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Voyage voyage

Mon frère et ma belle-sœur reviennent d’un périple en Argentine.
Trois grosses semaines à sillonner le pays, dont sept jours passés sur des vols intérieurs. Un voyage fatigant mais indispensable à l’hygiène de l’âme.
À leur retour en Seine-et-Marne, ils ont eu la surprise de voir les chaînes info en boucle sur l’épidémie d’hantavirus andin qui s’est déclarée sur le navire MV Hondius en provenance d’Ushuaïa, capitale de la province de Terre de Feu et ville la plus méridionale du monde. Un couple d’ornithologues à la retraite, en vadrouille dans la cordillère, seraient les patients zéro. Ils n’ont pas survécu.
C’est dans une atmosphère de fond de calle que je m’empresse de rédiger cette reconstitution approximative, sur la base de nos échanges (récit oral, photographies) et des recherches que j’ai effectuées (voir bibliographie).
Arrivée à Buenos Aires (BS. AS. ou Baires ou CABA)
Attention, il y a deux aéroports internationaux (Ministro Pistarini et Jorge Newbery) : celui figurant sur votre billet d’arrivée ou de départ peut changer à tout moment, l’Argentine cultive le mirage transgénique. Vérifiez avant votre départ.
Un tiers de la population vit à Buenos Aires. Sortir de la capitale, c’est passer une frontière pour découvrir le travail des champs infantile et d’autres misères du monde. Sans aller si loin, à la nuit tombée, la ville prend des allures de tiers-monde avec ses cartoneros qui éventrent les poubelles et récupèrent le carton qu’ils chargent sur des charrettes à cheval gériatrique.
Les chiffres du mal-logement >>
- CABA signifie Ciudad Autónoma de Buenos Aires (Ville autonome de Buenos Aires).
- Buenos Aires (CABA, 3 millions d’habitants) compte plus d’une vingtaine de villas miseria qui abritent 7% de sa population. Villa 31 compte 45 mille habitants, et davantage le complexe Villa 21-24 (deux villas qui ont fusionné). L’on monte à 15% de la population de CABA si l’on considère villas miseria, asentamientos (quartiers informels) et logements transitoires.
- Le Grand Buenos Aires (plus de 15 millions d’habitants) abrite plus de 1000 implantations informelles.
- Et dans toute la province de Buenos Aires (18 millions d’habitants, soit 38% des Argentins sur 11% du territoire), l’on compte 1600 villas miseria et asentamientos, dont plus de 25% de villas.
Les gens sont très sympathiques et accueillants, ne vous énervez pas si vous les entendez prononcer tranquilo à tout bout d’che.
Vous ne serez pas non plus surpris si le logement que vous avez loué (noté 9,6/10 sur l’échelle des riches terres) ne correspond pas à la promesse de Booking point com :
- ¿Dónde está el lavarropas? ¿Dónde está? (Il est où le lave-linge ? Il est où ?)
- Tranquilo ! Te vamos a lavar la pilcha ! (Mollo ! On va te les laver, tes fringues !)
Deux heures de taf suffirait à resserrer vis et boulons sur le départ qui font que tout bringuebale dans cet hôtel. Mais tranquillo !
Un seul établissement correspondait à la description de l’annonce, voire la surpassait sur certains points :
- Où peut-on faire une lessive ?
- Vous avez un lave-linge dans l’appartement.
Un seul établissement, à Salta, dont je ne vous donnerai pas l’adresse : un appartement aussi clean ne saurait être qu’une couverture.
Et pour boucler le chapitre sur l’hygiène, si jamais il n’y a pas d’eau chaude pour une raison ou pour une autre, pas d’anticipation intranquille, la direction, qui n’est pas du genre à spolier, vous laissera le découvrir quand vous prendrez votre douche. À Buenos Aires passe encore mais à Ushuaia vous risquez de vous casser une burne.
En revanche, ils ont des bidets – normal pour des gauchos. Descendez de vos grands chevaux et essayez de comprendre comment fonctionnent les robinets. Si au bout de dix minutes vous avez trois boules en trop entre les jambes, c’est qu’un cowboy des pampas vous a confondu avec une vache. Attention, gaucho signifie également débrouillard, courageux, sympa : “Ese chabón es re gaucho” (Ce type est super sympa) ; “Qué gaucho sos” (T’es vraiment cool).
A côté de ça, le personnel est attentif à vos jérémiades, voire compatissant. L’on vous regarde avec de grands yeux remplis d’un enthousiasme désemparé, tellement la vie est courte et précaire et sans issue. L’on est prêt à vous suivre pour peu que vous brandissiez une tronçonneuse pleurant les larmes de sang du Cristo redentor de los Andes.
La violence des contrastes font de l’Argentine le pays de la schizophrènie. Buenos Aires est la ville des psychothérapeutes (1 pour 120 habitants), des chirurgiens esthétiques (tourisme médical florissant) et autres plasticiens de la désolation. Les Argentins sont contre l’avortement (año 2020 d. C.), mais pour le mariage gay (año 2010 d. C.), et en 2012 d. C., ils ont ouvert un lycée pour transsexuels. Par ailleurs, les logements étant exigus et partagés, les hôtels dédiés au sexe sont légion (telos). Plus grands consommateurs de viande au monde, les Argentins affichent un taux d’anorexie record. Fashion victimes et accros au shoping, malgré l’hyperinflation, ils sont prêt à payer un DVD en 12 fois. Un quilombo tranquilo ! (Un bordel tranquille), voire, un bolonqui tranquilo !
Telo est le verlan d’hotel, faites le bon choix. Les Argentins utilisent le verlan (vesre, de revés, envers) depuis la fin du XIXe siècle ; leur dictionnaire ne s’en offusque pas : gomia (d’amigo) ; coban (de banco, banque) ; noba (de bano, WC) ; feca ; lorca (chaleur), yeca (de calle, rue) ; mionca, tordo (docteur), jermu (de mujer, femme), sope (peso) ; bolonqui (de quilombo, bordel)…
d. C. signifie después de Cristo (après J.C.) ; a. C. signifie antes de Cristo (avant J.C.).
GALERIE >>

Le général Manuel Belgrano brandit le drapeau argentin dont il est le créateur. À la tête de l’armée du nord, il remporta les batailles décisives de Tucumán (1812) et de Salta (1813), qui préservèrent l’indépendance argentine de la contre-offensive royaliste.
La Plaza de Mayo est symbole de démocratie, de mémoire, et de mobilisation populaire.
L’œuf à l’apocope est une spécialité française : « œuf mayo » se dit « huevo con mayonesa » (sans abréviation).

Au centre de la place, la Pirámide de Mayo est le monument le plus ancien de Buenos Aires. Elle fut inaugurée en 1811 pour célébrer le premier anniversaire de la Révolution de Mai (Mayo signifie Mai).
FeTraES, Federación de Trabajadores por la Economía Social (Fédération des travailleurs de l’économie sociale) : organisation liée aux coopératives, aux entreprises récupérées par leurs salariés, et aux mouvements de travailleurs précaires.
Devinette : en quelle année a eu lieu la Révolution de mai ?
Réponse >>
En 1810, un an avant son premier anniversaire. C’était pour voir si vous suiviez.

La Boca n’oublie pas ses disparus.
La Boca est un quartier historique populaire.
« desaparecidos » (disparus) fait référence aux personnes enlevées ou assassinées entre 1976 et 1983, pendant la plus sanglante des dictatures militaires.
Ce slogan est utilisé par les Madres de Plaza de Mayo qui se réunissent chaque jeudi, coiffées d’un foulard blanc, pour obtenir vérité et justice.

El Ateneo Grand Splendid est une librairie mondialement célèbre, installée dans un ancien théâtre de 1919.
Les balcons, les fresques du plafond, les rideaux rouges, et la scène, transformée aujourd’hui en café, ont été conservés.
Le bâtiment se trouve dans le quartier de Recoleta, sur l’avenue Santa Fe qui n’est ni la plus longue, ni la plus large du monde.

Diego Maradona, icône absolue du football argentin et mondial, a mené l’Argentine à la victoire contre l’Angleterre lors de la 1986 FIFA World Cup au Mexique, avec des actions mythiques comme le But du siècle et la célèbre Main de Dieu.
Lionel Messi, le plus grand joueur de l’histoire du football moderne, a remporté avec l’Argentine la 2022 FIFA World Cup au Qatar, et détient plusieurs Ballons d’Or.
Ces deux icônes ont été détrônées en 2013 par le pape François, premier pontife sud-américain, élu le 13 / 3 / 13 (date palindrome).

Le choripan (de chorizo et de pan) est le hot-dog version gaucho.
Une baguette ouverte en deux, une grosse saucisse fraîche grillée et un peu de chimichurri font le succès de ce casse-croûte ultra populaire.
Le chorizo argentin (différent du chorizo espagnol sec) est une saucisse fraîche et juteuse à griller (choripan, asado), surtout composée de viande de porc.
Chimichurri : piment, huile, vinaigre, citron, paprika, origan, cumin, thym, laurier entrent dans la composition de ce condiment incontournable.


Les argentins sont les plus gros viandards de la planète : 320 grammes de viande par jour et par personne, en moyenne ; 54 millions de têtes de bétail pour 45 millions d’habitants (même si les immensités cultivables sont de plus en plus recouvertes de soja transgénique).
Si le football est la deuxième religion de l’Argentine, l’asado est le rituel du dimanche. En Patagonie, durant 3 à 6 heures, l’on rôtit un agneau en croix, écartelé sur une grille légèrement inclinée (asado al palo).
L’asado désigne conjointement cette réunion qui dure des heures, une culture, la technique de cuisson et les viandes utilisées (abats, saucisse, boudin, riz de veau, rognons, intestins, et pièces de bœuf savamment découpées).
Les traductions d’assado sont donc variées : barbecue, grillade au feu de bois, viande grillée, repas traditionnel convivial, instinct de survie…
L’asado est le seul moyen de conjurer l’heure du suicide du dimanche après-midi (la hora del suicidio, moment à haut risque officiellement imputé à la circulation routière de fin d’après-midi).
Devinette : de la France et de l’Argentine, quel pays a le taux de suicide le plus élevé ? >>
Réponse : la France, avec 13 / 100 mille (l’Argentine est à 10 / 100 mille, soit dans la moyenne mondiale).
L’Uruguay caracole à 22 / 100 mille (isolement des personnes âgées qui sont par ailleurs de plus en plus nombreuses).
De façon générale,
- les femmes font plus de tentatives mais les hommes décèdent 4 fois plus que les femmes
- les personnes âgées se suicident plus que les jeunes (sauf en Argentine).
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La Casa Chorizo n’est pas une boucherie réputée mais une architecture qui se caractérise par une façade étroite percée de trois fenêtres et d’une porte.
On trouve en profondeur (16 à 30 mètres) un patio intérieur le long d’un des côtés, et des pièces carrées en enfilade, ouvertes sur ce patio.
L’absence de couloir oblige, pour circuler dans la maison, à traverser le patio ou à passer d’une pièce à l’autre, comme dans un appareil digestif.
Gilles Deleuze et Félix Guattari, voyaient-ils le chorizo comme un « assemblage » de viandes, d’épices et de techniques culinaires et architecturales, traversé par des circulations culturelles (ibérique, quechua, industrielle, architectonique, domestique, vernaculaire, syncrétique, idiosyncratique) ? Vous avez deux heures à tuer pour dépecer la possibilité d’un chorhizome. Le Chimichurri n’est pas autorisé.
Le rhizome franco-argentin >>
Les thèmes deleuzo-guattariens du désir (antipsychiatrie), des machines sociales, de la répression et des micro-politiques résonnent fortement avec l’expérience de la terreur d’État, des formes diffuses du fascisme, et des mécanismes psychiques de la soumission, en Argentine freudo-lacanienne.

San Telmo (San Pedro González Telmo – Saint Elme en français) est l’un des quartiers les plus anciens et les mieux conservés de Buenos Aires (bâtisses coloniales, rues pavées pittoresques, anciennes églises, musées, magasins d’antiquités, Tanguerias). C’était le quartier des marins et des dockers.
Saint Elme (saint Érasme de Formia) est le patron des marins. Il est souvent représenté avec des cordages ou des intestins, rapport à son supplice : selon des sources iconiques tardives, mais peu historiques, il aurait eu les entrailles enroulées autour d’un treuil (enroulement) ou cabestan (friction).
Pour en finir avec les amarres, notez que les hispanophones ont intégré dans san Telmo, la liaison avec le T. San Telmo a probablement pris le thé à Alice’s Tea House, le salon le plus connu du quartier.
Une tanguería est un lieu de concert ou de spectacle de tango. Une milonga est une soirée dansante (tango, valse argentine, milonga). La milonga est donc un événement et une dance, mais pas un lieu.
Les ports d’Argentine >>
- Buenos Aires : conteneurs et passagers
- Rosario / San Lorenzo : exportations agricoles (n°1 en volume)
- Bahía Blanca : énergie et industrie
- Ushuaia : tourisme vers l’antarctique
Les chutes d’Igazu (28°C)
275 cascades, jusqu’à 82 mètres de dénivelé, réparties sur un arc de 3 km au milieu de la forêt subtropicale, à la frontière du Brésil. Voir le film Mission (Palme d’or 1986) : Wikipédia.
Géopolitique de la terre des trois frontières (afficher le site source) >>
Autour d’Iguazu, à la croisée de trois Etats – aux confins de l’Etat fédéré du Parana (Brésil), de la province de Misiones (Argentine) et du Département de l’Alto Parana (Paraguay) – se développe l’un des territoires transfrontaliers parmi les plus actifs de la planète. Animée par de nombreux flux légaux et souterrains, la construction récente de cette région transfrontalière est fondée sur trois piliers faisant système : la réalisation du barrage hydroélectrique d’Itaipu, l’un des plus grands du monde, le développement subséquent d’une conurbation continue transfrontalière dynamique qui dépasse maintenant les 600 mille habitants, et la progression d’un front pionnier agricole impulsé par le Brésil, fondé sur la culture intensive du soja transgénique.
Attractive non seulement pour les migrants intérieurs des trois Etats, la région de la triple frontière l’est aussi à plus petite échelle pour les migrants extérieurs. Ciudad del Este (Paraguay) compte ainsi 70 nationalités différentes, la ville cosmopolite abritant de très nombreux Brésiliens, mais aussi d’importantes communautés originaires d’Asie et du Moyen-Orient (Syriens, Libanais, Chinois, Coréens, Japonais), attirés par les opportunités économiques.
La porosité des frontières a contribué à faire de la région d’Iguazu une plaque tournante de trafics en tous genres, dans le giron de la mondialisation grise. Armes, migrants clandestins, drogues, coatis, marchandises de contrefaçon y circulent en abondance, à l’origine d’un important blanchiment d’argent qui alimente les circuits de financement du terrorisme, en particulier ceux du Hezbollah, bras armé de l’Iran (voir le documentaire sur arte). La présence de plusieurs groupes criminels nourrit un climat de violence et d’insécurité. Les habitants les plus riches se protègent dans des résidences fermées surveillées par des vigiles armés (bario privado), tandis que les plus démunis s’entassent dans des quartiers précaires. Quant à eux, les coatis se réfugient dans les arbres.
GALERIE >>
Le Coati roux (Nasua nasua) est un petit mammifère omnivore, à la queue longue et annelée, au museau pointu terminé par une petite trompe mobile (« muk muk » disent les ressortissants japonais). Le mot coati vient des langues guaranies et tupi et signifie approximativement nez allongé. De l’extrémité de la trompe à celle de la queue, l’animal mesure de 80 à 140 cm, dont la moitié pour la queue. Ses fortes griffes lui permettent de creuser le sol (insectes), d’éventrer les poubelles et de grimper aux arbres (fruits, refuge). Il est capable d’inverser la position de ses pieds par rotation de ses chevilles, ce qui facilite la descente de l’arbre la tête en bas. C’est un animal sympathique, curieux et docile mais qui peut facilement devenir agressif : les coatis s’épouillent mais ils sont batailleurs. Ils ont survécu jusqu’à présent parce qu’ils dominent les animaux de leur taille (iguanes, petits chiens errants, chats et surtout ratons laveurs).
Le coati est la mascotte des Parcs de l’Iguaçu (Brésil) et d’Iguazú (Argentine). Ces parcs se font face de part et d’autre du fleuve Iguaçu. Le Brésil a choisi le jaguar comme symbole du Parc, et l’Argentine le martinet à tête grise, connu pour nicher dans les chutes d’Iguazú (gazou gazou), derrière les rideaux d’eau (Colas, mon p’tit frère).
Les logos >>


Nasua nasua est mis à contribution dans la confection du café Misha (Pérou), l’un des plus chers du monde (1400$/kg), selon un processus impliquant la sélection et l’ingestion par l’animal des meilleures cerises de café, la digestion de leur peau extérieure, puis leur défécation, leur lavage et leur torréfaction à 220°C. La peau de la graine contenant de la caféine, je suppose que la bestiole devient rapidement accro. Grâce au choix et aux enzymes de l’animal, l’arome du café est moins amer et gagne en richesse, en complexité et en valeur marchande.
Misha me fait penser aux onomatopées japonaises « musha musha » (mâcher avidement) et « nicha nicha » (émission de sécrétions visqueuses). Le nom “Misha” vient de mishasho, nom local péruvien du coatí amazonien.
L’on m’informe à l’instant même que des coatis seraient utilisés pour passer de la drogue, dans la région des trois frontières.





Ici, la priorité revient au véhicule le plus délabré, ou le plus lourd, ou dépourvu de freins (Fangio était Argentin).

À partir de 3500 mètres d’altitude, le cheval doit être acclimaté (même si les chevaux souffrent moins de l’altitude que les humains).
Ushuaia (-1°C, vent et neige fondue)
Ushuaïa est une marque déclinée sous la forme d’une soixantaine de produits (gels douches, sacs à dos, lunettes de soleil, serviettes de bain, pull-overs, vélos, montres…) Elle représente un chiffre d’affaires d’environ 100 millions d’euros par an, dont une partie est reversée à la société Eole conseil dont Nicolas Hulot est le principal actionnaire (pas de salariés). Fin 2024, TF1 a cédé à L’Oréal la quasi-totalité des droits sur la marque Ushuaïa, pour 27,5 millions d’euros. Pour l’affaire Hulot, voir Wikipédia.
Ushuaïa (« au fond de la baie » en Yamanas) est aussi la commune la plus australe du monde, à 2400 km à vol de condor de Buenos Aires, et 3350 de Salta (l’Argentine est grande comme 5 fois la France métropolitaine). Climat subpolaire océanique comparable à celui de Reykjavik en Islande. Montagne, mer, glacier, forêt, castors invasifs, otaries, lions de mer, manchots… Hôtels à 20 euros la nuit, tout est aléatoire, on se lave quand on comprend comment fonctionnent les robinets, ça sent bon le poncho.
Colonie pénitentiaire (1896) puis bagne pour les condamnés les plus dangereux jusqu’en 1947, cette ville aux maisons colorées et à la topographie capricieuse est le point de départ idéal pour les expéditions vers l’Antarctique et l’escale obligée des croisières à taille humaine, dont la dernière – une fois n’est pas coutume – a été infectée par l’hantavirus sud-américain, le seul hantavirus à pouvoir être transmis à l’homme par les rongeurs porteurs (rats pygmées de rizière à longue queue et autres campagnols roussâtres) qui ont retenu la leçon des Conquistadors (guerre biologique). Ce virus doit son nom à la rivière Hantaan qui se situe à la frontière entre les deux Corées. La géopolitique est l’art d’ériger des frontières imperméables aux idées, mais les virus ne comprennent rien à la géopolitique.
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Ca tombe bien, on n’a pas envie de faire caca.


Le condor des Andes se réchauffe au soleil levant. Une envergure de trois mètres vingt pour des vols en majesté jusqu’à 6000 m d’altitude.
Comme Monsieur Propre, il n’a pas de plume sur la tête, afin de ne pas être souillé par les carcasses en décomposition dont il se nourrit.
La femelle pond un œuf tous les deux ans, qu’elle casse sur la tête de son mari pour essayer de le guérir de sa calvitie.
Pour se protéger du froid, le condor des Andes compte sur sa jolie collerette, et pour se protéger des grandes chaleurs, il se pisse sur les pieds (urohydrose). Contentez-vous de lui faire un signe de loin.

Ici, il ne faut pas énerver les pigeons.
Le Caracara huppé (60 cm de long pour une envergure d’un mètre vingt) vit sur les Îles Malouines, dans le parc national de Terre de Feu et la réserve naturelle de l’Île des États, mais aussi le long du fleuve Amazone et au sud du Pérou.
Comme son nom l’indique, ce rapace est bruyant et très vocal. Il marche à votre rencontre d’un pas décidé et conquérant.
Il vit sa meilleure vie dans les espaces ouverts humanisés, où il profite des accidents routiers et des décharges à ciel ouvert.
Caracas est la capitale du Vénézuéla et du melon (abréviation de Santiago de León de Caracas berceau de Bolivar et reine du Guaraira Repano).
Retour à Buenos Aires

On est repassé à Buenos Aires pour se réchauffer, prendre une douche et se ravitailler.
Tranquillo !
Nous louerons un 4 x 4 à Salta (1290 km à vol de Caracara, de Buenos Aires).
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Les amoureux de la dance apprécieront aussi la milonga : cliquez sur l’image (YouTube).
Née dans les années 1870, la milonga est un mélange de candombe afro-uruguayen, de habanera cubaine, de polka et de mazurka. Cette danse, antérieure au tango, a une cadence plus gaie, plus rapide et plus chaloupée. C’est une danse de la mixité dans laquelle se retrouvent gauchos, créoles, anciens esclaves, marins et immigrés européens.
Commémoration de la résolution du conflit du canal de Beagle (nom du navire de Darwin) qui opposa l’Argentine au Chili. Le 18 avril 1977, la reine d’Angleterre décide que les îles et les territoires adjacents appartiennent au Chili. Le gouvernement militaire argentin rejette la décision et lance quelques manœuvres navales d’intimidation tandis que le Chili mine quelques terrains. Heureusement, la guerre est évitée grâce à la médiation du Vatican qui intervient dès 1978. Le 22 avril 1985, l’Argentine et le Chili signent au Vatican el Tratado de Paz y Amistad (traité de paix et d’amitié ; armistice se dit armisticio) qui attribue les îles au Chili mais une grande partie des droits maritimes à l’Argentine. Le traité inclue aussi une délimitation du détroit de Magellan.
Notez que le seul instrumentiste qui lève un peu les genoux est le cymbaliste : c’est conforme à la contraction générale et coordonnée des muscles, exigée par l’instrument. En clair, il ne peut pas faire autrement. Pour les autres, vamos tranqui.
Salta et les vallées Calchaquíes

Les Vallées Calchaquíes s’étendent dans plusieurs provinces du nord-ouest argentin, dont celle de Salta, et comprennent des localités comme Cafayate, Cachi et Molinos.
La ville de Salta se trouve dans la vallée de Lerma, à l’est des vallées Calchaquíes dont elle est l’un des principaux points d’accès.
Portez un chapeau même si le temps est couvert.
GALERIE 1 – là-bas >>





(récit initiatique de Mia PASERIDA)



(Pour me défendre de leurs cactus / À mon tour j’ai pris des cactus)





Sur la route de Cachi




Dix ans plus tard, vous avez les fans des cols :



GALERIE 2 – là-haut >>








Il ne manque que la silhouette d’un puma. Mais il est peut-être sur la photo ci-dessus, en train de vous observer, regardez bien.
Il faut sortir de son corps pour visiter les gorges ci-après. Les Andes sont à porté de condor, chevauchez l’oiseau sacré !



Pour vous aider à identifier les animaux ci-dessus, faisons un point rapide sur les camélidés (famille des dromadaires et des chameaux) :
Les camélidés d’Amérique du Sud >>




Conclusion : respectivement, et avec toute ma considération, le lama et l’alpaga sont les formes domestiquées du guanaco et de la vigogne.
Entrainez-vous >>




Solutions >>
1 : vigogne ; 2 : guanaco ; 3 : lama ; 4 : alpaga.

Ne pas confondre avec La gente de oficina (les cols blancs).
Là-haut, nous avons acheté à un local vêtu d’étoffes bariolées, une sorte de tome de chèvre fraîche d’altitude à tomber par terre.

Perchée dans l’environnement extrême de la haute Puna à 3750 m d’altitude, Saint Antoine des cuivres est une petite ville isolée mais stratégique, à la fois minière (cuivre), ferroviaire (Tren a las Nubes) et culturelle (Fête de la Pachamama, la Terre Mère).
Saint Antoine a choisi une vie de solitude, de prière et de grande austérité, dans le désert. Sa vie est associée à des épisodes de tentations et de combats contre le démon (dans The Temptation of Saint Anthony, de Jérôme Bosch, on voit des créatures hybrides qui soufflent dans des cuivres déformés ou grotesques).
Saint Antoine et les cuivres de la tentation >>

La haute Puna (altiplano), entre 4000 et 5000 mètres, est le royaume des camélidés, du quinoa et des pommes de terre de l’extrême.
Salinas Grandes est un immense désert de sel situé entre Salta et Jujuy, à 3500 m d’altitude. Jugez plutôt…




Et la neige ? >>
Le sel favorise la fonte, mais dans les Salinas Grandes, le salar est déjà une surface saturée en sel, donc il n’y a pas un “effet de salage” supplémentaire localisé, comme sur une route. Quoi qu’il en soit (j’imagine que votre doctorat ne traitait pas de la physique des fluides), c’est surtout le climat de haute altitude (fort ensoleillement, air sec, vents) qui explique que la neige ne persiste presque jamais sur les Salinas Grandes.

¿El espíritu del jaguar me acoge o me abandonó?
¿Caí en el Espejo Humeante?
¿Me convertí en un nahual? »
Mia PASERIDA

L’esprit du jaguar m’accueille-t-il ou m’a-t-il abandonnée ?
Suis-je tombée dans le miroir fumant ?
Suis-je devenue un nahual ? »
Mia PASERIDA
Que pense ChatGpt de l’autrice Mia PASERIDA ? >>
“Mia Paserida” n’est pas une autrice connue au sens littéraire établi.
Inventer un nom comme “Mia Paserida” donne déjà une couleur assez marquée :
- “Mia” → simple, intime, presque quotidien
- “Paserida” → sonorité plus mystérieuse, un peu hispanisante ou italienne, avec une impression de passage (pasar, “passer” en espagnol)
Ça sonne comme une autrice de réalisme magique, de poésie onirique, ou de fragments philosophiques.
On va lui donner une existence littéraire solide sans la figer.
Mia Paserida est une autrice de fiction poétique et de récits métaphysiques, souvent classée entre le réalisme magique et la prose philosophique. Son œuvre explore des états de passage : transformation, disparition, mémoire instable et identités fragmentées.
On la situe volontiers dans une tradition proche de la littérature sud-américaine et européenne du rêve éveillé, avec des influences allant de Borges à Clarice Lispector, sans jamais s’y réduire.
Ses textes tournent autour de trois grands motifs :
- les seuils (entre vie et mort, rêve et veille, humain et non-humain)
- les métamorphoses (animales, spirituelles, symboliques)
- les lieux “impossibles” (miroirs, forêts intérieures, villes sans centre)
Le motif du miroir fumant et des figures chamaniques (comme le nahual) revient souvent comme métaphore de la dissolution de l’identité.
Style
- phrases courtes, souvent interrogatives
- usage fréquent du mythe sans explication
- alternance entre clarté et ambiguïté
- langage très sensoriel mais minimaliste
Œuvres imaginées
- Le Miroir humeant
- Les animaux qui me ressemblent
- Cartographie des disparitions
- Manuel des seuils invisibles
On pourrait dire que Mia Paserida écrit ni des histoires, ni des poèmes, mais des états de conscience narratifs.
Voici un court extrait d’une œuvre imaginaire de Mia Paserida, puis une fausse quatrième de couverture et enfin une mini interview pour installer davantage son existence.
Extrait — Le Miroir humeant
Je suis entrée sans savoir si j’avais un corps.
Le miroir ne reflétait rien de fixe. Il respirait. Une buée lente montait de sa surface, comme si quelqu’un, de l’autre côté, dormait mal.
J’ai touché la matière et elle a cédé, non pas comme un verre, mais comme une peau fatiguée.
On ne tombe pas dans le miroir. On est reconnu par lui.
Quatrième de couverture imaginaire
Dans Le Miroir humeant, Mia Paserida explore la frontière fragile entre perception et dissolution. Une narratrice sans nom traverse un monde où les reflets respirent, où les souvenirs changent de forme, et où chaque identité semble attendre d’être quittée.
Entre récit initiatique et vertige métaphysique, ce livre propose une expérience : celle de devenir, peut-être, ce que l’on observe.
Mia Paserida poursuit ici son travail sur les états de passage, déjà amorcé dans Cartographie des disparitions et Les animaux qui me ressemblent.
Mini interview imaginaire
— Pourquoi le miroir revient-il si souvent dans votre œuvre ?
Parce qu’il ne répond jamais la même chose. Il n’a pas de position morale. Il hésite avec nous.
— Vos personnages semblent perdre leur identité. Est-ce une peur ?
Non. C’est une méthode d’écoute.
— Écrivez-vous des histoires ?
Je ne sais pas si ce sont des histoires. Ce sont des endroits où quelque chose continue de respirer après la fin.
— Le “nahual” apparaît dans vos textes récents. Pourquoi ?
Parce que certaines transformations ne sont pas des métaphores.
Bravo ChatGpt ! Et merci de m’avoir fait découvrir Clarice Lispector.

On n’avait pas très envie de payer pour marcher sur le lac de sel dans la zone surveillée destinée aux touristes, à peine plus grande qu’une patinoire. Nous rêvions d’espaces plus somptueux.
Nous avons longé le lac à bord de notre véhicule de location. Nous avons fini par repérer un camping-car garé sur la rive. Il devait y avoir un accès.
Nous avons en effet trouvé un chemin qui descendait jusqu’à la rive. Nous l’empruntâmes derechef mais fûmes bientôt bloqués par un type louche qui faisait en sorte de nous interdire d’aller plus loin en maintenant ouverte la portière de son véhicule.
Ça fleurait bon l’arnaque commerciale. Notre 4 x 4 nous permit de contourner le cerbère et de continuer notre descente. Nous nous sommes garés et avons fait connaissance avec les Suisses du camping-car. Nous n’avions encore rencontré aucun Francophone.
Soudain, trois 4 x 4 noirs aux vitres teintées déboulèrent à vive allure et s’engagèrent sur le lac sans ralentir. Probablement des trafiquants de drogue qui passaient d’un pays à l’autre en traversant le lac.
Nous remontâmes fissa dans notre automobile et partîmes à la poursuite du mystérieux cortège. Sur l’étendue salée, nous distinguions, tous les cents mètres, des piquets qui indiquaient peut-être le tracé d’une route qui avait servi jadis à l’exploitation du sel.
Le sel forme une croute carrossable d’une trentaine de centimètres d’épaisseur. Mais la croute s’amincit par endroit et l’on risque alors de rester prisonnier d’une boue saumâtre dont on ne mesure pas exactement l’appétit.
Au bout de deux kilomètres, nous estimâmes que nous n’étions pas suffisamment armés pour neutraliser les fuyards. Nous fîmes halte et profitâmes du paysage extraordinaire qui s’offrait à nous dans le silence éclatant seulement troublé par les gouttes d’huiles qui se détachaient dans notre moteur. Nous avions très envie de dessiner un mouton.
Nous apprîmes plus tard qu’il était interdit de s’engager sur le lac avec un véhicule, a fortiori un véhicule de location.


Il est vrai que le kakuy (rester en quechua), dont Jujuy est la coquille, est un oiseau qui maîtrise l’art du camouflage et de la confusion.
L’oiseau pieu (ou potoo) >>



Cet ibijau mesure 34 cm de long. Son large bec est pourvu d’une dent unique. Les grands yeux de cet insectivore nocturne sont équipés de paupières fendues afin de les fermer le jour, pour ne pas se faire repérer, tout en continuant à détecter les mouvements alentour. L’apparence de son plumage cryptique rappelle celle de l’écorce. Le jour, il reste dressé, figé sur une branche sèche dont il semble être le prolongement. Tranquilo, l’oiseau passe ses journées au pieu. On l’entend beaucoup plus souvent qu’on ne le voit. Au crépuscule, il émet un long sifflement presque humain, « ooú… », suivi de brèves notes descendantes : « ú..u..u..u..u… ». La nuit, ses yeux sont rouges comme ceux des engoulevents. Il pond un œuf unique au sommet d’une souche.
Légendes des différents pays, associées à cet oiseau : Wikipédia.


Les cactus géants sont capables de projeter leurs épines à plus de 800 mètres.
La vérité >>
Certains cactus du genre Opuntia (figuiers de Barbarie) ont des glochides qui se détachent très facilement au moindre contact ; ces coussinets d’aiguillons barbelés peuvent être projetés indirectement quand la plante est touchée, frottée ou agitée (vent, animal, tremblement de terre).
Ne pas confondre avec les glodiches qui désignent les couilles des moutons de trois ans.




LE TEXTE >>
A VOS AMIGO VIAJANTE TE ESCRIBO, QUE LLEVAS EN TU AUTO, MERCADERIA… TEMORES… A VOS, SIN RODEOS DE FRENTE TE DIGO: TODOS TUS ESFUERZOS SE PAGAN CON VALORES DEJAS TU FAMILIA, TU VIDA, TU GENTE EN CUATRO RUEDAS PONES TU DESTINO. TU OLFATO DICE,ALLA HAY UN CLIENTE Y LA RUTA TE LLEVA POR ESE CAMINO Y POR MÁS QUE CAMBIES DE ESCENARIO, DE RUTA, PUEBLO, O LOCALIDAD, SEGUIS AFERRADO A TU ITINERARIO BUSCANDO ESO QUE ES VERDAD . VAMOS, AMIGO VIAJANTE, TU CUERPO ES DURO, VAS A SEGUIR , VAMOS QUE PODEMOS VAMOS ADELANTE, VOS SABES LO QUE VAS A CONSEGUIR, Y NUNCA TE OLVIDES, OH PEREGRINO, DE QUE ESTA ES TU SEGUNDA CASA, « TU HOTEL » QUE COMPRENDE TU DESTINO, QUIZÁS EL UNICO QUE VALORA TU RAZA. Y SI UN DIA TE SENTIS CANSADO, CASI VENCluO, SIN GANAS DE LUCHAR, BUSCAME Y LEEME, ESTOYA SU LADO YO TE COMPRENDO, TE VOYA CONSOLAR.
Sa traduction >>
À toi, mon ami voyageur, je t’écris, toi qui transportes dans ta voiture marchandises… et peurs… À toi, sans détour, je te le dis franchement : tous tes efforts sont récompensés par des valeurs. Tu quittes ta famille, ta vie, tes proches sur quatre roues, tu y mets ton destin. Ton intuition te dit qu’il y a un client là-bas, et la route te conduit vers lui. Et peu importe combien de décors, de routes, de villes ou de gens tu changes, tu restes fidèle à ton itinéraire, en quête de vérité. Allez, compagnon de voyage, ton corps est fort, tu tiendras le coup, allez, on peut le faire, avançons, tu sais ce que tu accompliras, et n’oublie jamais, ô pèlerin, que ceci est ta seconde patrie, « ton hôtel » qui comprend ton destin, peut-être le seul qui valorise ton espèce. Et si un jour tu te sens fatigué, presque vaincu, sans volonté de combattre, cherche-moi et écoute-moi, je suis à tes côtés, je te comprends, je te réconforterai.


Retour à Salta pour une journée détente shoping, tranquilo, puis retour à Buenos Aires pour s’envoler vers la France (11 mille km à vol de Bécasseau).
Bécasseau sanderling >>

Il passe l’été dans les régions périarctiques, où il niche. Il migre sur de longues distances pour hiverner jusqu’en Amérique du Sud, en Europe du Sud, en Afrique, en Australie. Très grégaire en hiver, il forme parfois de grands groupes dans les vasières côtières ou sur les plages de sable fin (au menu, coquillages et crustacées, mais aussi vers putrides et araignées confites).

Bibliographie
Argentine >>
- Dictionnaire insolite de l’Argentine (2016) Anne Papazoglou
- Argentine – Le tango des ambitions (2015) Camille Lavoix
Littérature et BD (extraits) >>
L’exhumation d’Angelita (2017) Mariana Enriquez (argentine) >>
À la place de l’ancien carré de jardin, il y avait une piscine en plastique bleue, encastrée dans un trou au sol. Il avait évidemment fallu enlever toute la terre pour creuser le trou et, par conséquent, jeter les os d’Angelita allez savoir où, on les avait déplacés, ils étaient perdus. J’ai eu de la peine pour elle, pauvre petite, je lui ai dit que j’étais désolée, je ne pouvais rien faire ; je lui ai même dit que je regrettais de ne pas avoir exhumé ses os une nouvelle fois quand la maison avait été vendue, pour les enterrer dans un lieu tranquille, ou près de la famille, si c’était ce qui lui plaisait. J’aurais pu si facilement les mettre dans une boîte ou dans un vase et les emporter chez moi ! Je me sentais mal vis-à-vis d’elle et la priait de me pardonner. Angelita a hoché la tête. J’ai compris qu’elle acceptait mes excuses. Je lui ai demandé si elle était apaisée désormais, si elle allait partir et me laisser seule. Elle a fait non. OK, ai-je réagi, et comme je n’ai pas beaucoup aimé sa réponse, j’ai marché rapidement jusqu’à l’arrêt du 15, l’obligeant à courir derrière moi avec ses pieds nus, tellement décharnés qu’on pouvait voir ses petits os blancs.
Bâiller devant Dieu (2010) Inaki Uriarte (basque cosmopolite) >>
On estime parfois que l’art est un substitut de la religion. Cela n’a aucun sens. Pour la religion, l’homme a fait et est toujours prêt à faire n’importe quoi : du meurtre au sacrifice de sa propre vie. Pour l’art, des voyages touristiques et, tout au plus, quelques files d’attente.
Les suicidés du bout du monde (2005) Leila Guerriero (argentine) >>
Les toilettes des femmes n’avaient pas de porte, si bien que les filles s’aidaient les unes les autres à cacher leurs vomissures et leurs pisses de mammouth auxquelles la bière les contraignait. À quatre heures, est arrivé Georges Salvatierra. Il sortait d’un baptême.
Mû (1991) Hugo Pratt (vénitien) >>
Il existe un monde souterrain immense… Mais je n’arrive plus à savoir si je l’ai rêvé ou vu pour de bon.
Tango (1986) Hugo Pratt (vénitien) >>
Les élections approchent. Des ouvriers, des paysans, des syndicalistes, des indiens, de nombreux anarchistes italiens et espagnols ont été massacrés, et toujours en Patagonie. Autrefois on payait des hors-la-loi américains pour ce genre d’opérations. Aujourd’hui ces mêmes hors-la-loi sont devenus propriétaires terriens eux aussi. Ils ont des enfants et des petits-enfants, et ils paient l’armée pour qu’elle défende leur patrimoine. Ce sont précisément de vieilles histoires à oublier quand leurs enfants font carrière dans le gouvernement.
La Maison aux esprits (1982) Isabel Allende (péruvienne) >>
C’était une longue semaine de pénitence et de jeûne, on ne jouait pas aux cartes, on ne faisait pas de musique, qui eût incité à la luxure et à l’oubli, et l’on observait dans les limites du possible les plus grandes tristesse et chasteté, quoiqu’en ces jours précis l’aiguillon du démon tentât avec plus d’insistance que jamais la faible chair catholique.
Le Livre de l’intranquillité (1982) Fernando Pessoa (portugais) >>
Tout ce que j’ai recherché dans la vie, j’ai de moi-même cessé de le chercher. Je suis comme un homme qui chercherait distraitement quelque chose et qui, entre la quête et le rêve, aurait oublié ce que c’était.
Corto toujours un peu plus loin (1971) Hugo Pratt (vénitien) >>
Une loi du code pénal de Port-Ducal dit « Tous ceux qui par les arts de la magie ou de l’hypnose obligeront les morts à travailler, seront condamnés à mort… » Je ne me souviens plus très bien du texte, mais je sais n’être pas loin de la vérité. De toutes manières, l’histoire commença lors de l’arrivée à la Barbade.
Sous le signe du Capricorne (1970) Hugo Pratt (vénitien) >>
Ah ! Corto Maltese, pourquoi fais-tu toujours semblant de te désintéresser de tout ce qui se passe autour de toi ?
Cent Ans de solitude (1965) Gabriel García Márquez (colombien) >>
Cependant, avant d’atteindre le dernier mot, il avait déjà compris qu’il ne sortirait jamais de cette chambre, car il était prévu que la ville des miroirs (ou des mirages) serait effacée par le vent et exilée de la mémoire des hommes à l’instant précis où Aureliano Babilonia déchiffrerait les parchemins, et que tout ce qui y était écrit était irrépétable depuis toujours et à jamais, parce que les races condamnées à cent ans de solitude n’avaient pas une seconde chance sur terre.
Marelle (1963) Julio Cortazar (argentin) >>
Et si nous nous mordons, la douleur est douce et si nous sombrons dans nos haleines mêlées en une brève et terrible noyade, cette mort instantanée est belle. Et il y a une seule salive et une seule saveur de fruit mûr, et je te sens trembler contre moi comme une lune dans l’eau.
L’Aleph (1949) Jorge Luis Borges (argentin) >>
En cet instant gigantesque, j’ai vu des millions d’actes délectables ou atroces ; aucun ne m’étonna autant que le fait que tous occupaient le même point, sans superposition et sans transparence. Ce que virent mes yeux fut simultané : ce que je transcrirai, successif, car c’est ainsi qu’est le langage.
Quiz 21 questions
Parce que nous sommes d’éternels estivants qui faisons du pédalo sur la vague en rêvant, et qu’un quiz est le seul moyen de prolonger, au creux des reins, la sensation délicieuse d’une coulée de sable fin…
MODE OPÉRATOIRE
Mode d’emploi >>
- Lorsque des cases à cocher sont proposées, pour avoir la bonne réponse il faut cocher aucune, une seule, plusieurs, ou toutes les cases. Attention à ne pas valider trop vite.
- Dans les autres cas (boutons radio, liste déroulante), un seul choix est possible et nécessaire.
- Après avoir valider, Affichez la bonne REPONSE >> apparaît : même si vous avez donné la bonne réponse (OK), je vous invite à consulter la réponse avant de passer à la question suivante, il y a souvent à lire et à voir.
- Le bouton ^ de la barre de menu permanente vous propulse en haut de l’article et referme les >GALERIE et autres sections à déplier, mais vous pouvez reprendre le quiz là où vous en étiez.
⚠️ Si vous devez interrompre votre quiz et le reprendre plus tard, ne fermez simplement pas cet article.
Vos résultats seront commentés avec bienveillance à la fin du quiz.
Question 1
Trois oiseaux font 3,2 m d’envergure, un seul 3,5 m, lequel ?
Le marabout d’Afrique
L’albatros hurleur
Le pélican frisé
Le condor des Andes
Affichez la bonne REPONSE >>
L’albatros hurleur :
Mais le condor a la surface alaire la plus grande du monde.
Question 2
L’Argentine est une terre d’accueil pour :
Les psychothérapeutes
Les chirurgiens esthétiques
Les nazis
Les émigrés
Affichez la bonne REPONSE >>
Il fallait cocher toutes les cases : ceux qui ont un doute concernant les Nazis, irons voir du côté de Bariloche (la « suisse argentine »).
La ville a effectivement accueilli certains criminels nazis ou collaborateurs, comme Erich Priebke ou Reinhard Kopps, ce qui a nourri des légendes locales et internationales.
La couverture de l’ouvrage ci-dessous – qu’on peut trouver sur Amazon – est un montage grossier : il n’existe aucune statue du Führer (Adolf Hitler) à Bariloche, ni en Argentine d’ailleurs.

Question 3
Qu’appelle-t-on les « villas » ?
Affichez la bonne REPONSE >>
Des bidonvilles : l’expression complète est villa miseria.

Question 4
Quels sont les écrivains argentins ?
Carlo Emilio Gadda
Gabriel Garcia Marquez
Julio Cortazar
Jorge Luis Borges
Affichez la bonne REPONSE >>
Cortazar et Borges : Gada est italien et Marquez colombien.
Question 5
Quelle est la ville dédiée à la fête ?
Bariloche
Salta
Mar del Plata
Buenos Aires
Affichez la bonne REPONSE >>
Bariloche
Les autres villes ne sont pas en reste.

Question 6
Quel est le plus argentin des deux ?
Atahualpa
Atahualpa Yupanqui
Affichez la bonne REPONSE >>
Atahualpa Yupanqui (1908-1992), compositeur, chanteur, poète, écrivain et guitariste argentin. Édith Piaf l’invita à Paris en 1950 pour chanter les paysages et le métissage de son pays. Nénette, sa femme , une française, composa bon nombre de ses chansons. Il ne s’en vantait pas.
Los Ejes De Mi Carreta (Les essieux de ma charette) : YouTube.
Texte et traduction de la chanson >>
[Verso 1]
Porque no engraso los ejes, me llaman abandona’o
Porque no engraso los ejes, me llaman abandona’o
Si a mí me gusta que suenen, ¿pa’ qué los quiero engrasa’os?
Si a mí me gusta que suenen, ¿pa’ qué los quiero engrasa’os?
Traduction >>
Parce que je ne graisse pas les essieux, on me traite de vagabond
Parce que je ne graisse pas les essieux, on me traite de vagabond
Si moi, j’aime qu’ils grincent, pourquoi voudrais-je les graisser ?
Si moi, j’aime qu’ils grincent, pourquoi voudrais-je les graisser ?
[Verso 2]
E’ demasiado aburrido seguir y seguir la huella
E’ demasiado aburrido seguir y seguir la huella
Demasiado largo, el camino, sin nada que me entretenga
Traduction >>
C’est trop ennuyeux de suivre encore et encore la piste.
C’est trop ennuyeux de suivre encore et encore la piste.
La route est trop longue, sans rien pour me distraire.
[Verso 3]
No necesito silencio, yo no tengo en qué pensar
No necesito silencio, yo no tengo en qué pensar
Tenía, pero hace tiempo, ahura ya no pienso más
Tenía, pero hace tiempo, ahura ya no pienso más
Traduction >>
Je n’ai pas besoin de silence, je n’ai rien à penser.
Je n’ai pas besoin de silence, je n’ai rien à penser.
J’en avais besoin, mais il y a longtemps. Maintenant, je ne pense plus.
J’en avais besoin, mais il y a longtemps. Maintenant, je ne pense plus.
[Outro]
Los ejes de mi carreta nunca los voy a engrasar
Traduction >>
Les essieux de ma charrette, jamais je ne les graisserai.
Question 7
Cochez les héros dont l’origine se trouve peut-être en Argentine (attention, il y a un piège) :
Mafalda
Astérix et Obélix
Le Petit Prince
Corto Maltese
L’homme
Affichez la bonne REPONSE >>
Tous sauf Mafalda : car Mafalda, c’est sûr (ce n’est pas peut-être), est une héroïne 100% argentine.
Supputations >>
Astérix et Obélix >>
René Goscinny a grandi au collège et lycée français de Buenos Aires. Il dévore alors les BD locales, en particulier Patoruzu, de Dante Quinterno, qui raconte les aventures d’un indien courageux, fidèle et costaud qui défend son identité culturelle et tire sa force d’une soupe à base d’os de taureau sacré, préparée dans une grosse marmite. Quelques années plus tard, Quinterno invente le petit indien Patoruzito et son ami Upa, un colosse naïf et timide au ventre énorme. Par ailleurs Goscinny était un fervent supporter de l’équipe de foot argentine du Racing Club d’Avellaneda, dont le maillot était bleu ciel et blanc rayé.
Le Petit Prince >>
Même si certains choisissent l’avion pour rejoindre le Grand Sud, la nature les forcera à ralentir, à se plonger dans un état de douce somnolence. Ils n’échapperont pas aux distances interminables une fois en Patagonie, à l’occasion du moindre déplacement. Le vent, la neige, les marées donnent le ton dans ces espaces plats, écrasants, désertiques et caillouteux comme la planète Mars. Les lignes de fuite se dérobent entre tant d’eau et tant d’éther. Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est peut-être né de ses virées en avion au-dessus de l’île aux oiseaux, dans la péninsule de Valdés.
Corto Maltese >>
La capitale argentine a contribué à inspirer à Hugo Pratt son personnage fétiche, Corto Maltese, navigateur en eaux troubles par excellence. Pratt raconte : « Buenos Aires était pétillante, il y avait un beau métissage. L’Argentine était un pays très généreux, qui donnait à tous la possibilité de s’intégrer. Le quartier de La Boca était l’endroit idéal pour vivre la nuit, c’était un immense chaudron plein d’alcool, de femmes et d’histoires absurdes. Car tous les scélérats allaient en Argentine après la guerre. J’ai rencontré des tas de gens : criminels de guerre, déserteurs de tous les pays, espions au service de n’importe qui. Ils se retrouvaient là, les uns à côté des autres, et se mettaient d’accord pour en faire une zone franche. Mais après avoir bu et dansé, dehors, il fallait faire attention aux couteaux. »
Magma de créativité, l’Argentine fourmillait d’idées. Grâce à la Escuela panamericana de arte, la BD y a été valorisée au moins dix ans avant l’Europe, pas seulement en tant que passe-temps, mais comme moyen de formation culturelle. Pourtant, le jour de son 28e anniversaire, Hugo Pratt réalise que sa jeunesse est finie. L’Argentine aussi avait perdu son innocence. C’était le début des coups d’Etat militaires – celui de 1955 mit fin à l’expérience péroniste jusqu’en 1973 – et d’une lutte ouvrière plus organisée. La nostalgie de Corto Maltese ce confond avec celle d’Hugo Pratt.
L’homme >>
La théorie de l’évolution du naturaliste Charles Darwin a commencé à germer en Argentine, lors de son voyage d’exploration autour du monde sur le Beagle, de 1831-1836. Le jeune anglais note sur son carnet : « Les espèces éteintes sont beaucoup plus nombreuses que les espèces actuelles. On remarque de nombreux spécimens fossiles de tapirs, de guanacos, de singes et d’autres animaux. Cette parenté étonnante, sur le même continent, entre les morts et les vivants, jettera bientôt, je n’en doute pas, beaucoup plus de lumière que tout autre classe de faits sur le problème de l’apparition et de la disparition des êtres organisés à la surface de la terre. »
Question 8
Quel est le nouvel animal de compagnie à la mode aux États-Unis ?
Le rat pygmée de rizière à longue queue
Le campagnol roussâtre
Le grand capybara
Le mara
Affichez la bonne REPONSE >>
Le grand capybara (du tupi kapi’wara, « mangeur d’herbe »), ou cabiaï, ou Hydrochoerus hydrochaeris, ou Hydrochère (« cochons d’eau »), ou carpincho en Argentine (carpin vient du tupi kapi, « herbe » ; et -cho est un diminutif populaire rural familier affectif). Très calme et sociable, c’est jusqu’à 65 kg d’anoure. On l’aime pour son amitié, sa viande et son cuir.


Quelques mots sur ses copains rongeurs >>
Le Mara est un gros rongeur endémique d’Argentine (« le lièvre de Patagonie »). Après le Castor et le Capybara, le Mara est le 3e plus gros rongeur au monde. Adapté à la course grâce à ses longs postérieurs, il peut atteindre la vitesse de 50 km/h. Les Maras sont strictement monogames : le couple s’unit pour la vie et s’établit au sein de terriers collectifs formant une colonie. La femelle entre en chaleurs tous les 3-4 mois. Ces dernières ne durant qu’une demi-heure, le mâle va jalousement défendre sa femelle pour s’assurer la paternité des petits à naître. C’est en suivant la femelle où qu’elle aille que le mâle assure à lui seul la cohésion du couple. On comprends mieux pourquoi ils sont monogame et unis pour la vie (les maras ne seraient pas aussi lourds si leurs femmes n’étaient aussi légères). Les Maras et les femmes, c’est une longue histoire : Marat ne s’est-il pas fait assassiner par une femme ?
Le rat pygmée de rizière à longue queue et le campagnol roussâtre sont des porteurs notoires de l’hantavirus.
Question 9
Qui est surnommé le voleur de l’aube ?
Coquena, le lutin qui pousse les vigognes chargées d’or vers le Pérou
Un petit dinosaure
Un fonctionnaire fictif
Le train des nuages
Affichez la bonne REPONSE >>
Un petit dinosaure, Eoraptor lunensis, qui est le plus vieux dinosaure connu (un tout petit bipède, pas plus grand que Coquena).
Quelques mots sur d’autres prétendants >>
Le fonctionnaire fictif (empleados noquis) est celui qui ne se pointe que le 29 de chaque mois pour toucher son salaire.
Entre Salta et La Polvorilla, Le train des nuages (tren a las nubes) serpente à 4200 mètres d’altitude à travers la cordillère des Andes à une vitesse de 35 km par heure sur 217 km, empruntant 21 tunnels, 29 ponts et 13 viaducs.
Question 10
Cochez l’intrus :
Affichez la bonne REPONSE >>
Vous l’avez compris, les Argentins sont de sacrés fêtards. On aurait pu ajouter la journée de l’ami, le carnaval, l’asado, le jour des amoureux…
Des événements culturels existent autour de la BD, notamment des festivals comme les salons du livre et de la BD à Buenos Aires, mais pas de fête dédiée aux héros de comics argentins.
La Pachamama est la Terre mère.
Question 11
Qu’appelle-t-on les countries ?
Les immenses propriétés agricoles de Patagonie
Les quartiers protégés et surveillés
Les banlieues chics de Buenos Aires
Les réserves indiennes
Affichez la bonne REPONSE >>
Les quartiers protégés et surveillés : on dit aussi bario privado.
Question 12
Juan Perón, trois fois élu président démocratiquement, qualifiait le procès de Nuremberg :
d’infamie
de carnaval des ombres
de goutte d’eau dans l’océan
d’exercice de mémoire
Affichez la bonne REPONSE >>
d’infamie : nobody’s perfect.
Question 13
L’Argentine ne possède pas :
Affichez la bonne REPONSE >>
La Bolivie totalise environ 10 à 15 coups d’État militaires réussis, au XXe siècles, alors que l’Argentine n’en a connu que six.
Question 14
Quel est le roi de la floraison à Buenos Aires ?
Jacaranda mimosifolia
Tipuana tipu
Tabebuia
Platanus
Affichez la bonne REPONSE >>
Jacaranda mimosifolia est de loin le roi de la floraison (violet, très abondant) à Buenos Aires. Odeur quasi inexistante.
Tipuana tipu est très répandu dans les rues : floraison jaune, arbre d’ombrage massif. Légèrement parfumé.
Tabebuia est plutôt une espèce secondaire mais spectaculaire quand il fleurit (rose, jaune ou blanc selon les variétés). Odeur très faible ou inexistante.
Platanus est très dominant dans la ville (avenues classiques), mais peu décoratif en fleurs : il est surtout structurel et ombrageant.
GALERIE >>



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Question 15
À quoi les Argentins ne sont-ils pas habitués ?
Affichez la bonne REPONSE >>
Au silence dans les transports
Précisions >>
Viande : 320 grammes par personne et par jour, en moyenne.
Kidnapping express : En période de crise les délinquants adaptent leur kidnapping. La mode est aujourd’hui au secuestro express avec rançon raisonnable, pour toucher une large population ; le temps de captivité est réduit à quelques heures. La dernière trouvaille consiste à appeler une famille au hasard, le vendredi ou le samedi au petit matin, lorsque les jeunes sont encore en boîte de nuit. Le malfaiteur se fait passer pour la victime en larmes puis un complice déclare « j’ai ton fils, je veux de l’argent, tout ce que tu as, sinon je lui crève les yeux avec un tire-bouchon ». Viennent alors les consignes de remise de la rançon, les menaces en cas d’appel de la police, etc. Le secuestro virtual peut être bouclé en une demi-heure pour la somme de 6000$ en moyenne par enlèvement.
Taxis : 1 pour 70 habitants à Buenos Aires (10 fois plus qu’à New York).
Telo est le verlan de Hôtel, mais pas n’importe quel hôtel ! Les télos sont des hôtels de jour. Ces établissements sont fortement ancrés dans la société Argentine (600 dans le grand Buenos Aires). Absence de hall de réception donnant sur la rue, entrée et sortie discrètes, noms des chambres explicites, décoration thématique, salle de bain, accessoires érotiques, films pornos, miroirs, musique d’ambiance… Interdit à moins de 100 mètres d’une école ou d’un lieu de culte. Inutile de donner son nom, il suffit de demander un turno, c’est-à-dire un créneau de 2h, voire 3, ou plus court aux heures de pointe (les week-ends). Passé minuit, l’on peut rester toute la nuit, sinon une petite voix vous annoncera que votre « temps de parole » est écoulé (Se terminó su turno, ou le très explicite Debe retirarse). Les télos sont essentiellement fréquentés par les couples adultères, les jeunes qui vivent chez leurs parents, et les couples légitimes qui veulent pimenter leur relation.
Question 16
Cocher les danses argentines
Le tango
La milonga
La salsa
La samba
Affichez la bonne REPONSE >>
Le tango est né à Buenos Aires à la fin du XIXe siècle, c’est la danse argentine la plus célèbre.
La milonga apparaît au milieu du XIXe siècle dans les faubourgs de Buenos Aires. Attention, outre cette danse et le genre musical associé, la milonga désigne un lieu où l’on vient danser… le tango.
N.B. : la samba est la danse nationale du Brésil ; la salsa, d’origine cubaine est beaucoup dansée en Colombie, au Porto Rico et au Venezuela.
Question 17
De quelle scène Darwin ne fut pas témoin lorsqu’il rencontra les habitants de la Terre de Feu ?
Des femmes chantant avec le nez
Des hommes exprimant leur surprise comme des orang-outang
Un homme assassinant son enfant qui a renversé un panier d’œufs
Des locaux s’alimentant de phoque pourri
Affichez la bonne REPONSE >>
Des femmes chantant avec le nez
Question 18
De quels mots les Argentins abusent-ils ?
Idiosyncrasie
Energie
Piment
Che
Re
Affichez la bonne REPONSE >>
Tous sauf Piment : la gastronomie argentine est généralement peu relevée comparée à d’autres pays latino-américains.
L’idiosyncrasie est la manière d’être propre à quelqu’un ou à un groupe.
Che Guevara vient de Che car Ernesto avait ce tic de langage (interjection typique du parler rioplatense, issue du guarani).
Re signifie super.
Question 19
Quel est le plus grand adversaire des indiens Mapuche ?
Affichez la bonne REPONSE >>
Benetton : les Frères Benetton (textile) ont acquis en 1991, 991 mille hectares (l’on connaît l’affection des Argentins pour les nombres palindromes), ce qui fait d’eux les plus grands propriétaires terriens de la Patagonie. Or, une partie de la communauté mapuche estime que ces terres sont les leurs (des terres communautaires car la notion de propriété privée, pour eux, n’existe pas).
L’engouement du palindrome : capicue (de cap i cua, tête et queue en catalan) fait référence à un nombre qu’on peut lire dans les deux sens (6996, 69096, etc.). Sur une série de 100 mille tickets de bus, il y a 1% de nombres palindromes, autant de tickets porte-bonheur. Les tickets de bus ont disparu mais il reste les cartes bancaires.
Question 20
Les bolas (arme de jet) ont été inventées par :
Affichez la bonne REPONSE >>
Les indiens de Patagonie : les boleadoras ont été adaptées (trois boules en bois) par les gauchos, pour rassembler le bétail.
Question 21
Qui nomme-t-on El (Le, Il) ?
Vol de Mort
Le jaguard
Atahualpa
Un mort que l’on veille
Affichez la bonne REPONSE >>
Le jaguar : encore présent dans le nord-ouest.
Question bonus
Pour quelle raison Javier Milei a-t-il été élu ?
Affichez la bonne REPONSE >>
Tranquilo ! Quel que fût votre choix, vous auriez remporté ce point. Acceptez-le sans fausse modestie, vous le valez bien.
Le quiz est terminé, voici votre résultat
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Jusqu’à 25% de bonnes réponses
Vous êtes une terre de feu, un espace où l’oxygène se fait rare, une étendue rocailleuse où le cactus est roi. Vous n’ouvrez pas vos blanches salines à n’importe quel bonimenteur et défendez farouchement votre indépendance. Lisez ou relisez cet article. Prenez le temps de lire les légendes des photos qui se trouvent dans les GALERIES, et de consulter les réponses du quiz. Surtout, préservez à jamais votre pureté de vigogne, elle fait tout votre charme.
Plus de 25% et jusqu’à 70% de bonnes réponses
Vous vous amusez des choses de ce monde plus ou moins honnêtement, mais votre intérêt ne demande qu’à grandir. Ne cédez pas à la tristesse des hauts plateaux, lisez ou relisez cet article avec jubilation, là est la clé. Prenez le temps de lire les légendes des photos qui se trouvent dans les GALERIES, et de consulter les réponses du quiz, elles regorgent de tout ce dont vous raffolez. Que votre joie demeure.
Plus de 70% de bonnes réponses
Vous êtes un fin connaisseur de l’Argentine et vous le savez bien. Sans un frémissement d’aile, vous survolez les hauts plateaux avec la grâce des volatiles intemporels. Attention cependant à vos semblables, ils ne partagent pas tous la noblesse d’âme qui fait de vous cette personne exceptionnelle. Que Viracocha soit avec vous.

