Voyage en Namibie terre de pléonasmes


Mon frère est allé faire un tour en Namibie avec sa femme, en octobre 2025. Voici ce que j’ai retenu du récit qu’il m’a fait de son voyage, et les quelques photos qu’il m’a envoyées. Tout est véridique, sauf les saucisses d’oryx1 et les proverbes.

 État indépendant depuis le 21 mars 1990

En octobre, la France est encore à l’heure d’été. Il n’y a aucun décalage horaire avec la Namibie. Vous n’avez donc aucune excuse pour ne pas vous y rendre. Si vous êtes pauvre (je vous vois venir), dites-vous que là-bas ils sont beaucoup plus pauvres que vous. Ils ne sont pas nombreux mais tout de même : 3 millions d’habitants en 2025. Vous ne les croiserez pas souvent, rassurez-vous, car ils sont répartis sur un territoire dont la superficie avoisine celle de la France et de la Grande-Bretagne réunies. Les grandes villes (50% de citadins) sont de la taille d’un bourg de province et espacées les unes des autres de 300 km.

Cependant, restez sur vos gardes. Vous avez sans doute en mémoire les silhouettes floues d’une faune au graphisme onduleux que vous ont laissées les documentaires de l’association relative à la télévision européenne (ARTE). Ils ne vous ont pas tout montré. Même si la Namibie est considérée par le FMI comme un pays à revenu intermédiaire, l’écart-type des revenus n’est pas fourni (coefficient de Gini proche de 0,6) : une moyenne trompeuse de 400 € par mois par habitant, avec un pourcentage de chômage trompeur de 20% chez les actifs2 et un taux de prévalence du VIH3 de 17% – ici, le COVID4 passe en dessous des radars.

Si vous quittez les grands circuits touristiques pour manger de la  gravel road5, vous traverserez des villages de taule brûlants, peuplés de jeunes gens inactifs à la santé mentale fragile. Vous en apercevrez peut-être d’autres, plus entreprenants, sur le bord de la route, en train d’agiter des bouteilles en plastique vides. Vous pourriez être tenté de vous arrêter pour partager les 25 litres d’eau que vous transportez dans le coffre de votre voiture de location. N’en faites rien. Souvenez-vous, l’on vous a demandé de rouler fenêtres fermées et portières verrouillées, et l’on vous a interdit de prendre à bord, des autostoppeurs. Pour vous inspirer confiance, les jeunes gens ont installé des panneaux signalant des travaux. Quand vous aurez ouvert votre coffre, dites-vous que son contenu sera partagé en quelques secondes pour être dispersé aux quatre coins du désert – c’est une image, car le désert est dépourvu de coins.

Heureusement, vous êtes un occidental au sang froid, calculateur et vacciné contre la compassion. La pression de votre semelle sur l’accélérateur n’a pas faibli d’un micropascal6. Un peu plus loin, dans l’autre sens, sur l’autre côté de la route, vous distinguez un second attroupement aux intentions similaires. Maintenant, il ne manquerait plus qu’un pneu éclate. Mais vous avez une foi inoxydable en la technologie. Vous avez donc l’esprit tranquille.

Dans les villes, l’atmosphère est moins tendue. Au supermarché, vous trouverez des saucisses d’oryx et des pommes de terre en abondance (la Namibie est une ancienne colonie allemande). Sur le parking, la présence d’hommes armés de kalachnikovs devrait vous rassurer. Un civil à la démarche chaloupée vous indique un emplacement où vous garer. Jusque-là pas de merles anxieux7 (Meroles anchietae est un lézard des sables endémique du désert du Namib qui, lorsque la température dépasse les 40°C, exécute une danse thermorégulatrice consistant à élever alternativement chacune de ses pattes ; au petit matin, pour étancher sa soif, Meroles anchietae lèche les crêtes des dunes où les brouillards viennent se percher durant la nuit).

Meroles anchietae

L’homme à la démarche chaloupée vous informe qu’il va veiller sur votre véhicule. Vous êtes ravi. Vous faites l’acquisition, entre autres, d’un seau (4 €) et d’une glacière (10 €). De retour sur le parking, vous videz votre caddie dans le coffre, montez dans votre véhicule, verrouillez les portières, baissez la vitre et tendez royalement 2 € (le salaire de la peur8) à votre gardien qui vous baise les mains et s’éloigne avec le caddie. C’est ainsi que ça se passe lorsque vous faites les courses pour la deuxième fois.

La première fois, c’est légèrement différent. De retour sur le parking, vous videz votre caddie dans le coffre, donnez royalement 2 € (gros pourboire) à votre protecteur qui vous remercie et s’en va avec le caddie. Vous vous apprêtez à remonter dans votre véhicule quand un individu un peu trop jovial s’approche et vous salut : « Je m’appelle Toto et toi, comment tu t’appelles ? » Vous déclinez votre blaze, ravi de saisir la perche que vous tend la vraie vie. Toto sort alors une lame de rasoir (« Attends j’ai un appel, me dit mon frère, je te rappelle après pour te raconter la suite » : véridique). Un manche de fortune a été confectionné en enroulant du chatterton autour d’une extrémité de la lame. Toto hurle, « tu es trop sympa, je vais me tatouer ton nom sur le bras. »

Vous ne savez pas si c’est du lard ou du cochon mais, en revanche, ce n’est pas une hallucination, sous les branches blanches du boscia albitrunca9, votre corps dépecé pend à un crochet de boucher, à côté de celui de votre femme (je laisse aux femmes le soin d’adapter la syntaxe). Psychopathe, délinquant ou fieffé simulateur ? En aucun cas vous ne voulez connaître la suite du scénario. Vous vous mettez à insulter Toto en hurlant en Français, afin de le déstabiliser (même si vous doutez de sa stabilité) et d’attirer l’attention des joueurs de kalachnikovs. Vous profitez de l’effarement du dépeceur du Kalahari10 pour vous enfermer dans votre véhicule. Ouf ! Une montée d’adrénaline que vous n’oublierez pas de si tôt.

N’était-ce qu’une mise en scène pour convaincre les touristes d’acceptez le gardiennage sauvage sur les parkings des supermarchés ? Si c’est le cas, c’est diablement réussi.

Quoi qu’il en soit, il faut comprendre, la Namibie est un pays sensible aux variations des cours des matières premières, aux sécheresses de plus en plus fréquentes, et aux pandémies (hors VIH). La vie n’est pas simple dans ce pays ouvert à quatre déserts.

Heureusement, un circuit touristique sécurisé permet de parcourir la Namibie en toute sérénité. Un repas pantagruélique, boisson comprise, vous reviendra à 20 euros.

Un guide patenté vous conduira au point d’eau où batifolent les éléphants.

Il vous expliquera qu’avec son salaire providentiel et ses pourboires, il parvient à nourrir 38 personnes. Il semble que la théorie du ruissellement ne fonctionne que chez les pauvres et chez les éléphants.

Vous commettrez l’imprudence de vous approcher à une quinzaine de mètres de deux rhinocéros paissant paisiblement.

  • Papa, pourquoi dans ce pays les vaches portent leurs cornes sur le nez ?
  • Pour empêcher les microbes d’entrer, ma chérie. Les rhinocéros ne sont jamais enrhumés. Ils ont un nez en béton armé.

Si la Croix du Sud veille sur vous, c’est avec tous vos bijoux11 que vous parviendrez à regagner votre véhicule.

La Croix du Sud est une petite constellation de l’hémisphère sud, entre la Mouche et le Centaure ; elle contient un amas d’étoiles appelé « la Boîte à bijoux ».

Elle est utile pour trouver le pôle sud céleste.

On retrouve cette constellation, entre autres, sur les drapeaux de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Charade
Mon premier est une demi-mouche, mon second est une demi-mouche, mon tout est une mouche ?

Solution

tsé-tsé

Les larmes de la girafe n’arrivent jamais jusqu’au sol (Machozi ya twiga kamwe kufikia ardhini, en swahili) : voir cet article pour prendre la mesure de la profonde mélancolie qui habite le cœur de l’Africain (vous verrez d’un autre œil les ouvriers du BTP).

Puisque vous semblez maintenant parler couramment le Swahili, je vous livre un second proverbe : Ni chini ya dune ambapo springbok12 inahukumiwa. Mot pour mot : C’est au pied de la dune où le springbok est jugé. Soit « C’est au pied de la dune qu’on voit le springbok » ; l’équivalent chez nous de « C’est au pied de l’arbre qu’on voit le bucheron ».

Ne vous étonnez pas si une odeur de fumée vient troubler votre nuit africaine : un incendie a déjà ravagé un tiers du parc national d’Etosha cet été. 850 000 hectares partis en fumée, soit les surfaces réunies de la Seine-et-Marne, de l’Essonne, de Paris et de ses trois satellites (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).

Vous pouvez vous réfugier dans le désert qui n’est jamais très loin, mais pas sans biscuits : de nombreux êtres vivants y habitent et les priver des quelques gouttes d’eau dont dépend leur survie, pourrait bientôt leur être fatal.

Attention, si vous rencontrez un couple de pingouins en plein désert, pensez à vous réhydrater.

Des nuages mais pas de pluie. Seulement du brouillard qui vient nuitamment lécher la terre eczémateuse.

Le tantale13 ibis est une sorte de grosse cigogne qui se contente de faire croire qu’il va pleuvoir (elle ne se mouille pas puisqu’elle vit les pieds dans l’eau), contrairement à son cousin charognard, le marabout, qui fait pleuvoir à la demande (c’est dans ses cordes14).

Tantale ibis (Wikipédia)
Marabout (Wikipédia)

La vue depuis la chambre de l’hôtel n’est pas négociable : c’est le désert ou rien. « Jamais, de par-là, n’était venu l’ennemi, jamais on n’y avait combattu, jamais rien n’y était arrivé. » Dino Buzzati, Le Désert des tartares.

Quelque part au nord de Solitaire, sur la C14, une pancarte vous avertit que vous changez de département : « Tropic of Capricorn ».

Les riches eaux de l’Atlantique. Nous allons y venir. La plus haute dune culmine à 800 m (celle du Pilat à 103).

Histoire d’O15 : vous avez la fibre masochiste et vous rêvez de retrouver votre Otarie à la fourrure16, alors visitez les harems du cap Cross, vous aurez l’embarra du choix.

En Namibie, c’est toujours l’été : « Chouchous, beignets… », les chacals passent parmi les estivants vautrés par milliers (jusqu’à 100 000 en décembre, en période de reproduction). Ça sent le poisson pourri et l’ammoniaque, mais il en faut davantage pour écœurer un chacal. Comme son cousin le coyote, le chacal a le foie jaune (le foie est le siège des émotions et le jaune symbolise la lâcheté). Quand un bébé otarie a perdu sa maman, le chacal le conduit gentiment au point de rassemblement pour passer une annonce de sa voix mélodieuse et rassurante.

Alors, chacal à flancs rayés (canis adatus) ou chacal à chabraque (canis mesomelas) ? Ce n’est pas la même musique. Je vous laisse vous faire une opinion ici.

Si vous nourrissez quelque aversion à l’encontre de la propension à se vautrer de certaines créatures, c’est peut-être un œil plus enclin à s’attendrir que vous poserez sur les bêtes à plumes.

J’ai toutefois un souvenir olfactif de flamants juillettistes résidant sur le lac de la réserve africaine de Sigean, France. Les oiseaux avaient édifié des nids de boue et de substances organiques, en forme de cheminées, pour y déposer leurs gros œufs. L’administration du parc avait prévenu les visiteurs que l’odeur pestilentielle était naturelle. Il vaut mieux avoir phoenicopterus roseus17 dans le ciel que dans la salle de bain.

Cela dit, au sud de Walvis Bay – principal port de Namibie – se trouve un grand lagon qui, comme vous pouvez le constater sur l’image suivante, attire des dizaines de milliers d’oiseaux, dont l’une des plus grandes colonies d’Afrique de flamants roses.

Enfin, ne manquez pas les épineux et les cactées. La sécheresse qui les menace en permanence, les nuits froides et l’abondance de lumière les poussent à fleurir à tout va.

Nous avons vu, avec phoenicopterus roseus (ailes pourpres roses) et oryx gazelle (gazelle gazelle), que la Namibie était une terre de pléonasmes (voir ci-après, la première et la dernière note). J’ai le devoir de vous fournir quelques explications.

Namibie vient de Namib, nom du désert que l’on trouve dans ce pays, avec le suffixe -ie servant à composer les noms de pays. En langue khoïkhoï, Namib signifie « zone où il n’y a rien » (peut-être la « zone torride » dont parle François Rabelais dans Le Quart livre). Une « zone où il n’y a rien » est une page blanche qui a tendance à attirer les pléonasmes afin de hâter son remplissement (deux pour le prix d’un). Par ailleurs, Namibie est en soi un pléonasme : une zone pays (la Zonie, ou la Topie jamais évoquée par les géographes).

Il ne vous échappe pas non plus que la langue khoïkhoï (c’est aussi le nom du peuple nomade qui la parle ; littéralement « hommes des hommes », ou « cuicui » dans le langage des oiseaux, ou « iku-iku-iku » soit « j’y vais, j’y vais, j’y vais » dans le langage des Japonais au bord de l’extase) est, de par son appellation, vouée au pléonasme. Enfin, c’est en raison des claquements de langue caractéristiques de cette langue, que les colons néerlandais huguenots du XVIIe siècle (dont descendent les Afrikaners) ont affublé les Khoïkhoï de l’appellation de « Hottentots », un terme évoquant le bégaiement (moins bien toutefois que Khoïkhoï). Notez qu’il n’y a pas une grande différence entre Hottentots et Huguenots. Le colon néerlandais huguenot du XVIIe siècle était un homme rustique qui vivait dans la crainte d’être contaminé par l’ADN africain. Crainte justifiée car après avoir désigné les autochtones, « Afrikaners » a fini par désigner les colons.

Le pléonasme (répétition de la chose : petit nain) est à l’opposé de l’oxymore (la chose et son contraire : soleil noir). La répétition reste la meilleure façon de retenir l’attention et de se faire comprendre. D’une certaine façon, l’analogie relève elle aussi de la répétition : sous la comparaison et la métaphore, le pléonasme souvent sommeille. Nous allons le montrer tout à l’heure.

Lorsque Nerval nous parle de « soleil noir », nous crions en cœur, Oxymore ! Oxymore ! Quand il complète pour former la métaphore « Le soleil noir de la mélancolie », nous sommes sidérés par tant d’analogie ; mais munis de nos pioches de nécrophages, nous déterrons bientôt le pléonasme : mélancolie vient du grec ancien mélas (« noir ») et kholế (« bile »). « Le soleil noir de la bile noire » nous plonge dans la mélasse du pléonasme. Nous cherchons alors le soleil dans la bile et trouvons la bile qui s’échauffe, c’est à dire la colère (également de kholế, « bile »), en l’occurrence une colère noire – peut-être la révolte de Nerval d’avoir perdu sa mère à l’âge de deux ans (ma mère a perdu ses parents à l’âge de deux ans, elle était colérique et il y avait de la révolte dans sa colère).

Le pléonasme est un luxe qui ne coûte pas cher, respectons le pléonasme ! Mieux vaut un pléonasme à double sens qu’un oxymore dépourvu de sens. Soyez attentif et bientôt vous verrez des pléonasmes partout.

Vive le pléonasme et vive la Namibie, cette manie de nommer deux fois (du sanskrit nā́man, « nom », et dvi, « deux » dont le latin bi est issu) !

NOTES

  1. oryx ( du grec órux, gazelle) : antilopes d’Afrique et de la péninsule arabique, aux cornes longues et droites, pointant vers l’arrière (voir l’image d’entête et le blason). Cette vedette du Scrabble est la plus fameuse des namibiques. Son nom semble dériver du verbe grec oryssoo qui signifie creuser (l’oryx d’Arabie creuse des fosses dans le sable pour se reposer plus au frais). Il y a 4 espèces d’oryx. L’oryx gazelle (ou gemsbok) est l’animal totem de la Namibie (on le retrouve sur les armoiries). Comme le flamant rose (cf. phoenicopterus roseus), l’oryx gazelle est un pléonasme (gazelle gazelle) ; un pléonasme majestueux mais un pléonasme tout de même, la gazelle des gazelles diraient les Khoïkhoï (vous comprendrez plus tard). Notez que l’Afrikaans gemsbok est aussi un pléonasme (chèvre chamois). ↩︎
  2. chômage : nombre de personnes à la recherche active d’un emploi en pourcentage de la population active. Il y a en réalité beaucoup plus de gens valides sans travail, que de chômeurs actifs. ↩︎
  3. VIH : virus de l’immunodéficience humaine qui entraine le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA). ↩︎
  4. COVID : coronavirus disease. disease signifie maladie, en Anglais. ↩︎
  5. gravel road : route de graviers, non bitumée. ↩︎
  6. micropascal : le son le plus faible que l’oreille humaine puisse entendre (pression sur les tympans) est de 20 micropascals (0 dB). Une pression de 1 pascal correspond à une force de 1 newton qui s’exerce sur une surface de 1 m2. Une force d’un newton est capable de faire accélérer une masse de 1 kg en augmentant chaque seconde sa vitesse de 1 mètre par seconde (on fait moins les malins). ↩︎
  7. pas de merles anxieux : jeu de mots avec pas de lézard. Meroles anchietaemerles anxieux ») est un lézard, ainsi nommé en l’honneur de l’explorateur et naturaliste portugais José Alberto de Oliveira Anchieta (1832-1897). L’Angola portugais était une colonie historique de l’Empire portugais (1575-1951) située au nord de la Namibie. José Anchieta est peut-être un ancêtre par alliance du génial écrivain alcoolique portugais Fernando Pessoa (1888-1935), très inquiet lui aussi, qui a vécu une partie de son enfance à Durban en Afrique du Sud (au sud de la Namibie) et a écrit Le Livre de l’intranquillité (tout ça pour ça).
    Amusez-vous avec le traducteur Latin/Français webtran.fr :
    anchietae >> anxieux ; anxieux >> sollicitus ; sollicitus >> inquiet ; inquiet >> sollicitus. On reste dans le champ sémantique de l’intranquillité.
    Pourquoi Meroles, je ne sais pas : meroles >> merles ; merles >> merulae ; merulae >> mûres ; mûres >> rubi ; rubi >> buisson ; buisson >> rubus ; rubus >> buisson. On reste dans le champ sémantique du buisson. Attention, le merle est carnivore. ↩︎
  8. Le salaire de la peur : roman de Georges Arnaud, de son vrai nom Henri Girard, paru en 1949. Ce roman est peut-être une allégorie du drame survenu le 24 octobre 1941, où son père, sa tante et la domestique sont assassinés en sa présence, dans le château familial (la réalité dépasse la fiction). Je vous conseille deux lectures de ce roman, la première en faisant l’hypothèse que l’auteur est l’assassin, la seconde en faisant l’hypothèse que l’auteur est innocent. Si vous êtes fan de destins tordus, de nombreuses autres hypothèses vous attendent dans le livre La Serpe (2017), de Philippe Jaenada (pour qui l’auteur est innocent), et celui de Catherine Girard (la fille, pour qui l’auteur est coupable), In violentia veritas (2025). ↩︎
  9. Boscia albitrunca (« boscia à tronc blanc », en mémoire du naturaliste Louis-Augustin Bosc d’Antic) : shepherd’s bush en anglais (buisson de berger) ; witgatboom en Afrikaans (arbre à trou blanc) ; omunkuzi en Oshivambo ; omungwindi en Héréro. ↩︎
  10. Kalahari : Le désert du Kalahari, situé entre les fleuves Zambèze (au nord) et Orange (au sud), couvre une large partie du Botswana et s’étend vers la Namibie et l’Afrique du Sud, sur une superficie de 900 000 km2 (un peu plus que la Namibie). Il y a 100 hectares dans 1 km2. ↩︎
  11. bijoux : jeu de mots avec les bijoux de famille et la Boîte à bijoux de la Croix du Sud. ↩︎
  12. springbok : antilope sauteuse d’Afrique australe dont le nom afrikaans signifie : « spring » (qui saute) et « bok » (bouc). Cette namibique est la première dauphine de l’oryx. C’est le seul ongulé de Namibie à ne pas être un pléonasme. ↩︎
  13. Tantale : mortel cleptomane (Picsou sors de ce corps), ami des dieux, fils de Zeus et de la nymphe Pluto (le monde de Disney est décidément très présent dans cet article). Le supplice de Tantale décrit une situation où l’on présente à un individu affamé de la nourriture pour la lui retirer au moment où il pense pouvoir enfin assouvir sa faim. ↩︎
  14. c’est dans ses cordes : parce que marabout, bout de ficelle. ↩︎
  15. Histoire d’O : roman français masochiste sur le don de soi (1954), de Pauline Réage qui révèlera son identité 40 ans après la publication. Jeux de mots avec les O d’otarie et d’Odile (l’héroïne du roman). ↩︎
  16. Otarie à la fourrure : jeux de mots avec otarie à fourrure et La Vénus à la fourrure (Venus im Pelz), roman érotique de Leopold von Sacher-Masoch paru en 1870. Le terme masochiste a été forgé à partir du nom de famille de Leopold.
    Otarie à fourrure subantarctique : Arctocephalus tropicalis, aussi appelée otarie d’Amsterdam, grandit sa vie durant. Les femelles peuvent vivre jusqu’à 23 ans, soit deux fois plus longtemps que les mâles ; elles se nourrissent principalement de poissons lanternes et de céphalopodes. Moins sportif, le mâle est très occupé à surveiller son harem et à fabriquer du cholestérol.
    Un peu de géographie : est subantarctique tout ce qui est situé sous le 60e parallèle sud. Le 60e parallèle sud est distant de l’équateur de 6654 km et du pôle Sud de 3348 km. Sa longueur vaut à peu près la moitié de celle de l’équateur. Il ne coupe aucune terre émergée. On ne va pas se mentir, la fourrure n’est pas inutile. ↩︎
  17. phoenicopterus roseus (flamant rose) : de phoînix (« rouge écarlate, pourpre »), pterón (« aile ») et roseus (« rose »). Comme l’oryx gazelle, phoenicopterus roseus est un pléonasme (ailes pourpres roses). Ne soyez plus étonné quand votre fille de cinq ans s’exclame : « regarde, papa, comme ils sont beaux, les pléonasmes, quand ils s’envolent ! ». ↩︎


Une réponse à “Voyage en Namibie terre de pléonasmes”

  1. Un pays où tourner des films d’action américains !
    Avec des belles photos : les déserts, les plages… Mais tout est effacé par la violence, l’insécurité, la grande pauvreté… On apprécie la France malgré sa crise économique et politique… C’est trop triste pour les Namibiens !

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