était-ce une morte-vivante qui sortait, la nuit, de son cercueil ?

Edgar Allan Poe (La chute de la maison Usher – nouvelle)

faut-il que l’épée niche dans ce mari niais ?

Boby Lapointe (Mon Père et ses verres – chanson)

affréter un navire pour aller tenter sa chance aux Indes

Sinbad le marin – conte du recueil Les Mille et Une Nuits

emporter le cercueil sur son navire

Bram Stoker (Dracula – roman)

un loup gigantesque qui marchait debout comme un homme et ricanait comme un démon

La bête du Gévaudan

aucun navire n’avait mouillé depuis plusieurs semaines

Tristan et Iseut – roman

l’abus de chair humaine pouvait conduire à la folie

Maladie de la vache folle

le Chat Botté aurait continué de faire notre bonheur séparément, en faisant bénéficier à chacun de la même expérience de l’amour.

Pier Paolo Pasolini (Théorème – roman et film)

me firent expulser un fœtus dont la queue était déjà parfaitement formée

Roman Polanski (Rosemary’s baby – film d’après le roman d’Ira Marvin Levin)

je transperçai le cœur de ma dague.

Bram Stoker (Dracula – roman)

Soit vous partez de l’auteur, œuvre, sujet et essayez de retrouver l’extrait dans le conte :

Références >> Extraits
Roman Polanski (Rosemary’s baby – film d’après le roman d’Ira Marvin Levin)

Je suis enceinte et je crains le pire. J’ai peur que le mal soit en moi.

Annie Ernaux (Mémoire de fille – roman)

regarder cette fille que j’ai l’impression de rencontrer pour la première fois

Catherine Dufour (L’histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça)

une reine ne dispose rarement de plus de cinq années pour mettre au monde un garçon

Erich von Gotha, Bernard Joubert (Les malheurs de Janice – BD)

L’identité des femmes était préservée au moyen de box dans lesquels étaient prises leurs tailles

Charles Perrault (Le Chat Botté – conte)

un certain MARQUIS DE CARABAS

Rouget de Lisle (La Marseillaise – Hymne)

pour violer les filles et les compagnes

Kazuo Koike et Kazuo Kamimura (Lady Snowblood – manga)

Rassurée, je lâchai le manche de la dague dont je ne me départissais jamais.

Charles Perrault (La Barbe Bleue – conte)

soudain nous vîmes deux cavaliers venir de notre côté

Luc Besson (Le Dernier Combat – film)

manier l’estramaçon

Arthur Penn (Little Big Man – film)

mon cœur était déjà sorti de ma poitrine et s’élançait comme un faucon

Victor Hugo (La Légende de la nonne – poème chanté par Georges Brassens

les collines et les halliers

Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac – théâtre)

que dis-je, un manoir ? Un château magnifique !

Edgar Allan Poe (La chute de la maison Usher – nouvelle)

rattrapé par une mélancolie larvée

Hayao Miyazaki (Le Château ambulant – film d’après le roman de Diana Wynne Jones)

jamais nous ne nous étions aperçus de la présence de cet immense château

Lewis Carroll (Les Aventures d’Alice au pays des merveilles – roman)

tombant sans fin dans un puits vertical

Arthur Rimbaud (Le bateau ivre – poème)

J’avais le sentiment de dévaler un fleuve aux rives hostiles

Victor Hugo (Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne – poème)

à l’heure où rosit la campagne

Charles Baudelaire (La Vie antérieure – poème)

de sauvages voluptés

Gilles de Rais

Il fallait en outre veiller constamment sur les enfants car le château n’était pas sûr. Régulièrement, l’un d’eux disparaissait.

Avicenne, Paracelse, Al-Razi, Téofilo Presbitero

le « Transmutatio corporum » du Bernardin Avicelse Razitero

Charles d’Éon de Beaumont, ou Charlotte d’Éon de Beaumont, dit le chevalier d’Éon ou chevalière d’Éon

il s’eut pu qu’il fût un espie recourant au travestissement dans le cadre de missions diverses

Charles Perrault (Le Petit Poucet – conte)

Vos bottes seraient-elles magiques ?

Charles Perrault (La Barbe bleue – conte)

les murs étaient entièrement recouverts de tiroirs en cèdre

Charles Perrault (La Barbe bleue – conte)

une petite clé d’or

Charles Perrault (La Barbe bleue – conte)

une petite clé d’or

Bram Stoker (Dracula – roman)

C’est une crypte. Un cercueil bien clos y repose. Il ne comporte aucune inscription.

François Truffaut (Jules et Jim – film d’après le roman d’Henri-Pierre Roché)

nous formions un trio formidable

Le Kamasutra

dans la position qu’il m’avait enseignée la veille

Edgar Allan Poe (La chute de la maison Usher – nouvelle)

Était-ce une morte-vivante qui sortait, la nuit, de son cercueil ?

Boby Lapointe (Mon Père et ses verres – chanson)

faut-il que l’épée niche dans ce mari niais ?

Sinbad le marin – conte du recueil Les Mille et Une Nuits

affréter un navire pour aller tenter sa chance aux Indes

Bram Stoker (Dracula – roman)

emporter le cercueil sur son navire

La bête du Gévaudan

un loup gigantesque qui marchait debout comme un homme et ricanait comme un démon

Tristan et Iseut – roman

aucun navire n’avait mouillé depuis plusieurs semaines

Maladie de la vache folle

l’abus de chair humaine pouvait conduire à la folie

Pier Paolo Pasolini (Théorème – roman et film)

le Chat Botté aurait continué de faire notre bonheur séparément, en faisant bénéficier à chacun de la même expérience de l’amour.

Roman Polanski (Rosemary’s baby – film d’après le roman d’Ira Marvin Levin)

me firent expulser un fœtus dont la queue était déjà parfaitement formée

Bram Stoker (Dracula – roman)

je transperçai le cœur de ma dague.

Notes

  1. vélin : parchemin de qualité supérieure, traditionnellement fait de peau de très jeune veau. ↩︎
  2. gnôle : eau-de-vie à base de sureau noir. ↩︎
  3. pendeloche (féminin) : sexe de l’homme (Moyen Âge). ↩︎
  4. hobereau : gentilhomme campagnard de petite noblesse, qui vit sur ses terres. ↩︎
  5. crépion : cul (moyen-âge). ↩︎
  6. marge : périphérie. ↩︎
  7. marquisat : terre qui conférait à son possesseur le titre de marquis. ↩︎
  8. trublion : fauteur de troubles, agitateur. ↩︎
  9. barbon : homme âgé. ↩︎
  10. effets (au pluriel) : vêtements. ↩︎
  11. coudrier : nom du noisetier dans l’Ouest de la France. ↩︎
  12. estramaçon : forte épée de guerre. ↩︎
  13. halliers : buissons touffus. ↩︎
  14. Ploutos : fils d’Iasion et de Déméter, dispensateur de la richesse, son attribut est la corne d’abondance. ↩︎
  15. s’émouvoir : réagir. ↩︎
  16. complexion : ensemble des éléments constitutifs du corps humain. ↩︎
  17. xylophage : qui se nourrit de bois. ↩︎
  18. crypte : caveau souterrain. ↩︎
  19. catacombe : cavité souterraine ou excavation d’ancienne carrière qui a servi de sépulture ou d’ossuaire. ↩︎
  20. salace : à caractère érotique. ↩︎
  21. quelque chose qui arrive : quelle que soit la chose qui arrive. ↩︎
  22. amarante : plante dont la fleur est d’un pourpre velouté. Rouge pourpre plus clair que le bourgogne. ↩︎
  23. goûter : apprécier. ↩︎
  24. chopines : chaussures à  plateforme. ↩︎
  25. espie : espion. ↩︎
  26. métamorphe : être vivant ayant la capacité de changer de forme. ↩︎
  27. ouateur : néologisme. ↩︎
  28. succube : démon qui prend l’apparence d’une femme pour abuser sexuellement d’un homme pendant son sommeil. ↩︎
  29. calvaire : monument reproduisant la crucifixion. ↩︎
  30. avatar : métamorphose. ↩︎
  31. simples (pluriel) : plantes condimentaires et médicinales. ↩︎
  32. gentilhomme de fortune : membre de la noblesse devenu aventurier. ↩︎
  33. marquis exigent : référence au marquis de Sade. ↩︎

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